‹ Histoire de CharlemagneChapitre 53 sur 110 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

nomment les chroniques ; car les chansons de gestes donnent le nom du sage Naymes au duc des Bavarois. Partout où la puissance régulière des comtes et des Icudes de Charlemagne ne s'étendait pas, il avait établi des duchés féodaux se rattachant au vaste tout qui depuis forma l'Empire. Les Bavarois avaient un duc militaire comme les Saxons et les Frisons après la conquête; celui-ci devait tribut aux Francs et à Charlemagne, leur souverain. Tassillon, vassal de cette couronne par serments faits au roi Pépin et à son fils, était allié à la famille lombarde, car il avait épousé une fille de Didier, et par le Tyrol la Bavière s'unissait à la race d'Italie. La rébellion du duc de Bavière fut apaisée par l'intervention des évêques : le pape engagea Tassillon à rester fidèle dans son hommage, et il vint à la diète de Worms (7SI) livrer des otages et prêter serment de fidélité. La Bavière avait déjà des évèchés, et la cathédrale de Batisbomie s'élevait magnifique sur le Danube. Les basiliques saintes et l'institution des évèchés étaient alors les signes de la civilisation d'un peuple.

Les annales disent aussi que Charlemagne fit pendant cette période une expédition dans la Bretagne, par lui ou par ses lieutenants. Les Bretons formaient dans les Gaules comme une race indomptée qui habitait l'antique pays des Armoriques ; ils avaient des moeurs à part,

CIIARLEMAGNE.

une langue qui se rattachait au souvenir de la patrie celtique; leurs villes étaient rares, quelques monastères situés sur les grandes rivières avaient préparé à la civilisation de ces contrées sauvages. Dans la Bretagne, les vieilles moeurs dominaient toujours-, on voyait des autels druidiques, l'adoration des arbres sacrés, des forêts séculaires; les comtes étaient tout à l'ait indépendants, et l'Armoriqne avait en vain juré foi et hommage aux Mérovingiens; Pépin l'avait maintenue à peine à J'aide des comtes et gouverneurs de marches qu'il y avait établis. Les Bretons se réveillèrent encore, et Chaiiemagne, dans une diète à VVorms, résolut une expédition dans l'Armoriqne; les stériles chroniques rapportent seulement que les succès furent rapides; les Francs prirent les villes, se divisèrent les terres, et les cartulaires contemporains ont gardé souvenir de quelques-uns de ces partages.

Cependant les Lombards conservent l'esprit italien, léger, facile à la révolte; et d'ailleurs ils se trouvent désormais les alliés des GreCs, qui offrent d'appuyer un mouvement contre Charlemagne. Un pacte secret est conclu entre les empereurs et les ducs de Bénévent et de Spolette par le fils de Didier, Adalgise, qui s'était retiré à Constantinople; et les négociations vont si loin, que pour se ployer mieux encore aux habitudes et aux moeurs des Grecs, Arigise, duc de Bénévent, adopte les vêtements

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