‹ Histoire de CharlesChapitre 143 sur 301 · Gr. Chr., loc. cil · texte numérisé non relu

Gr. Chr., loc. cil

2. Probablement le lundi 11 mai. Cinq de ces chevaliers oous sont connus par un mandement du 27 mai i36o, adresse aux gens des Comptes, au nom du régent. Ordre de passer en compte à Jean le Villain, receveur général du subside de Normandie, la somme de deux cents florins, baillée, « de nostre volenté et de nostre commandement », « à noz amez et féaux chevaliers, conseillers et chambellans, le sire de Vinay, messire Jehan de Groullée,messire Artaut de Beausemblant, messire Jaques et messire Pépin des Essars, pour faire leurs despenz en alant devers le prince de fJalles. pour recevoir le serement de lui en la ville de Loviers sur le traitié de la pais etc » (Bibl. nat., Fr. 20.41 3, n* 9.)

3. Gr. Chr., VI, 2i4. — Walsingham, Hist, anglic, I, 289 : « Simile sacramenlum dominus Edwardus, primogenitus régis Angliœ, proxima sexta feria praestitit apud Levers. » — ScalacronicOf 196 : «... en la grant moustier de Lovier... ■ — Voy. dans les Gr. Chr., VI, 176-199, le texte du traité juré par le prince de Galles: « Donné à Louviers en Normandie, le XV* (et non le seizième, comme l'a imprimé P. Paris) jour de may, l'an de grâce dessus dit. »

4. D'après Froissart, VI, 22, avant de se mettre en route, Edouard III se serait rendu avec ses Tils en pèlerinage à Notre-Dame de Chartres. — Pour l'itinéraire du roi, d'ailleurs incomplètement connu, voy. les indications données par M. J, Lemoine.à la suite de la chronique de R. Lescot, p. 209.

5. J'adopte la date donnée par un Mémorandum public dans Rymer, parce que'cetle note écrite sur un rôle de la Chancellerie au lendemain de l'événement, me parait l'emporter sur toute autre source d'information : « Mémorandum, quod die lunœ, videlicet decimo octavo die maii anno prœsenti, dominus rex de partibus FranciaR, ubi in guerra sua per ccrtura tempus morabatur, in quadam bargea ad regnum suum Angliae veniens, in portu de la Rye, circiter horam vespertinam, applicuit. » (Kymer, III, i" p., 494.)

Les lir. Chr., VI, 214, font partir le roi d'Angleterre un jour plus tard, le mardi 19 mai. — Même date dans Walsingham {Hist. angl., I, 290).

ala L\. PAIX DE BRKTIGNY

tout auprès de Winchelsea, saccagé par les Français deux mois auparavant *. Là, il montait à cheval, et, ^continuant sa route sans presque prendre de repos, arrivait le lendemain soir à son palais de Westminster 2. Quant à son armée, elle s'écoulait rapidement vers Calais, par les soins du maréchal d'Angleterre, le comte de Warvvick, qui restait en France pour veiller à l'exécution du traité, et en particulier pour prévenir les violations de la trêve ^, La publication de la paix se poursuivait par.tout le royaume, y provoquant les mêmes sentiments de joie et de délivrance qu'à Paris * ; mais trop souvent les maux causés par l'état de guerre ne firent qu'empirer, le licenciement de l'armée anglaise ayant eu pour effet d'accroître le nombre des brigands qu'il fallut, de gré ou de force, — le plus souvent au prix de marchés onéreux, — mettre hors de leurs repaires ^.

L'évacuation des forteresses occupées par les capitaines anglais avait été stipulée à Brétigny, mais aucune date ferme ne fixait l'époque où commencerait la libération du territoire, ni le délai dans lequel elle s'achèverait. Les lettres portant « ordonnance des trêves » s'étaient bornées à édicler le maintien du slaiii qiio, en ce qui touchait les u rançons » payées aux « ennemis ». Elles continueraient à. ê^re acquittées, comme par le passé, sans augmentation, ni diminution, les Compagnies devant se procurer de gré à gré ce qui manquerait pour leur subsistance ou leur entretien ^. Le traité de paix allait plus loin.

