‹ Histoire de CharlesChapitre 124 sur 301 · Gr. Chr., VI · texte numérisé non relu

Gr. Chr., VI

igO DERNIÈRE CAMPAGNE d'ÉDOUARD III

Personne ne répondit à ces provocations *. Le régent avait .donné sur ce point les instructions les plus strictes et les plus sévères 2. La semaine se passa à des démonstrations du même genre, et malheureusement aussi à de3 dévastations, que les Anglais multiplièrent pour exaspérer les hommes d'armes du régent et les amener à une rencontre 3.

Le vendredi, 10 avril, l'arrivée de l'abbé de Cluny provoqua la réunion d'une nouvelle conférence, qui se tint également daqs une maladrerie, appelée la Banlieue, située sur la route de Paris à Orléans, à l'extrémité de la plaine de la Tombe-Issoire ^. Les mêmes négociateurs 4ui s'étaient déjà assemblés à Longjumeau, y prirent part, mais ils (•chouèrent aussi complètement que la première fois. Le dimanche iuivanl 12 avril, toute l'armée anglaise se mit en mouvement, de grand Tiatin. Plusieurs détachements allèrent prendre position à là hauteur du faubourg Saint-Marceau, comme pour offrir la bataille aux Parisiens, en réalité pour masquer et couvrir la retraite d'Edouard III 5. Car c'était une retraite qui commençait, compliquée et ralentie par le 3onvoi que l'armée anglaise traînait après elle depuis sa descente à Calais. De Paris, personne ne répondit aux bravades de l'ennemi, quoique la garnison fût nombreuse et résolue. Après deux ou trois heures d'attente, les Anglais firent volte-face et rejoignirent le gros de la colonne. Celle-ci se dirigeait sur Chartres. C'est tout ce que l'on peut affirmer, car, en dépit des conjectures de Froissart 6, les projets ultérieurs du roi d'Angleterre sont fort incertains.

1. Gr. Chr., VI, 170. — Scalacronica, 19S. Cependant cette chronique et Knighion (^t. II, m) parlent d'escarmouches sans importance auxquelles prirent part quelques chevaliers français.

2. Villani, lib. IX, cap. i-xxxv ; Muratori, XIV, col. 699 : « E con provedenza e sollicitudine attendea alla guardia délia citlà et di di e di notte, e di fuori lasciava fare a' nimici il loro volere, non lasciando uscire ne forestier!, ne citadini a fare d'arme, e lutto ciô per buono e savia consiglio ». — Gf. Récits d'un bourgeois de /alenciennes, 34.

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