CHAPITRE VII
La chanson de Roncevaux, Le chant des Basques, La romance de la belle Aude.
Ce triste désastre de Roncevaux, les exploits qui coûtèrent la mort du preux Roland ne lurent pas seulement célébrés par les chroniques. Ce n'étaient pas les pieuses et saintes exhortations de Turpin que récitaient les vaillants chevaliers avant les combats, ce n'est pas „ce que Taillefer, moult bien chan toit, sur son cheval qui moult alloit à la bataille de Hastings*)," ce n'étaient pas les vers de guerre sur Charlemagne, Roland, Olivier et ses vassaux, qui moururent à Roncevaux : il y eut à celte époque d'autres poèmes sur la catastrophe des Pyrénées: indépendants de la Chronique de Turpin, ils étaient partout racontés dans les cours plénières de la chevalerie, dans les récits de l'époque de Philippe-Auguste. Charlemagne, Roland, Olivier et ses vassaux furent encore le sujet d'une grande chanson de gestes, lecture passionnée du moyen âge.
Or, nobles daines, chevaliers et varlets, vous tous qui aimez les reliques de ces vieux temps, venez ouïr le véritable chant de gestes
*) Vers rlu poète Robert Wace sur la bataille de Haslings,