‹ Histoire de CharlemagneChapitre 98 sur 110 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Ainsi la triple nationalité germanique, au .stras ion ne et neuslri en ne était parfaitement reproduite par les écoles monastiques. Restait maintenant l'Italie et le royaume des Lombards, dont la nationalité était représentée par la vénérable école du Mont-Cassin; ici la science était poussée à son plus liant degré de perfection, depuis que saint Benoit lui avait donné ses règles: placé entre la civilisation grecque et la civilisation latine, le monastère du Mont-Cassin recevait le double rellet de Rome et de Byzance. Ah milieu des tempêtes publiques, le Mont-Cassin était resté comme un monument religieux des temps antiques; sa bibliothèque si riebe était demeurée intacte, la barbarie ne l'avait pas dispersée: on y trouvait des Bibles sur or, des textes aussi précieux que ceux de Constantinople , les livres de l'école d'Alexandrie, la philosophie cl Avistote ; Homère et Cicéron avaient là un culte aussi vénéré que les Pères de l'L'glise. Le Mont-Cassin fut le puissant instructeur des ordres monastiques, le type sur lequel on se modela partout, et cette influence fut d'autant plus vive, d'autant plus grande, qu'il existait une douce et invariable fraternité entre tous les moines; ils formaient comme une vaste république. Lu frère de .Saint-Benoit voulait-il voyager? il trouvait partout hospitalité et appui; il pouvait parcourir les bibliothèques, écouter les enseignements! le plus souvent les monastères étaient des

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succursales ou des colonies fondées par les églises- mères. Il n'y avait pas pour eux de patrie; un moine d'Angleterre venait dans la Nenstrie on l'Austrasie, et un frère d'Aquitaine venait s'abriter sons l'hospitalité d'une abbaye lombarde ou italienne. .De là devait naître cette influence mutuelle' et scientifique d'une abbaye sur une autre. Quand un monastère avait une science immense, il la donnait, il la communiquait ; toutes les fondations religieuses appartenaient au même rang; il y avait des moines messagers de la science qui allaient échanger les' Chartres, porteries manuscrits, ou renouveler les études d'une solitude à une autre.

Tel fut l'esprit de cette époque littéraire. Charlemagne voulut la centraliser dans ses mains; devait-elle survivre à cette haute impulsion? L'Empereur une fois au tombeau, les études ne devaient-elles pas disparaître avec lui? Le commencement du règne de Louis le Débonnaire présente encore quelques hautes physionomies dans les sciences ou dans les lettres; c'est sous son règne que fleurit Hincmar, l'archevêque de Reims, le clerc qui célébra dans la pompe de son style les coutumes et les habitudes du palais de Charlemagne; Agobarcl, archevêque de Lyon, homme politique encore plus que littéraire; il n'est pas un événement alors d'une certaine importance auquel ne se trouve mêlé le nom d'Ago-

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