I.odoïx Eoduran, homme de lettres
Bienfaitrices: Mlles Cahcii et Lucie Slrauss.
Conseil général de l'Allier 2,000 fr.
Conseil municipal de Chamelle 600
Croiner, évéque de Rodcx. .... ... 430
Culhat-Laroche , notaire * Clermonl-
Ferrand cl Mlle Elise 200
Dadin (Alexandre), inspecteur de ville à
Bayeux 120
Dejeorge (Oorroaio), à Lapalisse .... 100 Delan, propriétaire à Cuarroux, mademoiselle Jenny, madame Azéma et Dclan (Eugène), surnuméraire d'enregistrement 150
Descorsicrcs, curé de Ravel 100
A reporter. . . 33.000 fr.
Report 88,900 fr.
Dcscotei, cure de Monesiier, ex-vic*tre
de Chamelle m
Desfernaux, juge de paix à Moulin». . 100 VeuTe Deiujarennes-Minal, a Uswl ... ICO Desgrange» (Eugène), à Sl-Germain-do-
S&lles 200
Desmanècbes DU , avocat à Clermont-
Ferrand el M. Gémi» 200
DeumarouxdeOaulmin dcpuléauCorps- Légîslauf. à St-Gerand le-Puy. . . .
Desrosiers, imprimeur-éditeur à Moulins.
Desaallc, vicaire de Chamelle
De Vaure de Sauger, à St-Marcel, ot
mademoiselle Anna
De Dreui Bréic, évéque de Moulin* .
Dueoin, rédacteur en chef du J/émoriaJ
de l'Allier 100
Ducouderl (Auguste), à F.trousaal .... 300 Dufour (Gabriel), ancien représentant do l'Allier, avocat à laeour dcCassatkm.
Dumoni (Pierre), propriétaire A Voussac.
Dupcyral, curé de Vichy •
Dupré, escompteur â Tannay
Veuie Esmchn-Ducoudert, à Montalgul-
Veuve EstuonnoUJuissac. aUpalisse.
Fabrique de IVglisc de Chanlelle ... 200 Comte Faye de Bric», ex-maiire de»
requête*, à Mariguy 100
Fcrrier Jacquesl, a Chantclle 1°0
Forestier-Fontaine, à Chanlelle 100
Fournicr. née Guy. » Fleuricl 100
De Frémont, i Culhat, près Etrou**al. . 200 Carat, curé de Saulcel. ancien vicaire de
Clianlelle «00
Gardien (Claudel, adjoint de Tarjet. . . 100 Gardien de Veriun, pérc,»Tanel . . . 1,000
Gardien de Veriun, fils •KO
Gariuiud-Laraolte, liuivùera Chanlelle . 400
Veuve Gaulmin-Gcraal, a Gannal .... 100 Giraudet de Bouderoange, adjoint de
Gaunal iCO
CivoivAupierre, à Deneuille 100
Coiinel (Augustin), abbé, a lissel 100
Duchesse de Conlaud-Byron au château
de Bussel 100
Gorce-Vcrru, ex-négociant, u Ulroussul . 200 Marquis delà Graugc. sénateur, propné-
> a Fourilles W
Report. . . . 41,110 fr.
civil de
Crcnet, président du
Gannal
Grenier, Florent, marchand de
veaulés a Chanlelle
De Guérin, propriétaire a Elrousaat. • • Guillomet, curé de Notre-Dame de
Monllucon
VeutcGuillomel-Pctil.aMontluçon. . .
Guy et Fradier, a Voussac
Comte Guyol, préfet de l'Allier
ilagnic (Etienne), roarchaud de bois, a
Chanlelle
Hugon, curé de Louchy
Vieomlc llutteau d'Ongny, a Charme» .
jandard (Pierre), a fJiantclle .
Le Jeune, vicaire-général a Moulins. . .
Jouhet de Beauvoir, a Echassières . . .
Ubussière-Chouss) , propriétaire a Clian-
, propriétaire a
A reporter. . 41,110 fr.
