CHAPITRE IV
Iiii donc le patrimoine de Saint-Pierre sans en respecter les immunités: il marcha sans hésiter sur Home. Adrien, le successeur tVÉtienne an pontifient, ne s'effraya point ; il arma
des citoyens, à la manière des consuls.
Le siège de Home se continuait, dix mille lances lombardes entouraient les murailles, lorsque ie pape Adrien désigna une députation d'évèqnes et de patriciens romains pour se rendre à la cour plénière de L'harlemagne afin de solliciter son appui contre les envahisseurs du saint patrimoine de l'Église. Le lils de Pépin avait succédé à tons les litres de sou père, et parmi les légendes pourprées se trouvait le patriciat de Home, la magistrature nominale de la ville éternelle: de là résultait pour lui l'obligation de protéger les papes et le peuple qui s'étaient mis dans une sorte de vassalité vis-à-vis des rois lianes. Les envoyés d'Adrien devaient se jeter aux pieds de L'harlemagne. en le sollicitant de \enir défendre la terre de Saint-Pierre, outragée par les impies Lombards.
Lorsque les envoyés du pape Adrien arrivèrent à PadërbOrn , où Charles tenait sa cour plénière, Ils le trouvèrent très-disposé à une expédition militaire en Italie. L'es plaines au-delà des Alpes, ces villes riantes de Lombardie plaisaient aux leudes, aux comtes, aux
les miiraill temps anl
s portes, et comme aux it de mourir au milieu
paladins qui accompagnaient les rois francs dans les expéditions lointaines; ils en rêvaient le beau soleil, les campagnes fécondes, en échange de leurs sombres cités cl 1 1 Rhin. Là étaient le raisin qui pend au pampre, les fruits savoureux et les chaudes eaux de l'Adriatique et de la Méditerranée. L'expédition fut donc immédiatement décidée, et tandis que le pape Adrien soutenait avec fermeté le siège de Home, tandis que les Lombards ne respectaient ni les monuments chrétiens, ni les vestiges de la grandeur romaine, Didier apprit par un message l'immense diversion que faisait Charlemagne vers les Alpes avec une armée de Francs, comtes, leudes, aux armes lourdes, aux forts chevaux.
Les montagnes qui séparaient les terres de Charlemagne de la Lombardie n'étaient point coupées par ces vastes routes qui laissent aujourd'hui pleine liberté au développement des armées; il reslait seulement quelques vestiges des voies romaines; le passage tenté par Annibal avait indiqué la nécessité de joindre les Gaules à l'Italie, et lorsque César eut dompté ces populations remuantes, les empereurs firent exécuter quelques travaux à la manière romaine, pour faciliter la libre traversée depuis Milan jusqu'au milieu des Alpes helvétiques. L'ardeur des pèlerinages au tombeau des apôtres avait maintenu quelquesunes de ces voies romaines; à quelque dis-