CHAPITRE XV
barcl. Pasca.se Uadliert conserve un caractère sérieusement seolaxtiquc; il suit les éludes puni elles -mêmes, il se préoccupe fie ce qu'elles ont de large et d'actif ; Aliscliaire est l'évèquc voyageur, le prédicateur qui court enseigner aux nations sauvages le christianisme et la civilisation; c'est le saint Boniface de la Scandinavie. Mais quels que soient ces hommes d'intelligence et de portée, ou doit remarquer que la science et les études, favorisées sous le règne de (.'harleinagne, sont en décadence pleine et entière déjà même sous Louis le Débonnaire. Les écoles n'ont plus leur importance, les éludes leur ardeur: les populations sont revenues à leur étal d'ignorance, et ceci tient à plusieurs causes.
11 en fut de l'oeuvre littéraire de Charlemagne comme de ses conceptions politiques : l'unité tenait à sa personne, elle n'était ni clans les idées, ni dans les habitudes de cette société. Quand l'Empereur toucha la tombe, il n'y eut plus de sciences, plus d'instruction; le peuple n'en souhaitait pas: le serf pouvaitil désirer la lumière ! L'homme d'armes dédaignait les livres même chrétiens et pieux, si ce n'est pour les dépouiller de l'escarboucle brillante : combattre et s'agiter dans les batailles était bien plus dans ses habitudes et ses goù;s, et que pouvait importer aux comtes et aux leudes l'avancement de l'intelligence? On ne cite pas un seul de ces hommes de fer
CHAR LEMA ONE.
qui ait écrit une pensée; ainsi toute l'impulsion lut personnelle à Cliaiiemagne; après lui, on revint à l'instinct grossier de la conquête, on se dépouilla, on se lit la guerre de manoir à manoir.
Les études disparurent dans le morcellement de l'Empire ; il n'y eut plus de centre, plus de mouvement organisateur 5 si quelques hommes isolés s'occupèrent encore des études, il n'y eut plus cette tendance ardente littéraire qui domina le règne de Charlemagne.