Ibid
6. « En l'oste) de Chantelou, entre Montlehery et Chastres », disent les Gr. Chron. (VI, 169). C'était une ancienne résidence des ducs de Bourgogne (Er. Petit, op. cil , igS). — Chanteloup; Seine-et-Oise, c" de Saint-Germain-les-Arpajon.
7. Gr. Chr., VI, 169 : « ..» et tous ses enfans et tout son ost es villes d'environ jus ques près de Corbeil et jusques à Lonjumcl... ».
8. Lettres d'Innocent VI à Charles IV, pour lui recommander ses neveux de France et lui demander d'user de son prestige et de son autorité pour le rétablissement delà pAix {Reg. Vat.,'i(io, 2* p., fol. 13". Avignon, tôcal. mars i36o=i5 février i36o, et non i4 février, comme dans Deftifle, op. cit., p. 355, l'année étant bissextile) : « Cum itaque le Deus in excelso imperil solio preesse volucrit, ut sub tuo imperio quantum in te fuerit concordia inter principes et régna vigeat et inter discordantium animos pax resurgat, excellentiam tuam quo sepius viscerosius eo deprecandam duximus et altentius excitandam, quatinus circa pacem et concordiam inter carissimos in Christo filios nostros Johannem Francic et Eduardum Anglie reges illustres auctorc Domino et lue ministerio providentie reformandam et ad liberalioncm dicti Francorum régis intendere velit et efficacem dare pro viribus operam Cesarea celsitudo, ipsosque regem et regnum ac nepotes lues, in annis teneris mullipliciter fluctuantes, suscipere favorabiliter commeiidatos. Jam enim salis servitum est, et jam nimium ire odiisque concessum, ut nunquam cita videatur esse Iranquillitas que longis anle temporibus sperabatur ». — Denifle, op. cit., 355, n. i.
9. Déjà envoyé par lui à la diète de Metz, à la fin de l'année i356 (t. I, ch. vu, p. 376).
10. Hugues de Genève était le troisième fils d'Ame II, comte de Genève, et d'Agnès
REPufSE Di:S NÉ00CIATIO'<ÏS POUR LA PAIX 187
réussir Kl OÙ tant d'autres avaient échoué avant eux *. Antérieurement, le iS novembre de 1 année précédente, une mission semblable avait été confiée au général de l'ordre des Frères Prêcheurs, Simon de Langres, et à un ecclésiastique anglais, le doyen de l'église de Ghichester 2. Il ne semble pas que leurs pouvoirs aient pris lin par suite de la désignation d'Androuin de La Roche et d'Hugues de Genève ^. Grâce aux démarches de Simon de Langres '*, la reprise des négociations fut admise en principe et une" conférence put se tenir à la Maladrerie de Longjumeau le vendredi-saint, 3 avril. Le régent s'y était fait représenter par le connétable, Robert de Fiennes, Jean le Maingrc, dit Boucicaut, maréchal de France, le seigneur de Garencières, Ainard de la Tour, seigneur de Vinay, Sirnon de Bucy, Guichard d'Angle et quelques autres secrétaires et conseillers ^. Le roi d'Angleterre avait délégué pour. le même objet le duc de Lancastre, les comtes de Northampton et de Warvvick, Jean Chandoset Qautier de Masny ; ce dernier, ori-
de Chalou ; frère de Guillaume lit, comte de Genève, il épousa Isabelle, dame d'Anthon, dont il prit le nom et les armes, et testa le 7 novembre i 365. C'était un grand-oncle de Robert de Genève, lo futur pape Clément VII (Anselme, II, lOo-iCi). Anthon ; Isère, arr' de Vienne, c" de Meyzieu.
I. fieg> Val., a/io, 1' p., fol. ao ° (Avignon, 4 mars i36q). A Hugues de Genève, seigneur d'Anthon, pour lui notifier l'objet de sa mission et lui recommander de se mettre en rapport avec l'abbé de Cluny, qui a reçu, de vive voix, les instructions les pUis complètes. — Les nonces' quittèrent Avignon, le 0 mars. Voy. Reg. Aven. Innocent VI, 28, fol. 36" (27 juin 1 36a).
Heg. Val., a4o, a* p., fol. aB" (Avignon, 4 mars). Lettres au régent et à Edouard lll, pour accréditer les deux nonces. Môme registre. Nombreuses lettres, de la même date, à divers personnages anglais ou français, pour leur recommander les envoyés du Pape. Remarquer qu'il y en a une adressée au roi de Navarre (fol. ai").
