CHAPITRE III
Autres affaires de l'Europe.
Charlemagne cependant étoit plutôt dégoûté que détrompé de la guerre; il la faisoit peu par lui-même, mais il la faisoit faire par ses fils ; il avoit été un héros, il falloit qu il leur permît de devenir des héros à leur tour ; il regardoit la guerre comme une carrière de gloire qu'il falloit que tout roi parcourût. L'aîné de ses fils, le prince Charles, à qui l'Empire étoit destiné, avoit sous son père le département de la Germanie; il soumit les Sorabcs et les Bohémiens qui s'étoient révoltés. Le roi d'Italie, toujours jaloux de Grimoald, duc de Bériévent, vouloit toujours le soumettre; et Grimoald se révoltoit toujours, quand il pouvoit espérer d'être soutenu par l'Empire grec. Nicéphore ayant fait sa paix avec Charlemagne, le duc de Bénévent fit aussi la sienne avec le roi d'Italie.
D'autres ennemis vinrent exercer la valeur de ce roi. Les Sarrasins, non contens de leurs possessions d'Espagne, tentèrent de subjuguer quelques-unes des îles voisines de l'Italie ; ils voulurent faire une descente en Sardaigne, ils furent repoussés avec perte de trois mille hommes. Ils tombèrent ensuite sur l'île de Corse ; mais Charlemagne avoit déjà des flottes sur toutes