CHAPITRE K
lemagne vieilli veut se reposer sur sou oeuvre-, Pépin et Louis, rois d'Italie et d'Aquitaine, font dès lors des guerres contre les populations nui bordent leurs domaines. Pépin guide ses leucles contre les (irecs et les Esclavons; Louis, le roi d'Aquitaine, repousse sur les Pyrénées les excursions des Sarrasins souvent audacieuses, puisqu'elles menacent encore Narbonne et la Septiinanie. Au fier Austrasieu qui va recevoir la couronne impériale, il faut des rois pour lieutenants.
ft'InjudeiiiîagMc, roi lui-même, a donc fait deux rois, lorsqu'il s'achemine vers Home, où la couronne impériale doit toucher son Iront.
B)am$ la ville éternelle, de vives agitations populaires s'étaient manifestées: des factions existaient connue dans les vieux comices ; ou avait des bannières, des couleurs différentes; l'anarchie la plus profonde divisait les quartiers de Home, et les Transtéverins à la physionomie antique renouvelaient les désordres du Forum. Les empereurs grecs n'étaient point étrangers à ces guerres civiles; dépouillés de l'Italie par la force, ils voulaient la reconquérir par la ruse; ils soudoyaient le peuple de la campagne et du vieux Lalium pour les soulever contre les papes; et à la mort d'Adrien, sa famille, de grande race romaine, ne voulut point reconnaître et saluer le [tape Léon, qui n'était pas issu des patriciens.jll y eut des agitations de places publi-
ques, des révoKes; le nouveau pape fut traîné par les cheveux , soumis à d'indignes traitements, et les annales racontent qu'échappé miraculeusement à ces comices exaspérés, il vint demander secours et appui à Cliarlemagne.
On doit présumer que ce fut alors que le pontife, pour fortifier sa propre autorité, conçut la vaste pensée de reconstituer l'empire d'Occident sous l'épée de Cliarlemagne. Celte élévation à la puissante dignité romaine devait grandir la physionomie du roi des Francs, flatter son orgueil , orner sa paurpre ef son diadème. Tout ce qui tenait à Rome, je le répète, avait môme chez les barbares un caractère, solennel. Léon quitta l'Italie pour' aller rejoindre Cliarlemagne. Le chroniqueur désigné sous le nom de poète saxon a raconté cette entrevue de Cliarlemagne et de Léon III à la diète de Paderborn; qui sait si ce ne fut pas dans cette intimité que le pape et le roi conçurent l'idée de la reconstitution politique de l'empire d'Occident?
Le poète saxon aime alors à rapporter les tristesses du pape, les désordres de Home; „Comme Léon allait à pied de son palais à l'église Saint- Laurent, le. peuple romain, se jetant sur lui, l'accabla de coups, puis lui arracha les yeux et lui coupa la langue. Mais Dieu, par un miracle, lui rendit la vue et la parole. Alors il se sauva de la prison où on l'avait enfermé et se mit en chemin po^ir re-