CHAPITRE IV
lance les uns des autres, on trouvait des ermitages, des monastères-, le christianisme avait imposé l'hospitalité, et les Alpes, quoique difficiles à l'raiichir, offraient cependant un passage sûr à des armées qui marchaient lentement et presque sans bagages: il n'y avait point alors l'artillerie : chaque leude portail luimême soi! armure, ses moyens de défense; tons pouvaient tenir leurs chevaux en laisse, et dès lors nu chemin libre aux piétons et aux bûtes de somme suffisait à. ces masses d'hommes partis rie la Bourgogne, du Hhiii ou de la Bavière pour aboutir à Milan.
La résolution d'une descente eu Italie fut prise à Paderbom ; on se donna rendez-vous à Genève, et les Alpes se couvrirent d'une immense troupe de lances; les francs prirent pour but Milan, Pavie, Vérone, les trois capitales du royaume des Lombards; un ordre de bataille et d'invasion fut concerté avec, cette intelligence de conquêtes qui distinguait les Austrasiens. Dans un plaid qu'ils tinrent à Uenève, les leudes qui avaient décidé à l'unanimité de franchir les Alpes se divisèrent en deux grandes bandes: l'une, conduite par le leude Bernard , bâtard de Charles Martel, homme de haute stature, devait traverser le Valais, franchir le mont Joux (Saint-Bernard), pour occuper le passage des Alpes et pénétrer dans l'Italie. Charlemagne, lui, s'était réservé la conduite des autres troupes à tra-
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vers le Mont-Cenis, la route habituelle de Pépin. Ainsi le corps principal, celui du leude Bernard, devait l'aire une grande diversion dans les plaines de Milan, tandis que Charlemagne attaquerait de face par le Piémont; cette marche à travers les Alpes s'exécuta avec une remarquable fermeté.
A l'aspect de ces deux formidables bandes, Didier éprouva une certaine terreur; cependant son lils Adalgise réunit une puissante troupe au pied des Alpes, pour défendre les défilés du Mont-Cenis ; les montagnes étaient hérissées d'ouvrages à la manière des Cirées et des Romains; partout sur les rochers s'élevaient des tours, et chaque pic était défendu par des archers vigoureux ou par des coureurs habiles qui grimpaient de monts en monts. Charlemagne eût trouvé des obstacles invincibles, s'il n'avait été soutenu par la diversion du comte Bernard, descendant du mont Joux, et venant .se placer entre Pavie et les montagnes. Ainsi pris à dos, les Lombards furent forcés d'abandonner leurs positions, et Charlemagne vint faire sa jonction avec Bernard autour du lac de Corne. Adalgise prit la fuite, et Didier, qui avait établi ses tentes audelà de Milan, se vit forcé de précipiter sa retraite sur Pavie, la forte place du royaume, où il devait soutenir un long siège. Vérone et Pavie furent bientôt entourés de milliers de