‹ Histoire de ChantelleChapitre 48 sur 104 · COSTUMES · texte numérisé non relu

COSTUMES

La toilette des paysans est très-simple : un chapeau eu feutre aux larges bords qui servent de parasol ou de parapluie, selon le besoin, le bonnet blanc est du négligé ; une veste en droguet bleu ou gris, entremêlé de raies blanches ; c'est un carré aux basques étroites s'arrêtant aux hanches, collet à la française, deux poches béantes sur les côtés. Le lainage, rare et coûteux dans ce pays, est malheureusement au-dessus des facultés de nos braves vignerons.

Ici, point de guêtres, ni de brayes, mais un pantalon sans bretelles, d'une ampleur avantageuse. La blouse est pour la petite tenue. Un gilet et une cravate de couleur, des sabots au naturel ou des souliers ferrés, voila comment sont mis de«f>ieds à la tête nos cultivateurs de Chantelle.

L'ouvrier frise le bourgeois qui porte, selon la circonstance, le chapeau ou la casquette, l'habit ou la redingote.

Le costume de la paysanne n'est ni auvergnat, ni bourbonnais, c'est un mélange. La coiffure est un bonnet rond, aussi simple que gracieux, dans lequel les cheveux se trouvent enroulés. Le chapeau, composé de la paille la plus fine du gerbier, est loin d'avoir la coquetterie du chapeau bourbonnais : il n'a que deux parties, celle qui renferme la tète et le devant qui s'arrondit en demi-cercle ; point de doublure rose ou bleue, point de chenilles ni de torsades, mais simplement un velours noir qui

d> Mémoires d'Oulrc-Tombe.

l'entoure, se croise sur le devant et forme sur les côtés deux énormes nœuds en guise de cocarde».

La robe a la taille courte, les manches longues ; mouchoir et tablier de couleur, étroite bavorettc. Les mousselines et les indiennes ont remplacé la serge et la bure : c'est moins dispendieux et beaucoup plus propre. Le tartan et le parapluie de coton ont également détrôné l'antique cape, sorte de burnous peu gracieux, mais excessivement commode. Les sabots à recolles, noirs ou brodés, sont pour les jours ouvriers, les souliers pour les dimanches. Enfin, une petite croix d'or complète ce costume que nous venons de dépeindre.

Les ouvrières sont mises avec une certaine recherche. Quant aux dames, la mode, ici comme ailleurs, leur fournit une variété de supplice ou de satisfaction d'amourpropre.

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