‹ Histoire de CharlemagneChapitre 16 sur 108 · LIVRE 2, CHÀP · texte numérisé non relu

LIVRE 2, CHÀP

que des écrivains, même modernes, vantent et admirent comme une des actions les plus imposantes de Charlemagne , c'est un véritable jeu d'enfant , qui ne reçoit d'excuse, que parce que cétoit devant des enfans qu'on le jouoit, et qu'il faut des spectacles pour tous les yeux.

• Le respect que Charlemagne exigeoit avec raison pour ses ambassadeurs, il se piquoit de l'avoir pour les ambassadeurs étrangers, ce qui ne s'observoit pas alors fort exactement , les ambassades étant assez rares, et les principes du droit des gens, à cet égard, peu familiers. Les ambassadeurs de Perse s'étant plaint d'avoir été assez mal accueillis à leur passage, par quelques gouverneurs et quelques évêques, Charlemagne cassa ces gouverneurs, et condamna ces évêques à une forte amende : ce qui peut faire douter de quelques circonstances dont te moine de Saint-Gall charge l'histoire de la réception des ambassadeurs grecs, surtout de celle des soufflets, qui est incroyable, et de celle du passage par les Alpes , qui ressemble trop encore à un jeu d'enfans fâchés, qui font des niches pour se venger.

La paix, objet digne d'occuper des hommes, fut bientôt conclue ; il ne pouvoit plus être question d'unir les deux Empires; il s'agissoit d'en consacrer les droits et d'en fixer les bornes. Nicéphore, si inférieur à Charlemagne, fut trop heureux de le reconnoître pour collègue et pour égal, et de conserver à ce prix tout ce que l'Empire d'Orient possédoit encore en Italie. Les deux Empires furent également l'Empire romain, comme ils l'avoient été autrefois, et les Grecs admirèrent la modération du nouvel empe-

reur, qui, avec tant de moyens de conquérir, n'acquéroît tant de droits litigieux que pour les éteindre ou les suspendre.

Page 1