Froissart, Citron., y, i3o
6. Voy. les indications données par S. Luce, Froissart, Jbid., p. xl, n. li,
7. Arch. nat., JJ. 86, fol. 157-157'°, n" /i4G (Paris, oct. i358). Lettres de rémission pour Jean Boulengier, procureur de la ville de Laon. 11 avait été arrêté pourles motifs suivants: » qu'il avoit enduit le menu pueple de Laon afin de faire conspiracion en machinant la mort des gros de la ville ou d'aucuns d'eulx, et que ou temps que Rcgnaut de Paris gouvernoit la dicte prevosté il avoit enduit le commun à prendre les chaperons de ceulx de Paris, quija avoient,erré et commis crime en noslre présence, et qu'il avoit aussi enduit le dit commun à ce que l'evesquedeLaon ou ses gcnz pcussent alcr et venir, armez, à Laon, à tant de gcnz d'armes comme il vouldroient, et que la garde de la ville feust baillée au dit evesquc ou à ses geni, afin qu'il y puissent mectre le Roy de Navarre et ses alliez, et que le roy de Navarre devoit mieux avoir le gouvernement du royaume de France que nous qui estions enfes mal conseilliés et que en nous n'avoit loyaulté, ne ne tenions promesses ou
IV. — Quelques faits de guerre seront relates, à la fin de ce chapitre et dans l'un des suivants *, qui sont, comme l'occupation de Melun ou de Creil, comme l'alTaire de Mauconseil, des épisodes de la lutte engagée entre le régent et Charles le MaUvais : siège de Saint-Valery, chevauchée de Philippe de Navarre pour venir au secours delà place, attaque de Melun par les Français. Mais ces événements, de même que ceux qui ont déjà été racontés plus haut, sont loirt de résumer toute l'histoire des deux premières années de la régence. Ce qui ferait le fonds de celle histoire, ce serait bien plutôt l'énumération affligeante et fastidieuse — et qui ne saurait prendre place ici — des pillages, des dévastations et des meurtres dont se souillèrent les Compagnies. Sans doute, les excès que les chroniques et d'autres documents leur imputent, sont dans une certaine mesure inhérents à l'état de guerre; on en trouverait, notamment, des exemples longtemps avant la trêve de Bordeaux, dès les débuts de la guerre de Cent ans^. Toutefois, c'est à partir de 1 357,' que ces excès se multiphent et se généralisent, au point que le royaume le plus florissant de la Chrétienté est, au bout de peu d'années, devenu méconnaissable pour qui l'avait visité au temps de sa prospérité, « J'avais peine à me persuader, écrit Pétrarque, venu en France au lendemain du traité de Brétigny, que ce fût là le pays que j'avais vu autrefois » ^. Et ailleurs : « Je ne reconnaissais presque plus rien de ce que j'avais vu dans ce royaume, jadis si riche et maintenant réduit en cendres ; en dehors de l'enceinte des villes et des forteresses, il n'y avait, pour ainsi dire, pas une maison qui fût restée debout » '♦.
Pour trouver l'origine du mal, il faut remonter jusqu'à la rupture de i356 avec les Navarrais. Comment Philippe de Navarre a-t-il pu sou-
convenances que nous feissiens... » — Il est manifeste, de l'aveu des habitants de Laon, que ce dont ils avaient à s'excuser, en i358, envers le régent, c'était d'avoir pactisé avec « ceulz de Paris », qui « avoient comprins avec eulz, jurez et allez, c'est assavoir Uouen, Biauvais, Senlis, Amiens, Noyon, Suessons, Laon, Reins, Ghaalons, desquelz ilz disoient à faire foy par lettres scellées des dites villes etc. » (Arch. commun, de Laon, CC. 1, fol. 65.)