1, Voy. la note précédente.

a. Rymer, IH, i* p., ^g4 :<«..• et exinde statim equitando,in crastino apud palatium suum Westmonastericnsc, quasi bassa hora nona, accessit... »

3. Gr. Chr., VI, 21 4. L'armée anglaise passa la Seine au Pont-de-l'Arche (ibid. et Froissart, VI, 246), la Somme, à Picquigny (Froissart, loc. cit.)

h. Gr. Chr.f loc. cit. — Bibl, nat., man. fr: a6.oo3, n" 998 : « Despense commune de le viconté de Caen du tarmc de la Saint-Michiel GGGLX, faite et rendue à la court par Aymar Bourgoise, viconte illoc... » Mention de deux messagers envoyés « pour aller à Baieux, porter unes lettres de mess. Loys de Harecourt, lieutenant de mons. le duc, pour faire cryer la paizet le Iraitié d'entre le Roy nostre sire' et le roy d'Engleterre; le xviii* jour de may... » D'autres messagers sont envoyés le 19 mai pour le même objet, à Falaise, Vire, Ponlorson, Argences, Troarn etc. »

5. Gr. C/ir., loc, cit. : « ... mais elles furent mal tenues (les trêves) en pluseurs lieux, par especial des Anglois; car pluseurs scmislrent àestre espieurs de chemins, et par manière de roberic faisoient pis que ilz ne faisoient en temps de guerre ; car ilz tuoient les gens que ilz trouvoient par les chemins et roboient tout. »

6. Gr. Chr , VI, aoS 20G. « Les lettres de Monseigneur le régent contenans l'ordenance des trievcs. » (7 mai i3Go) : « Item, pour ce que aucunes garnisons des gens du roy d'Angleterre demourroient par aucun temps en aucunes forteresses ou chas-

l'exécution du traité ai3

Il y est question, dans deux articles, de la délivrance des lieux forts, pris et détenus par le roi d'Angleterre, ses n sujets, adhérents ou alliés » *. Celte délivrance s'elTectuera aux « coûts et frais o d'Edouard III, mais seulement après qu'il aura été mis en possession du comté de Ponthieu,du comté de Monlfort, de Saintes et de toute la Sainlonge, d'Angoulème et de tout l'Angoumois^. A supposer même que l'exécution du traité ne subît aucun relard imprévu, les régions foulées par les Compagnies étaient condamnées à supporter longtemps encore leurs exactions 3. C'est dans les environs de Paris, — dans l'Ile-de- France, la Picardie et la Brie, que les habitants des villes closes, comme ceux du plat pays, paraissent avoir envisagé avec le plus d'effroi la continuation d'une servitude dont ils avaient durement pâti. Pour s'y soustraire le plus tôt possible, ils s'imposèrent de nouveaux sacrifices d'argent ^. Le i3 mai, de l'aveu du régent et peutêtre sur son ordre ^, une convention fut passée entre les représentants

(eaux en France, ou ailleurs ou royaume de France, nous voulons el accordons que ilz puissent lever telcs raençons, et en téle manière comme eulz les ont levées el tenues avant ces ouvres (sic. al. trêves) pour leur vivre et pour la garde des diz chasteaux et iorteresses sanz ycelles croistre, tant comme ilz demourront es lieux dessus diz, et que ilz puissent franchement achater el emporter vitailles el les aient à fuer et à raison aussi comme les autres genz des lieux et des pais environ les achèteront, sanz fraude et sanz malice, mes qu'ilz ne preignent, ne pillent, n'emblent forteresses ou facent autres maléfices. » — Arch. nat., X'* 18, fol. 71 (ii mars i^G/») Impr. par S. Luce, Hist. de B. du (suesdin, 585 : « ... super eo... quod in generali tractalu facto prope Carnotum... inler cetera ordinatum extiterat quod fortalicia et castra, per inimicos regni Francie occupata, in suo statu remanerent sine diminu* cione vel augmento redempcionum, viverentque de et super redempcionibus prcdiclis, donec certi articuli in predicto tractalu prolocuti, realiter el de fado fuissent adimpleti... » •

I. Art. 28 et 39 du traité de Brétigny (Gr. Chr., VI, igi-192).

a. Celle importante question fut réglée par des lettres spéciales données à Calais le a4 octobre i 36o (Arch. nat.. J. 638, n° 7"'*. Litlera super divisione el liberacione fortaliciorum. — Rymer, III, i* p., 535-536. Litlera super liberatione fortalitiorum). La délivrance se ferait en plusieurs fois (d'où le mot divisio) et à chaque délivrance partielle correspondrait la remise par le roi de France d'une des provinces spécifiées à l'art. a8 du traité de Brétigny.

3. Arch. nat.X'* i8, uhi supra (voy. ciwlessus, p. 212, n. 6) : « ... Donec certi articuli in predicto tractalu prolocuti, realiter et de facto fuissent adimpleti, que tamen absque longi temporis intervallo non poterant adimpleri. »

'4. Pour ce qui suit voy. deux arrêts du Parlement, déjà publiés en toiit ou en partie par S. Luce (ffist. de Bertrand du Guesclin. Pièces justifie , n" xx, li).