GOO
Labussiéro-Rabusson , serrurier a
telle 200
Laraotle, plombier t Paris 200
De Langcron, sous-préfet do Gannal . . 100 Largé iVineentl, ex-inspecteur dAca-
démic a Clerroond Fcrrand 100
LarUud de la Bruyère, conducteur des
Ponts-ot-Chaussees a Chanlelle ... 200 Larlaud (Félix), propriétaire a Chanlelle. 430 Laubignal (Jacques), (Augustin) et(Louis),
a Veauce MO
Laurançon. curé de Crcuïicr-le-Vieux. 100-
Lavcdiaux, cultivateur a Chareil 100
Lavergne clief dedivisUma la préfecture
de l'Allier I*»
Le fort, curé de Montmarault 100
Lenleltne , brigadier de gendarmerie a
Chanlelle 100
Lcshre (Clara), a Ebreuil 100
Loiscl de Douion, père 200
Loisel de Douion, lils 1 ,00»
Loinel-Boudunl , mallic de pétition a
Moulins .... I0J
Lomel (Charles), agent- voyer en chef du
département de l'Allier IW
Loleric a Charroui. sous les auspices de madame Bergcrat et de mademoiselle JcoDy DeUn !<*>
.18,090 fr.
topo*. . . «,000 fr.
Loterie a fV'evers, sous les auspices de
madame Compadre 120
Loterie dans le ressort de la Cour Impériale de Riom (S. M. 1 Impératrice a daigné offrir pour lot un magnifique
service d'argenteriel 5,000 .
Baron Lucas, ex maître des requêtes a
Paris 300
Lucas-taganne , vice-président du tribunal de Clerraonl-Fcrrand 300
Marmion-Gautmin, a Dencuillc 100
De Marpon, receveur-général, au Puy . 100 Marsaignes, curé de Taxal-Scnal .... 1 00 Malhivon-Cuillomcl,rMevrurdc«domai-
nés a Riom 250
Mâsre, ancien curé d'L'ssel 100
Sceur Mége, ofûciére a la comruunaulé
de Saint-Vincenl-de-Paul 150
Meilbeurat (Alphonse) , propriétaire a
Chamelle 300
MciUicural , ex-député de l'Allier , a
Moulins 300
Mcndel-Bettrand , inspecteur du Palladium a Pans ISO
Mercier (Amablc^ propriétaire a Tarjel . 100 Veuve Michaud-Lartaud , a Chamelle. . 200
Michel, curé de Sainl-Poureain 100
Docteur Mignot, pire, a Cliantclle. . . . 500
Docteur Mignot, fit*, nouvelle offrande. 500
Ministère de l'Intérieur 7,000
Mioche Elisa cl Eulalic et Fanguct Rose. 100
Mioche Emile, percepteur a Charnelle. 030
Veuve Mioehe-Cardicn, a Montmaraull . 1,000
Mioche {Gustave!, avocat a Riom ... 100 Veuve du Mirai. Rose, et Martin d'Angers
nu château d'fdognc 100
Monceloo. receveur de* contrihutioui
indirectes a Chanlelle 100
Comte de Moniteur (Eugène), au château
de Lyonne 500
Mrinjtiisde Monllaur, a Chalouie .... 100 Morel, professeur de sciences a Iseure,
originaire de Chamelle .... ... 300
Morcl-ncrvier, Institutrice a Dun-le-Roi. 100 Comte de Moroy, préaident de l'Assemblée Législative 500
Mono, capitaine en retraite a Chamelle. 100 Mono, curé de la Chupclle, originaire do
Chamelle 300
Report «,210 fr.