3. Rymer, III, i" p r p. 455. William de Lynn, doyen de l'église do Chichester, depuis l'année 18/19. — Voy. W. lI.Bliss and C. iohnï>on. Papal iHters, lll, i3/!ia-i302, p. 3'io, 368, 37/i.
3. Beg. Vat., il\o, a* p., fol. 23*» : « Dil. filio Symoni mag. ordinis Predicatorum, apostolice Sedisnunlio: Cum ad pacem...quibus (Andro^no et Hugoni) vive vocis oraculo cxpressim^js seriosius mentem nostram, eisdem per te in hiis que ipsi nuncii pro noslra parle discrelioni lue retuleriut prcstari volumus plenam fidem ». Denifle, 356, n. I.
'4. Les Gr. Ckr. 11c mentionnent à propos de la conférence de Longjumeau ([ue le seul Simon de Làngres. En faul-il rigourepsement conclure que les deux nouveaux nonces n'étaient pas encore arrivés à destination ? Je ne ,sais ; mais le texte de Froissarl quon a allégué {Chron., VI, 3. Denitle, 357, n. ./|) ne signifie rien dans l'espcce, car il se rapporte au traité de Brétigny.
5. Le i" avril i36o, Jean II donnait k son lils aîné pleins pouvoirs pour traiter en son nom avecle prince de Galles (liritish Muséum, Gott. Caligula D. III, n' 82. — Original sur parchemin. — Publ. par Kurvynde L., Froissarl, WIII, p. /(33-43.'j).
l88 DERMÈRE CAMPAGNE d'ÉDOLARO lîf
ginaire du Hainaut, était le seul qui ne fut pas anglais. Bien que le jour choisi pour traiter, — le vendredi-sainl, — eut dû suggérer des idées de paix et de concorde, l'accord ne put se faire .entre les négociateurs ^
Malgré l'annonce des pourparlers, il n'y avait pas eu de trêve. Le jour même de la conférence, les Anglais s'emparèrent de l'église d'Orly, tout près de Paris, qu'on avait fortifiée, coirime beaucoup d'autres de cette région 2. Tel était aussi le cas de l'église de Chastres, qui fut le théâtre d'une scène atroce, très vraisemblablement pendant le séjour d'Edouard III à Ghanleloup, et en quelque sorte sous ses yeux. Il y avait à Chastres un riche f)rieuré de Bénédictins, dépendant du monastère de Sainl-Maur-des-Fossés. L'église conventuelle tenait lieu de paroisse. Elle était assez grande pour que douze cents paysans, — hommes, femmes et enfants, - y eussent cherché et trouvé un refuge. Le clocher, solidement bâti, avait été transformé en donjon, et abondamment pourvu de vivres ; on y avait entassé également les meubles que ces malheureux avaient pu emporter de leurs demeures. Toutes les ouvertures de l'église avaient été bouchées avec soin, et un large fossé creuse tout autour. Un éciiyer,. Philippe de Yillebon, était le capitaine de cettjc forteresse improvisée"^; il avait quelques hommes d'armes sous ses ordres. Cependant Içs Anglais, postés sur une colline qui dominait l'édifice, le criblaient do projectiles, en même temps qu'ils tentaient sans succès des attaques de vive force. Au bout de six à sept jours, le capitaine, craignant que, malgré leur courage, les paysans ne pussent tenir plus longtemps, résolut de les abandonner à leur sort. H se retira donc avec ses hommes d'armes dans une autre tour moins exposée aux coups de l'ennemi, indépendante sans doute de réglise, encore que fort rapprochée. Quand les paysans se virent ainsi sacrifiés, ils en furent indignés et ne songèrent plus qu'à se rendre à merci. Redoutant les conséquences que celle capitulation au;ait pour lui-même, Philippe de Villebon voulut l'empêcher à tout
i. Gr. Chr., VI, 1O9.
2. (lonlin. chron. GuiU.de Nangiaco,\\, ;ioa. — Orly ; Seine, air' de sceaux, e"" de Villejuif
Z. Jean de Venelle le qualifie chevalier, mais dans des lettres de rémission qu'il obtint en février i36i pour les faits qui sont ici racontés, il Oi^t dit simplement écujcr (Arch. nat., JJ. 8«j, fol. r;o3, n" /j58 — Cit. par S. Luce, F/o;^!S(f/7, V, i.xx, n" i). On trouve, en i35o, un Guy de Villebon, cJievalier (Ardu nal , J.I. 78, fol l'iG", n° 2C7 ; août i35o).