‹ Histoire de CésarChapitre 13 sur 22 · G6SAR · texte numérisé non relu

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d'un scrupule de légalité. Grassus, le troisième membre du triumvirat formé entre lui , Pompée et César, avant la guerre des Gaules, maintenait, par son intervention, un certain équilibre. Grassus meurt et ne laisse plus en présence que deux rivaux sans autre intermédiaire que l'ambition qui les dévore et la république qu'ils convoitent. Pendant quelques mois de négociation, Tempire paraît devoir appartenir au plus habile ; il sera bientôt au plus audacieux.

La conduite de Gésar, pendant cette compétition au consulat que Pompée lui dénie, est le chefd'œuvre de rhabileté humaine . Avant de subjuguer la république, il faut ranger de son côté l'opinion sans laquelle la victoire même est odieuse. L^obstination inhabile et tracassière de Pompée aigrit les esprits, se refuse aux accommodements, met l'apparence du droit et du grief du côté de Gésar. Pom* pée a toutes les raisons, et il paraît avoir tous les torts; il défend la république, et il semble défendre uniquement son propre orgueil ; pour comble d'inconséquence, il assume la guerre civile, et il ne prépare rien pour la soutenir. Après avoir mérité le nom de grand par ses exploits, il mérite maintenant de le . perdre par ses fautes ; il ne sait ni se soumettre avec dignité à un plus heureux que lui, ni accepte^ un égal, ni combattre un compétiteur. Le vertige de sa longue fortune semble l'avoir saisi; il n'y â plus de lois à Rome que lui-même, et il croit que

le fantôme de ces lois évanouies suffira pour arrêter César.

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