YcutcdugénéralMorioderisIe, a Belleu,
près Soi«sons 100
Comte Morio de l'Islc , sous-préfet de
Lesparre 100
Baron Morio de l'Isle. maréchal-dea-lngis
du palais de l Empereur 100
Mono (Jérôme) , a Chamelle 1 20
Veuve Morio (Prospcr), a Nantes 100
Veuve Mure, rentière a Cusscl 100
Neufville, maire de Tarjet 200
Nohen-Morin, commissionnaire entreposeur a Clennonl-FerraïKl , et se»
enfants, Clariee, Marie et Georges . 200 Veuve Mo%akovi*ka-Avigiion,sage-femme
a Chan telle 100
Le général comte Ordcncr, sénateur, u
Taiat-.tcnat 300
ruturet, brasseur a Cannât 100
Pastier, propriétaire a Charroux 100
Peigue, curé de Bcaunc 100
Peyroulx, pharmacien a Chamelle. . . . 100 Pion, curé de Charmes, ex-vicaire de Chamelle, chevalier de la Légioo-
d'Honneur. 1<W
Pon tenter I Anloi ne-François), propriétaire
a Clmrroux 100
Puuillon (Frédéric), adjoint a Itost. ... 100
Prévosl-Lauioltc. plombier n Paris. . . . 100
Pyrolle. euré d'I'sscl tOO
Quisaae iCamillcl, propriétaire a Chamelle 2,000
Rabuston, boucher a Chamelle l"0
Du Kanqucl (l'auh, n Clcrmonl-Fcrrand. 100
Reyuaud,ex-di-puié, a V grande 300
lUtuaud, notaire a Cliarroux ...... 100
Rongier des Magnoux, a Vouttsac .... 500
Delà Roniière,ex-sous-prefctdc (Uooal,
au château de MartiUy 100
Baron James de Rothschild, banquier a
Pari» 200
Comte de Routât, a Cussel 100
Richard, juge do paix de C.luinlclle. a
Sainl-Cermain-de-Salles 500
Comte de S*l vert, au clKUeau de Bellenave 3,000 Symon , receveur d'enregistrement a
Riom 100
Tardival, cx-euré de Cherelles 100
Tixier-Miochc, a Riom 200
Tixier-du -Pcyroux , notaire i Saint-
Cermain-Lava) 100
A rvjxw/ei . . . . 68,Î10 fr.
A reporter. . . . 78,100 fr.
. . "8,100 fr.
Docteur Thércniu (Eugenei, à Vcrnussc. 150 Tln vcnin-Rumi a Bdlctwves. ..... 200
Université el Académie de* sciences, bcllcs-leltrcs cl arts de Clcnnont- FerranJ 100
contributions indirectesa Dcucuillc. 150 lia ronde Vcauec, députe au Cnrps-I.cgis-
lalif, au cMtcaude Yeauce 500
Dr St Vidal, cure de Heuriel 100
Veuve de Villcnne, a et ses fils,
Etienne et Henri 150
Yirlogeu* , gérant de lu compagnie
Uollandaisc a Paris 100
A i*y>Ml<rr, . . . 79,350 fr.
■ . . . 79,550 fr.
! Vvkcrsloouï de Wcerdcystcrn, chambellan de S. M. le roi des
Pays-Bas 100
YVon-Oiabrier, nuire de Bnrbcricr, et
ms enfants Gasion el Lucie 700
Vvnn - Fleury , maire d'Ktroussal , et mesdemoiselles Marguerite et Pauline ! 300
S. M. l'empereur Napoléon . comme témoignage d'intérêt a celle œuvre, a daijfné.sur sarcelle particulière, faire un don de mille franc*, ei . . 1.000
Totu 81.050 fr-
it nous est douloureux, dans cette nomenclature, trop longue déjà, do n'avoir pu comprendre les sommes inférieure* à cent francs, et qui s'élèvent à une vingtaine de mille francs. Un pauvre mendiant n'avait qu'un simple sou, produit de toute sa tournée du jour ; à l'exemple de la veuve de l'Evangile, il s'en dépouilla avec empressement. D'humbles métayers nous offrirent des céréales et d'autres objets utiles. Nous pourrions citer nombre d'exemples d'un désintéressement semblable, mais Dieu les connaît et saura les rémunérer un jour.
\ous avons eu trop à nous louer de l'Episcopal français pour ne point citer ceux des vénérables prélats qui nous ont le plus aidés, soit par leur influence, ou des sacrifices personnels, ou des honoraires de messes que des prêtres bienveillants ont ensuite acquittées au profit de notre hôpital.
S. Km. le cardinal de Bonald, archevêque de Lyon XV SS. Drossais Suinl-Marc, évoque de llcnoes.
iHifélre. eveque de Xcver*.
Keron, id. de Clcrmoul-r'crnind.
NN. SS. Ijurcnee. évoque de Tarbes.
Le Mec, id. de Sainl-Bricuc.
lie Morlhon. du Pur.
Hobin, id. de Bayeux.
El maintenant, âmes généreuses, quelle qu'ait été votre offrande et sous quelque ciel que vous habitiez, recevez nos remerciements du cœur. Qu'à jamais, de ce loit hospitalier, par vous édifié à nos pauvres, en votre faveur, s'élève un concert de liénédictions !...
