DKLIVRANCE DE JEAN II
dans la vieille Casliîle, à la frontière de la Navarre *. C'est là qu'il termina obscurénioiil son existence, en 1872, non sans avoir vu se dérouler, sous ses yeux, quelques-uns des épisodes de la guerre entre Pierre le Cruel et Henri de Trastamare '^.
VI. — Il a déjà été dit que le nombre des actes passés à Calais est considérable. Tous portent la date uniforme du ilx octobre. Chaque article du traité fut repris séparément, inséré dans des lettres distinctes et confirmé à nouveau, comme s'il eût dû acquérir par là une force particulière. Vaines précautions, car la brèche existait déjà, que les légistes de Charles V sauraient bien élargir, de façon à ruiner le traité tout entier.
L' (( amitié » etl' « alliance », où l'on avait cru trouver de nouvelles garanties pour la paix, ne devaient pas être moins impuissantes ^. Charles V se prévaudra plus lard contre Edouard III des .obligations nouvelles créées de ce chef au monarque anglais. Il lui reprochera de n'avoir pas été fidèle à l'alliance contractée, en tolérant lesentrepi'ises de ses sujets contre la paix et la sécurité du royaume de France^.
VII. — Le dimanche 26 octobre, Jean H fut « pleinement » délivré de (( sa prison 0 ^j sa captivité avait duré quatre ans et trente-six jours.
cetera contineJjalur, qiiod si, contra i{)sius cpiscoj)i voluntalem ac luam, translalio hujnsniodi factu contingeret, sancta mater ccclesia, ut verbis tiiis utamur, injuriam libi et villaniam faccret, qiiodque a cerlo, si ita csset, omnibus viis et modis quibus bono modo posses, liinc facto negocio providcrcs ; cum illud, si faclum protinus extilisset, — quod non nisi ex rationabtlibus processisse causis per tuam erat excellenciam supponendum — regia debuisset benignitas progenilorurn luorum catliolicorum piincipum, de quorum generoso slipite lui traxisti natalis originem, polcnli defensare brachio et regia benivolencia et favore potius prosequi, quam de apponendis pro tue volunlatis arbitrio remediis, quod utique non convenit calholico principi, cogitare etc. ».
1. Voy. ce que j'ai dit moi-même de celte disgrâce : La bibliothèque d'un avocat du XIV' s., Paris, 1887, in-b°. (Extrait de la Nouv. revue histor. de droit français et êlranfjer. )
2. C'est à Calaliorra, qu'en 1 306, Henri de Trastamare fut proclamé roi de Casliîle par son armée, dont l'un des capitaines était Bertrand du Guesclin.
3. Arcli. nat,, J. C3g, n°' i5 à i5 ^ » Confederaciones seu alligancie in'er Heges Francie et Anglie. » — Rymer, 111, r° p., p. 53o-53i.
li. llr. Chron., VI, 297-30/4.
5. Gr. Chron., VI, 217-218. — Edouard lit délia Jean II de ses promesses et serments de rester « loyal prisonnier », lui donna « congé et licence » de s'en aller