‹ Histoire de Charlemagne (volume 3)Chapitre 17 sur 38 · PEPIN DE HÉRISTAL · texte numérisé non relu

PEPIN DE HÉRISTAL

Pépin donna successivement la couronne à Clovis III [a] , à Childebert II [è], tous deux fils de Thierry, et à Dagobert III [c] , fils de Childebert , comme s'il eût donné une charge dans sa maison ; mais il observa exactement trois points.

L'un , de faire disparoître entièrement la distinction de royaumes d'Austrasie et de Neustrie , et de ne nom^ mer jamais qu'un roi , de peur que , si on en voyoit plusieurs régner ensemble , on ne voulût aussi avoir plusieurs maires.

L'autre fut de ne donner à ces rois aucune part dans l'administration , pas même pour la forme ; car les formes conservent et rappellent les droits , et peuvent servir de prétexte , et même de moyen pour les rétablir. Childebert II fut surnommé le Juste ^ comme Louis XIIL S'il exerça cette grande vertu, ce fut donc dans le secret de sa maison , car toutes les occasions publiques lui manquèrent.

Le troisième enfin, fut de nommer toujours pour roi le prince dont le droit étoit le plus apparent. Par-là il ôtoit à l'assemblée des grands, qu'il étoit obligé de convoquer pour cette nomination , toute occasiou

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d'exercer des droits en concurrence des siens; il ne faisoit qu'annoncer son choix , et ce choix étoit à Tinstant adopté et proclamé sans difficulté.

Il paroit que ce système d'unité fut toujours Tidée favorite de Pépin, et vraisemblablement il y auroit été fidèle, s'il n'avoit eu qaun fils ; mais le nombre de ses enfants , et sa tendresse égale pour eux , le ramenèrent malgré lui aux idées de partage.

Il avoit de Plectrude sa femme deux fils , Dreux ou Drogon, et Grimoald; il Favoit répudiée depuis pour épouser Alpaïde, femme célèbre par sa beauté, dont il avoit eu Charles Martel , et ce Childebrand , prince inconnu , dont il a plu au sieur de Sainte-Garde , aumônier du roi, de faire le héros d'un poëme épique (i), et à quelques généalogistes, de faire la tige de la troisième race de nos rois.

Quelques auteurs modernes traitent de bâtards Charles Martel et Childebrand; ce qui n'est peut-être pas trop d'accord avec les usages de ce temps-là, qui permettoient le divorce, et regardoient comme légitimes les mariages faits en conséquence. Des actes semblent prouver cependant que Plectrude ne fut jamais répudiée, et que Pépin, à l'exemple de nos premiers rois, et suivant l'usage des Germains , eut ces deux femmes à-la-fois [a]. Les annales de Metz rapportent même que

(i) Qui de tant de he'ros va choisir Childebrand.

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