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CHAPITRE VU

Le Dauphin à rhôtel Saint-Pol.

I. Situation faite au liis aîné de Jean II par la paix de Brcligny. Son elTaccnient momentané. Mort de ses deux lilles. F^e Palais royal de ta eilé ; souvenirs qu'il rappelle au dauphin. — 11. Jean II au Palais. L'ambassade de Pétrarque. Jugement qu'il porte sur le lils aine du roi de France. — m. Le quartier Saint-Pol. Pourquoi le dauphin y a lixé sa résidence. Acquisitions successives : l'hôtel d'Elampes, l'holel et le jardin des religieux de Saint-Maur, l'hôtel des archevêques de Sens, etc. L'installation à Saint-Pol. Premiers travaux exécutés pour le dauphin. — IV. Le château de Melun. 11 est réparé et aménagé par le dauphin. Duel de F'oucaut d'Archiac et de Maingot Maubert, au marché de Meaux. Pourquoi Edouard III prend ombrage de cette rencontre. — V. Le dauphin à Kouen. Impositions extraordinaires pour le rachat de Ibrleresses encore occupées par les .Vnglais. Jean de Fricamps chambellan du duc de Normandie. — VI. Retour de Charles à Paris. Mort île Philippe de Rouvre. La succession de Bourgogne. — VU. Organisation de l'Hôtel du dauphin. Les six Oflices. Le personnel réglemeniaire et le personnel « hors ordonnance ». L'hôtel de la dauphine. Lebudgel du dauphin. Revenus qu'il tire de la Normandie et du Dauphine. — VllI. Philippe Gilier, trésorier de Dauphine.

I. — Le retour de Jean II replaçait le daiipliin clans la situation d'où l'avait brusquement tiré le désastre de Poitiers. Pendant la captivité de son père, il avait, sans investiture régulière, par la force des circonstances, tenu la place du Koi. f^a paix conclue, il Jie pouvait plus se dire ni régent du royaume, ni lieutenant du Uoi ; mais il demeurait l'héritier delà couronne, et déjà il était visible qu'il la porterait dignement*. Dauphin de Viennois, duc de Normandie, il était en nicsurc

i.Ses qualités morales, et notamment sa maturité précoce, axaient fait impression sur Pétrarque, qui eut occasion de le voir e*. de l'entretenir au commencement de l'année iSrii : « \osce inifù uideor régis adolescent is canuni et senilem r//u/num, écrivait il plus lard, ar pr.-ecipuatn qunmdain urhaiiitntein limjuœque modestiain inaynis mihi oUm in rébus expertam ». Ce témoignage tlalteur estd'aulant moiub suspect que ces ligues

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de faire grande figure ', d'avoir une politique personnelle et un parti. Rien n'indique qji'il ait été tenté de jouer le rôle que, quatre ou cinq ans auparavant, le roi de Navarre lui avait peut-être suggéré.

Au lendemain de la paix de Calais, il déposa le pouvoir sans regret, sinon même avec joie pour mener une vie plus calme, conforme à ses goûts, et rendue nécessaire par l'état précaire de sa santé.

Une autre cause pouvait lui faire désirer une retraite momentanée. Au plus fort des négociations de Calais, le ai octobre il perdait sa fille aînée, Jeanne, morte à l'abbaye de Saint-Antoine-des-Champs"^ ; la seconde, appelée Bonne comme son aïeule maternelle, succombait peu de jours après, le 7 novembre, au Palais Royal 3. Laissant son père à Hesdin, tout aux divertissements par lesquels on fêtait son retour, le prince revenait en hâte à Paris, pour assister, le i3 novembre, à une double inhumation faite à l'abbaye de Saint-Antoine. Son chagrin

ont clé écrites en i368, c'est-à-dire à une époque où Pétrarque était très irrité contre Charles V, qui voulait empocher le pape Urbain V de rétablir à Rome le siège de la papauté. Voy. S. Luce, Hist.de Bertrand du Gaesclin, p. 35o.

1. Tout en faisant très large la part de la phraséologie familière à toutes les chancelleries, il y a lieu de tenir compte des termes d'un acte de Jean II, par lequel il attribue à son fils aine la juridiction du village de Dammarie — possession de l'église de Saint Martin-de-Tours — compris dans le ressort de la chàtellenie de Melun, qu'il lui a donnée pour racc/omemen^ de son état (ad incremenluni slalusj : « Nos tenentes qu(»d dictus primogenitus noster sit una eademque persona nobiscum, et attendenles quod quicquid lenet et possidet in regno nostro, habet et tenet ut in manu regia et nomine nostro, et veraciter personam nostram regiam representans, cum jus noslrum regium et corona Francie ex sui excellent! nobilitate, in successione consistant ». (Recueil des ordonn. des rois de France, 111, AS»»; avril i3Gi).

2. Histoire tjénérale de Paris Ëinlaphier du Vieux-Paris, l, p. iî3-i34, n" 310 : « Cy gist. madame Jehanne, aisnée fille de Mons. Charles, aisné filz du Roy de France, régent le royaume, duc de Normandie et dalphin de Viennois, et depuis roy de France, et de Madame Jehanne de Bourbon, duchesse de Normandie, dalphine de Viennois, depuis royne de France, qui trespassa en l'abbaye Sainct Anlhoine-lez- Paris, le vxi' jour d'octobre Tan de grâce mccclx. Priez Dieu pour l'àme d'elle ». La petite princesse était née en septembre i357 (Anselme, I, 110), dans les tout derniers jours du mois (Er. Petit, f/isl. des ducs de Bourgogne de la maison Capétienne, t. IX, p. 88). — Le io février i36i, le dauphin, étant en l'hôtel Saint Pol, donne aoo royaux d'or à « Aruouletc, famé Girart Luilier et norrice de Jehanne, noslre ainsnée fille », restée à son service. (British. Muséum, Add*' Charters, i.172. — Joursanvault).

3 Ibid., p. i3/i, n° 2 1 1 : « Cy gist Madame lionne, seconde fille de Monsieur etc. qui trespassa au Palais le vu' jour de novembre l'an de grâce mccclx etc. ».

Les deux monuments furent brisés et leurs débris vendus en 1793, lors de la démolition de l'abbaye.

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