Bnurgneuf primitivement s'étendait beaucoup plus dans les vignes. Tous* les jours on met à nu les fondements de constructions antiques, des débris de tuiles romaines. Les guerres ont dû ruiner cet avant-poste de la place de GhantcIIe. Plus loin mt'me, des maisons couvraient le dus des Rondes, il n'en reste plus aujourd'hui la moindre trace, le chemin qui s'y dirige est depuis longtemps abandonné. En fouillant rà et là
dans les vignes, il n'est pas rare de rencontrer des cadavres humains. L'un de ces squelettes, découvert en 1810, avait un chapelet à la main, ha chaîne avait été depuis longtemps oxidée : mais les grains en verre blanc, irrisé de bleu, étaient parfaitement conservés. Des exhumations pareilles ont eu liou plus fréquemment encore dans l'intérieur do la ville, et même dans les faubourgs. Serait-ce la suite des guerres, la pcr|nkration de quelque crime? Ou plutôt, certains actes nécrologiques vont nous fournir la clef de cette égniine (1). Chantelle, d'une manière moins terrible, il est vrai, que nos villes voisines (2), a été jadis visité par la peste. Eu 1631 , durant l'espace de deux mois, de la fin de mai au commencement de juillet, nos habitants payèrent au fléau un tribut redoutable. Malheur à l'étranger qui mettait le pied sur ce sol infecté ! 11 eu remportait la contagion, et il expirait avant d'avoir pu regagner sa demeure.
L'horreur qu'inspirait cetto épidémie était telle, que l'on se bâtait d'enfouir les dépouilles des victimes, loin de la terre bénite, dans un verger, dans un jardin, au milieu des grands chemins, au pied do quelque arbre connu dans le pays. Voilà, selon nous, l'explication de tous ces ensevelissements qui étonnent.
Avant d'arriver à la place de l'Hôpital , on est quelquefois témoin d'un effet d'acoustique surprenant. Qu'un office quelconque vienne à sonner à la paroisse, on entend des cloches par milliers. Un phénomène à peu prés semblable se produit à l'angle de l'enclos du même hospice, et un peu nu-dessous de la vigne du cabaret ; l'écho répète plusieurs fois et très-distinctement les paroles que voui lui adressez. Toutes les gorges de la Double sont douées en une multitude d'endroits de la même faculté. Nos amaryllis le savent tirs-bien : aussi, se plaisent-elles a jeter leurs notes à cet être fantastique qui les recueille si galamment.
A l'extrémité de Uourgneuf, était assise uue petite chapelle, sur remplacement de la métairie Lartaud de la Bruyère, eu face le domaine du Colombier. Nous n'avons pu découvrir ni la destination, ni l'origine de ce petit édifice religieux. En 1798, un ouvrier achevait d'en démolir les dernières pierres, quand sa pioche frappe et déchire la botte d'un cavalier, couchée le long de la muraille. Elle était encore passablement conservée et toute remplie d'une monnaie gauloise, appelée mailles:.
Descendons cette pente rapide. Ce ravin impraticable, à gauche, s'appelle la rue de la Sentine. Naguère encore, il y avait là une petite barque pour le transit des voyageurs, et dans des temps plus reculés, le [vont en pierres, attribué aux romains, dont il a été question au début de cet ouvrage. Les pilastres ont été extraits du milieu de la rivière, depuis vingt ans seulement.
Quand ce font eut été emporté par les eaux, ce passage fut abaudonné, à cause de la difficulté de ses abords, et Ton se dirigea un peu plus bas ver» les Eaux-salées.
(Il Acte» mortuaires de U paroitsc do Cheitllc», année t<>3i. 121 CJwrroiu c l Suml-t'uurraiu
D'où vient cette qualification un peu extraordinaire? Saint-Pourcain était franc pour le Bel, Chantelle ne l'était pas. Une tradition prétend qu'un jour des contrebandiers, pris eu fraude par les gens de la gabelle, au moment où ils franchissaient le pont, jelèreot leurs sacs dans la rivière, en sorte que les eaux en furent salées. Mais ce nom ne viendrait-il pas plutôt de ces osiers, vulgairement salies (salices), dont tout le rivage est encore aujourd'hui couvert?
