LE PREMIER TERME DE LA RANÇON
de jours auparavant, le la juillet, le régent lui-même s'était rendu k Saint-Omer, pour être mieux à portée de surveiller cette grande opération financière *.
C'est probablement avant de quitter Paris que Charles avait acheté d'un marchand de Gênes. Jeannot Adorne (Gianotto Adorno) ^ depuis longtemps fixé en France et fournisseur attitré de la famille royale 3, un diamant valant a.aoo royaux d'or, dont il fît présent à Jean II, quand celui-ci « revint d'Angleterre », c'est-à-dire sans doute au mois d'octobre, lorsque le père et le fils se revirent, pour la première fois, à Calais.
L'été se passa à lever le subside. Partout les commissaires étaient à l'œuvre ; Jean le Mercier, appelé à une si haute fortune soUs le règne de Charles V, avait été envoyé en Normandie, dans le propre ai^anage du régent *. La législation monétaire élait, surtout par la répression des fraudes, une abondante source de revenus, qu'on se garda de négli-
p. 333. — Delisle, Mandements^ 8io, 823, io43. — Jarry, La vie publique de Louis d'Orléans, p. Il et suiv. — Bibl. nat., P. Ô. Boistel).
Jacques le Riche, officiai de Thérouanne ; plus tarJ, doyen de Paris, maître des Requêtes de l'Hôtel, et investi fréquemment, lui aussi, de missions diplomatiques (Arch. nat., LL. io6», fol. 3^8, 7 mars i363 ; Gallia, VII, col. 211. — Delisle, Mandements, 160, a8i. — Aubert, ubi supra, p. 33o.)
I. Gr. Chr., VI. 2i5 : « .. et le dymenche ensuyvant xii* jour du dit mois, le dit régent parti de Paris pour aler à Saint-Omer, pour faire acomplir ce que il pourroil du dit traictié, afin que le roy de France, son père, feust délivré. »
a. Bibl. nat., P. O., 268, d. 5866, Belenati, n» 6 (i6juin i36i). Quittance donnée par Bernard Belenati, mercier et bourgeois de Paris, à Jean d'Orbec, « trésorier de France et de Normandie », de 2.200 royaui d'or, qui lui étaient dus « pour un dyamant ... paie à Jehennot Adorne, marchant de Genne, lequel Mons le duc de Normendie acheta pour donner au Roy nostre sire, quant il revint d'Engleterre, si comme il appert par un mandement de Mons. le duc etc. »
3. Arch. nat., KK. 7, fol. 53" (i35o). Achats faits parle duc de Normandie (Jean II) à Jean Adorne. — « Jeannot Adourne, marchant de Gennes » (P. O. 10, d. 236, Adorne, n' 3, 28 mai i362).
4. Bibl. nat., Fr. 35.701, n° 179 (8 juillet i36o, Paris). Mandement du Régent « à nos amez et feauli conseillers Jehan d'Orliens et Jehan d'Orbec, nostre trésorier en Normendie, et aus vicontcs de Rouen, de Gaen, de Gaudebec, de Monstrevillier et d'Arqués » de faire bailler et délivrer « pourveance de vivres » par leurs « lieux et vicontez » à Jean Le Mercier « clerc de Monseigneur et le nostre sur le fait de la finance que ordenée avons en nostre dit pais pour la.redempcion de Monseigneur », avec la mission de « chevaucher de bonne ville en bonne ville et de viconté en autre devers les commissaires, pour haster et avancer la dite finance, afin que elle puisse estre preste et rendue à Saint Omer au jour que dit est es commissions ainsi que celles des autres contrées du royaume... » — H. Moranvillé.