5. « El ob hoc, dit un arrêt du m mars i3(54 (Arch. nat., X'* 18, fol. "]}) aliquiconsiliarii.prefati primogeniti nostri, attcndenles quod expediciô prediclorum fortaliciorum et castrorum longam recipiebat dilacionem, considérantes evidentem iitilitatem regni predicti etc. >.

2l4 I-A^ PAIX DE BRÉT1G:<T

de la municipalité parisienne d'une part *, le comte de Warwick et le captai de Buch de l'autre^, pour le rachat immédiat, au prix de 2/1.000 écus d'or à payer avant la fête de Saint Jean-Baptiste, d'un certain nombre de forteresses 3, qui, au nord, à l'est et au sud-ouest, gênaient le plus les communications de Paris avec le reste du royaume. C'étaient la Hérelle, la Neuville-cn-Hez, le Pont-S''-Maxence, Lihus, Farcheville, Itteville, Boissy-le-Sec, Chevreuse, la Ferlé-sous-Jouarre '♦. Les habitants de Meaux étaient surtout intéressés à obtenir le départ des ennemis de la Ferté-sous-Jouarre ; ils se soumirent, pour l'obte-

1. En r„.x.itc, la convention fut conclue, du côté dos Français, par des conseillers du régent, des membres de la nnunicipalité parisienne et plusieurs bourgeois de Paris : « ... establiz personelmentcn la présence de nous notaires publiques. . , nobles et saiges hommes mess. Raoul de Reneval, Regnault de Coulions et Symon de Bucy, chevaliers, maistre Jehan des Mares, Jehan Gudoe, prevost des marchans, maislrc Geffroy le Flamanc, Jehan Quocatrix de Bonnes, Symon Bourdon, eschevins de la ville de Paris, Jaucien de Hangest, Symon de Liste et Jehan le Voyer, bourgois, demouranz à Paris, et chascun d'eux pour soy et pour le tout ont promis par leur foy... paier et rendre clc». (Arch. nat., X'* 20, fol. 3i8'"-3iy. — Luce, Pièces justif., n* xx). Les personnages en question ne sontpas de simples négociateurs ; ils s'obligent personnellement à payer les sommes spécifiées dans la convention.

2. Le texte visé dans la note précédente est la convention passée avec le maréchal de Warwick, à qui il est promis la moitié de la somme totale (12.000 écus) ; mais pareil engagement avait été pris avec le captai de Buch :<«... mediante summa viginti quatuor mille scudatorum auri, de quibus duodecim milia solverentur comiti de Warvic, marescallo Anglie, et duodecim mille cuidam militi, le captai de Bof nuncupato... » (Arch. nat., X'^ 18, fol. 71. — S. Luce, P. J., n* u).

3. Au nombre de dix d'après un premier arrêt: « ... ultra tenorëm dicti tractatus tractaverant et accordaverant quod decem fortalicia, per prefatas inimicos occupata, in predictis partibus cxisUncia... cxpeJirentur... » (Arch. nat , X'* 18, fol. 71). La convention avec le maréchal de Warwick, qui énumcre ces forteresses, n'en nomme que neuf, pciut-ètre par suile d'une omission commise par le scribe du Parlement, dans sa transcription (Arch. nat., X'* 20, fol. 2 18-218'").

A. La HérclIc ; Oise. arr. de Clermont, c" de Breteuil; la Neuville-en-Hez ; Oise, arr. et c"" do Cicrmont ; Pont-S"-Maxence; Oise, arr. de Senlis, ch.-l. de c" ; Lihus ou Mannevillellc ; Oise, arr. de Beauvais, c°" de Marseille-le-Petit.

Farcheville; château aujourd'hui détruit; ancien écart de Bouville ; Seine-et-Oise, arr' et c"° d'Elanipes ; lllcville ; S.-ct-Oisc, arr. d'Etampes, c°" de la Ferté-Alais; Boissy-lc-Sec ; S ot-0., arr. et c°" d'Etampes ; Chevreuse; S.-el-Oise, arr. de Rambouillet, ch. I. de c".

La Ferté-sous-Jouarrc ; Scinc-ct Marne, arr. de Meaux, ch. I. de c". Le (j septembre i3Go, James Audicy donne quittance à sept chevaliers français, dont le Bègue de Villainnes,de la somme de 2.000 moulons d'or, du coin du roi Jean, « en quoy les diz choalicrs et chascun d'euls pour le loutestoient tenus et obligés soulz leurs seauls à Thomas Bagourd, escuier anglois », serviteur et familier dudit James Audley, « pour la délivrance de la Ferté soubz Jourre ». (Bibl. nat., Clairambault, XXXIX, n- 70).

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