A l'extrême limite de la paroisse, on voit les restes d'une seigneurie des plus anciennes, Chatcnay. Rien de particulier ue se rattache à ce fief qui a été possédé par la plupartdes riches familles de notre pays. Une immense pièce qui loge aujourd'hui tous les habitants du domaine, montre à la cheminée des armoiries mutilées et à l'un de ses angles une petite retraite voûtée qui servait autrefois de Chapelle, Les fossés sont encore parfaitement accusés dans la circonférence de ce vieux manoir, et, bien que rien de semblable ne se montre là maintenant, une portion d'enclos s'appelle le Champ de la Tour.
Un mot sur ce vaste domaine posté entre Fourillei et Chantelle. Tout ce qui l'entoure, n'était autrefois qu'un marais infect, couvert, çà et là de futaies vigoureuses. Une des rues qui y conduit, s'appelle encore la Rite du Bois. Les Génovéfains abattirent ces arbres, assainirent ces fondrières, et ce lieu fut nommé Charboulat (1). Ils y fixèrent leur demeure, bientôt uu village s'y forma (2). La plupart de nos communes n'ont pas d'autre origine : un ermitage, un oratoire, il n'en fallait pas davantage pour voir se grouper à l'entour la hutte du bûcheron, la case du pauvre laboureur. Auprès des serviteurs de Dieu, toute une colonie venait puiser un peu de force morale et se perfectionner souvontdans les arts, utiles à la vie matérielle. Mais le château de nos princes appelait dans son enceinte ces laborieux ouvriers qui n'avaient plus rien à faire dans une contrée, désormais rendue à l'agriculture. Privé de ces pieux cénobites qui en étaient l'âme et la vie, le village de Charboulat dépérit à vue d'oeil et disparut bientôt sans laisser d'autre vestige qu'un seul corps de domaine, isolé dans la campagne. Aujourd'hui, pas un seul habitant de Chautelle ne se doute que là, il y a neuf siècles, existait une agglomération considérable. La tradition toutefois, d'accord avec nos vieilles archives, rapporte qu'il n'y a pas très-longtemps encore, la métairie de Charboulat formait une paroisse, comprenant Chatenay, les villages de Truelle et de Tizat ; tout le populeux faubourg de Bourgneuf jusqu'aux portes de la ville en dépendait. L'église sous le patronage de saint Pierre-És-Liens, était un morceau roman de la seconde période. En 1792, le culte s'y exerçait encore : mais la pieuse enceinte est aujourd'hui plantée de choux et de salades, le chevet seul
il) Boue cbire : dans le pays on appelle un vivier. Imlat. 12, Voir IVWfli™ raton*, ciui plus haut.
est resté debout. Des fresques et des assises, marquées par un filet rouge, ont résisté jusqu'ici à la pluie, à la neige, à tous le» orages.
Charboulat, par la suite des temps, n'ayant conservé qu'une simple habitation rustique, le prieur de Chan telle, en 1519, refusa d'y nommer un desservant. Pierre de Montjournal, chevalier, seigneur de Chatenay, prit la cause eu mains et prouva que Charboulat était une église paroissiale, pourvue d'un cimetière où ton ensêpulturait /es fidèles trespassés. Il établit que de temps immémorial, tous les ans, à l'entrée du carême , on y distribuait /es benoistes cendres, qu'on y chantait l'office, le jour de pasques fleuries, en un mot, qu'on y célébrait le service divin paroissial, un chacun dimanche de tannée (1). Un moyen terme fut adopté : le prieur de Chantelle commit un vicaire pourdire la messe à Charboulat, et y administrer tous les sacrements ; il lui oflsura un traitement convenable. Depuis cette convention, Charboulat ne fut plus qu'une vicairio en titre : Messire Antoine île Champars en était légitimement pourvu, en 1572. Plus tard néanmoins, les Jésuites contestèrent ce droit, prétendant quo Charboulat n'était point un bénéfice, mais simplement une chapelle champêtre, ou , comme parle le droit canoa : grangia monachorum , mit clericornm oratorium (2).
Le pauvre oratoire rural, n'eut point à s'applaudir de ces démêlés : le dimanche 17 septembre 1775, il fut interdit par messiro Geoffreuel des Beaux-Plains, archidiacre de Narzenne, qui le trouva dans dans le plus mauvais état (3) .
