LA PAIX DE BRÉTIGNY
ger ^ Malgré tout, le résultat ne répondit pas, sinon aux prévisions, ^— il était difficile de se montrer optimiste à une aussi triste époque, — du moins aux exigences de la situation. L'échéance venue, il fut impossible de payer plus de 400.000 écus à Edouard III, qui n'en tira pas prétexte pour retenir son prisonnier ; il lui rendit la liberté, à condition que les 200.000 écus restants seraient acquittés en deux termes égaux, à Noël de la même année et à la Chandeleur de l'année suivante 2. Le roi d'Angleterre comprit sans doute que tout ce qu'il était humainement possible de faire dans un délai aussi court avait été accompli. C'était déjà merveille que dans un royaume, foulé et pillé depuis si longtemps, on eût réuni en quatre mois les deux tiers de la somme totale. Que de dépenses urgentes risquaient d'absorber l'argent de la rançon avant qu'il eût été centralisé à Sâint-Omer ! Jean II s'était endetté pendant sa captivité. Son entretien, à Calais, était fort onéreux pour le trésor royal. Edouard III avait pris cet entretien à sa charge pendant le premier mois, mais il réclamait 10.000 écus pour chacun des autres mois. En somme, il est vraisemblable qu'en dépit de défenses réitérées, les fonds destinés à la rançon reçurent plus d'une fois une affectation différente ^. L'écart entre le rendement réel du subside et ce qu'il aurait dû donner tint-il à une exagération dans les prévisions officielles ? Les communautés d'habitants furent-elles impuissantes à parfaire les sommes pour lesquelles elles figuraient sur l'état de répartition ? Je ne saurais le dire. Ce qui paraît probable, c'est qu'il y eut peu de déchet dans le recouvrement des cotes, mais que beaucoup de villes ne purent se libérer dans le délai trop court de quatre mois. Que les 100.000 écus promis par la ville et vicomte de Paris aient été versés effectivement et avant l'expiration du délai, la chose n'est
1. Bibl. nat., Fr. 25.701, n° 177 (mai ? ou juin ? i3Go). Lettres du régent. Remarquez-y des inexactitudes voulues : « Comme .... il nous convienge paier [à Iroiz sepmainesj de la festc de la Nativité Saint Jehan-Baptiste prochainement avenir, ausquelles troiz sepmaines Monseigneur et le dit Roy d'Kngleterre [doivent venir ? à Saint] Omer, six cens mille viez escuz, du coing de nostre très chier seigneur et ayeul le Roy Phelippe, que Dieu absoillc !.. »