‹ Histoire de CharlesChapitre 19 sur 301 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

6. Gr. Chr., Vi.iiia : « Et i chevalier appelle Mons.Arnault de Cervole,seurnommc l'arceprestrc, qui venoit au mandement du dit regcnt, acompaigné de grant nombre de genz d'armes, se mist avccqiies les dictes gens du pays devant la dicte forteresse de Malicorne. Mais Hz s'en partirent honteusement san: prendre la dicte forteresse».

L'attitude amliiguë qu'il eut dans cette circonstance, et dans d'autres encore, l'avaient rendu plus que suspect à Charles V. L'auteur des Grondes Chroniques, en relatant la mort de l'Archiprêtre (i3G(>), fait suivre cette mention d'un véritable réquisitoire, qui se termine ainsi : « Si ne fu pas merveilles, se l'en fu liez de sa mort i> (VI, 2lxi).

7. A. Chérest, op. cit., 76-75. — Voilà ce que l'on peut dire ou conjecturer, d'après les sources connues et utilisées. La chronique de Thomas Gray ajoute à ce t.«e l'on sait par ailleurs quelques détails nouveaux. Ln lieutenant de Knolles, " Joha Waldbouf, engleis », avait fait prisonnier l'Archiprêtre et traité avec lui. A ce moment, Arnaut de Cervole aurait voulu ou feint de vouloir se faire Anglais. Plus lard, un guet apens aurait été tendu par lui à « Waldbouf », qui serait mort assassiné dans sa prison {Scalacronica, i8a-i83).

Histoire de Charles V.— II. 8

34 tA GUERRE CONTRE LE ROI DE NAVARRE

L'impuissance ou la défection de l'Archiprêtre débarrassait KnoUes du seul adversaire sérieux qu'il eût pu trouver sur son chemin. Cependant un premier assaut donné à Auxerre le lo janvier fut repoussé*. Mais, deux mois après, jour pour jour (lo mars), une surprise rendait les Anglais maîtres de la place. Depuis quelque temps déjà ils s'étaient concentrés à Regennes. Le dimanche des Brandons, « avant le point du jour », ils arrivèrent en force sous les murs d'Auxerre, où personne n'était sur ses gardes. La muraille fut escaladée entre la porte Saint-Siméon et celle d'Eglcny 2, Avant l'heure du lever du soleil, l'ennemi tenait la ville et le château. Auxerre comptait pourtant une nombreuse population et pouvait armer deux mille hommes. Néanmoins, la résistance fut à peu près nulle. Knolles gagna ce jour-là ses éperons de chevalier, et du coup fit une des meilleures opérations de sa vie, car le nombre des prisonniers fut considérable Un des fils du comte d'Auxerre, Guillaume de Ghalon, était logé au château ; il y fut pris, ainsi que sa femme, et beaucoup d'autres qui se trouvaient avec eux eurent le même sort ^. Le pillage s'effectua avec ordre et méthode; rien n'échappa aux Anglais. Vainement, les objets de nature à tenter leur convoitise avaient-ils été cachés u en terre, en murs ou autre part » ; toutes les cachettes furent éventées par l'ennemi. Le gain fut d'autant plus fructueux que les copartageants n'étaient pas plus d'un millier d'hommes et que le butin s'éleva au moins à la somme de Soo.ooo moutons d'or, sans compter les rançons. Quand ils ne trouvèrent plus rien à prendre, les Anglais convoquèrent les notables et leur proposèrent de se racheter, c'est-à-dire de payer une rançon pour la ville ; faute de quoi, elle serait brûlée en tout ou en partie, et les habitants, échappés au désastre, contraints de jurer « bonne et loyale » obéissance à leurs vainqueurs.

1. Abbé Lcbcuf, Mémoires sur l'hist. ecclés. et civile d'Auxerre, édit. Clialle et Quantin, l. lll,p aSa. Th. Gray mentionne cet échec (Scalacr., i83).

a. Ibid. et n. 3. — La porte Saint-Siméon s'ouvrait au Nord-Ouest, dans l'axo de ta rue actuelle de Paris. Elle donnait accès à la route de Joigny. La porte d'Egteny s'ouvrait à l'Ouest (direction de Montargis).

3. Gr. Cliron., VI, i68. — Le comte (l'Aiixerre, Jean III de Chalon, était prisonnier en Angleterre, s'élant fait prendre à la Ghabotrie, ravant->eille de la bataille de Poitiers. Guillaume de Glialun, dont il est ici question, ne doit pas être confondu, comme il l'a été généralement, avec son frère, Jean IV de Ghalon, Pur» des principaux clicfs de l'armée française à Goclierel. Guillaume de G. était mort avant la fin de l'année i3Go (Arch. nat., JJ. 89. fol. 189, n" 4^9; décembre i3Go).

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