En face de ces ruines quo les paysans appellent encore la cluipe/le, est un énorme colombier circulaire au frontispice duquel se voit le chiffre de quelque noble abbé : une crosse contournée, accostée à droite du livre des évangiles, à gauche d'un calice ; coupé d'un lion contourné : rien n'indique les couleurs. L'année 1761 , inscrite dans la première couche du ciment, prouve l'époque de cette fondation.
Le chiffre de la célèbre compagnie de Jésus parait un peu plus loin, au pignon d'une vaste grange qui pouvait autrefois contenir à peine les gerbes des Pères ; en pointe de l'ccusson, est un cœur dans lequel trois clous sont plantes (date 1676).
Allez un instant vous asseoir à l'ombre do ces saules vigoureux qui semblent faire avec amour retomber leurs panaches verdoyants. A leur pied coule une fontaine miraculeuse. Très-souvent les fiévreux viennent boire de son eau. Dès la première aube du jour, il faut se trouver à la Font-St-Pierre, c'est alors qu'elle a toute son efficacité. Une petite niche, creusée dans la pierre, recevait l'offrande des fidèles reconnaissants.
• Il Arth. dijmrt. de 1 Allier : - Art. Cliuboulut |2l Im raii. p. 37.
(3i Procés-verbiil de visite de l'are hidiacxmnê de Nanenne [«>ur fumée 1775
A quelque dislance dans les terres, est une autre source, renommée pour les maladies des yeux, la fontaine de Si-Giez ; son eau, des pins limpides, est encore recherchée avec confiance.
Une fête, tout imprégnée de la fraîcheur des anciens âges, attache son souvenir à l'existence de la chapelle de Charboulat. Le lundi de la Pentecôte, le curé de Chantelle y venait faire la procession des blés. Puis, après avoir célébré la messe, déjeunait sur l'herbe avec ses paroissiens. On se remettait ensuite en route, pour finir de parcourir toute la paroisse. Au retour, il se passait une cérémonie qui avait quelque rapport avec le couronnement de ta rosière. Les jeunes gens, portant des liges de fougère à leurs chapeaux et aux canons do leurs arquebuses, venaient attendre la procession, à Tentrée de la ville, et présentaient à l'officiant, la reine de la fête. La faveur n'avait nullement dicté ce choix : la vertu, la modestie avaient seules recommandé la jeune fille aux suffrages de ses compagnes. Le pasteur, des larmes dans les yeux, confirmait son élection, lui plaçait sur la tète une couronne de fougère, la bénissait, lui adressait un compliment flatteur: « quelle soit votre modèle, disait-il en terminant à ses jeunes amies I La douceur, la fuite des occasions, l'humilité, la sagesse vous mériteront plus tard un semblable honneur. » Après ce discours, entendu avec un religieux silence, on se dirigeait vers l'église, à travers les rues, garnies de fidèles. Un cortège déjeunes filles, vêtues de hlanc et tenant un bouquet de fougère à la main, entourait la pieuse héroïne. L'image de Marie peinte sur une blanche bannière, dominait toutes ces radieuses tètes. Ce n'étaient que joyeux cantiques, encens et fleurs... toute cette harmonie, toute cette poésie d'un temps qui n'est plus, venaient expirer et se confondre aux pieds de l'auguste Vierge du ciel, devant son autel, paré de fougère et de (leurs champêtres. Chacune enviait le sort do la jeune reine. Chacune se disait : « Je serai sa^e et modeste, et l'an prochain, j'aurai droit à une distinction si belle. » Le soir, il y avait grande liesse dans la ville... tout le monde, jeunes et vieux, allaient cueillir la fougère. On dressait sur la place un énorme bûcher auquel la reine mettait le feu. Alors, une ronde animée se faisait autour de ce feu de joie, et le bon curé devait un instant venir se mêler à ses heureux paroissiens.
Cette fougère que l'on portait, comme un trophée, un jour de procession des blés. et qu'on brûlait ensuite, au milieu des acclamations de la foule, n'indiquc-t-ellc pas le triomphe do l'agriculture qui a été enseignée et pratiquée par la plupart de nos ordres religieux ?