‹ Histoire de Charlemagne (volume 3)Chapitre 16 sur 38 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Des auteurs de la Race Garlovingienne.

Les opinions des savants sont souvent bien peu utiles à la science 5 et l'on accélèreroit bien plus les progrès des connoissances, en s'attachant à fixer en tout genre les bornes du connu et de Tinconnu , qu'en perdant le temps à faire des systèmes qui n'éclaircissent rien.

lien existe une multitude sur Torigine des différentes races de nos rois : on a voulu absolument les faire descendre les unes des autres, même de mâle en mâle 5 ou donner aux races postérieures une origine plus ancienne encore et plus illustre que la première, La vérité est qu'on ne sait rien des auteurs de la race carlovingienne au-delà de saint Arnoul , ni de ceux de la race capétienne au-delà de Robert-le-Fort.

Quant à la race carlovingienne , de laquelle seule il s'agit ici, elle descend, tant du côté paternel que du côté maternel , de ces deux sages gouverneurs que Clotaire II avoit donnés à Dagobert P^ son fils, en le faisant roi d'Austrasie, c'est-à-dire, de saint Arnoul et de Pépin de Landen , dit le Vieux. Quel étpit le père d' Arnoul? On n'en sait rien : mais Arnoul étoit déjà un très grand seigneur, un homme riche et puissant; nous remontons presque par lui jusqu'au berceau de

notre monarchie. Qu'importe d'aller au-delà? En voilà bien assez pour présumer que la race carlovingienne pouvoit avoir une antiquité à-peu-près égale à celle des Mérovingiens, et que le choix des Français auroit pu tomber indifféremment sur Tune ou sur Fautre.

Saint Arnoul fut plus qu'un grand seigneur, il fut un sujet utile, le digne ami d'un bon roi, le digne instituteur d'un prince , et si son élève ne fut pas digne de lui, cet élève lui dut au moins le peu de vertus qui tempérèrent ses vices.

Saint Arnoul, qui avoit été marié avant d'entrer dans Tétat ecclésiastique et d'être évêque de Metz, avoit eu deux fils, Anchise et Clodulphe. Ce dernier fut père de Martin élu maire d'Austrasie, conjointement avec Pépin de Héristal , son cousin-germain , et assassiné par Ebroin , dans la ville de Laon. x\nchise avoit épousé Begge, fille de Pépin de Landen , collègue de saint Arnoul dans l'institution de Dagobert, et il en avoit eu ce Pépin de Héristal , qui , par la victoire qu'il remporta sur Thierry et surBertaire, réunit sous sa domination les trois royaumes , qu'il gouverna longtemps avec gloire.

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