‹ Histoire de CharlemagneChapitre 60 sur 110 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

joindre Charles à Paderborn, où il était alors. Il lui envoya d'abord un légat, qui raconta au roi les malheurs du pape; Charles, ne pouvant contenu" son indignation, fait une allocution à sou peuple pour l'exhorter à porter des secours au pontife. A peine a-t-il parlé, qu'un long frémissement se répand clans l'assemblée; chacun court aux armes, et bientôt une armée formidable est levée en faveur du pontife. Charles se promène joyeux au milieu du camp: son front est protégé par un casque d'or, des armes brillantes défendent sa poitrine, et il est porté sur un cheval d'une taille extraordinaire. Devant le camp s'étendent en foule les piètres, divisés en trois parties; ils portent devant eux les étendards sacres de la croix, et tout le monde, clercs et laïques, attendent avec impatience le pontife. L'un apprend bientôt qu'il s'avance, accompagné de Pépin; alors Charles lait former un grand cercle et divise son armée comme une ville; lui-même, placé au milieu du rond, attend avec joie la venue du pontife; sa haute taille surpasse celle de tous ceux qui l'entourent, et domine tout le peuple. Mais déjà le pape a atteint la troupe extérieure , dont les costumes, la langue, les habillements et les armes diverses excitent son étonneinent: ces troupes étaient formées de soldats venus de toutes les parties du monde. Aussitôt Charles se buta d'aller le saluer avec un profond respect; il

l'embrasse et le baise à la bouche; leurs mains se joignent, et c'est d'un pas égal qu'ils marchent, mêlant leurs discours de mots flatteurs. L'année entière se prosterne trois Ibis devant le souverain pontife; trois fois aussi le menu peuple se courbe à ses pieds dans la poussière, et par trois fois le pape adresse mentalement au ciel des prières pour ce peuple. Arrivés au milieu du cercle, le roi et le pape s'entretiennent de diverses choses ; Charles s'informe des malheurs qu'a subis le vénérable prélat, et c'est avec le plus grand étonnement qu'il apprend comment il a recouvré les yeux et la langue qu'un peuple impie lui avait arrachés. Ils marchent ensuite vers le temple; sur le seuil, les prêtres entonnent à la louange du Créateur un cantique d'actions de grâces; le peuple salue de cris joyeux le passage du pontife, et sa grande voix s'élève jusqu'aux cietix. Conduit par Charles, l'apôtre entre enQii clans le temple et y célèbre avec la pompe d'usage le saint sacrifice de la messe. L'ollice divin terminé, le roi engage Léon à se rendre dans son palais, et dans ce lieu somptueux, où les murs sont revêtus de tapisseries peintes, où les sièges étincellent d'or et de pourpre, ils jouissent des délices les plus nombreux et les plus variés ; puis commence le festin, car déjà le Falerne languissait sur les tables clans les vases d'argent. Charles et Léon mangent et boivent

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