‹ Histoire de CharlemagneChapitre 64 sur 110 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

inhérentes aux moeurs et aux habitudes germaniques. 11 y aurait excès de classification à rechercher des principes réguliers dans la réunion des assemblées du champ de mars ou de mai: groupées autour des rois carlovingiens, ces assemblées, dont on a trop grandi l'importance, if étaient que des plaids militaires, des réunions tutuultueu ses qui venaient à l'appel de l'Empereur se concerter sur l'objet qu'il proposait en délibération. .VS* 1 1 s'agissait d'une expédition militaire où des milliers de lances devaient s'agiter, alors c'étaient les lendes, les possesseurs de terres domaniales qui accouraient au champ de bataille pour marcher sous le gonfanon de leur suzerain; là où il y avait des terres à conquérir et une domination à fonder, chaque leude était à cheval, suivi de ses hommes, et c'est pourquoi ces assemblées, qui se tenaient dans le principe en mars, furent retardées jusqu'en niai: les Iburrages étaient rares, ies chevaux en manquaient quand le soleil de mars était laible ; au mois de mai, au contraire, les prairies étaient fleuries; on campait au milieu des champs sous la lente: dans ces délibérations, on ne discutait pas, on volait par acclamations: l'Empereur disait: „Mes fidèles, j'ai résolu telle expédition en Espagne ou audelà des Alpes, contre les Huns ou les Arabes," et les leudes s'écriaient: „Nous te suivrons, rcx ou imperator!" L'expédition

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était prête, et le service militaire promis par acclamation dans les diètes; quelques semaines après, l'expédition militaire marchait à la conquête.

Lorsqu'il s'agissait d'un jugement civil, car l'assemblée du mois de mars ou de mai prononçait aussi des condamnations, la même diète était convoquée, mais on y voyait de vieux leudes qui ne marchaient plus aux expéditions militaires, des évèques et des clercs; cette assemblée , sans époque fixe , se tenait çà et là dans un château , dans une ferme du domaine royal, au milieu d'une forêt. L'accusé paraissait, comme on en voit l'exemple dans Tassillon, duc de Bavière; il portait ia tète baissée, le front assombri devant ses pairs; on l'interrogeait, on le pressait, et cette diète avait le droit de déchoir un leude ou un comte, un duc, et même un souverain, et de le confiner dans un monastère. Au milieu de ces grandes diètes, composées d'évèques, de clercs, Charlemagne dictait ses capitulaires, grandes formules législatives de l'époque; mélange un peu confus de dispositions civiles, ecclésiastiques, et pour lesquelles il fallait le concours de la force morale et de la force matérielle. Les capitulaires sont comme le résumé de l'esprit et de la tendance de ces diète?, restées debout dans le droit public de la Germanie. En Allemagne surtout, il faut chercher les traces de l'empereur Charles; là,

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