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LE VOIAGE DE NORMANDIE

cours de la même année, il lui marqua plus d'une fois sa bienveillance, par des dons en argent, car Fricamps fait prisonnier, — on ignore dans quelles circonstances ', — avait une rançon à payer '^.

VI. — Le duc de Normandie dut quitter Houen vers le aa novembre; à cette date, il faisait tout au moins ses préparatifs de départ ^, et le 25 novembre il était à Pont-de-l'Arche *. 11 est possible que son retour ait été avancé par un événement d'une portée considérable, mais auquel la cour de France était préparée. Le 31 novembre i36i, mourait de la peste, au château de Rouvre, le dernier héritier des ducs Capétiens de Bourgogne, un enfant de quinze ans, récemment émancipé par Jean II, son beau-père^. Dans son testament, fait dix jours

1. Peui-tlre à Juigné-sur-Sarthe, avec du Guesclin, ou dans quelque rencontre plus obscure.

2. Paris, 2O décembre iSfii. — Mandement du dauphin à Jean d'Orbec de payer i.ooo écus d'or à Jean de Fricamps « en rabatel dcducion de certaiime somme d'argent, la quelle nous avons pieça donnée à noslre amé et féal chevalier... pour cause de sa raençon... »(Brilish Muséum, Add'' Charters, lii']b. — Joursanvault). Edouard 111 lui avait avancé, ainsi qu'à Guillaume de Vierville et à Guillaume d'Argoulcs, écuycrs de Normandie, comme Friquet, prisonniers des Anglais, une sonmie de 2.100 écus d'or du coin de Jean et 20 marcs d'argent du poids d'Ulrccht (« et viginti inarcas de pondère Trajectensi »). Il est à remarquer : 1° que la femme de Jean de F. s'appelait Marie de Vierville ; l'un des deux écuyers était donc le beau-frère ou le neveu de Friquet ; 2° qu'Argoiiles est situé en Picardie (Somme, arr'd'Abbeville, c" de Hue) ; mais que les Fricamps étaient précisément une famille picarde implantée en basse-Normandie (P. R. O. Diplomatie Documents, Exchequer, iCtSs. Reconnaissajice notariée du 3 août i363).

3. Rouen, 22 nov. i3Gi. Mandement aux gens des Comptes (Bibl. nat., Fr, 26.701, n* aao).

!t. Bibl. nat., Clairambault, CLX,XVI1, n° 87 ; Français ao./ioa, n. 3. — Il était encore au Pont de l'Arche le a8 nov. (Bibl, nat., Fr. 35.701, n' 221 ; — P. O., i3a2, d. ag.gi/i. Gieucolrt, n» 8), et le i" décembre {Ibid., Fr. 26.701, n* 222).

.\u départ, comme à l'arrivée, le dauphin fit son pèlerinage à la chapelle de Sainte- Catherine-du-Mont, près de Rouen (Bibl. nat., Fr. 20./J02, n» 3'j, i" nov. i3Gi ; n" 33, 33 nov. i36i).

5. Gr. C/w., VI, 223 : « Item, le xxi* jour du mois de novembre ensiiyvant, mourut à Rouvre, prés de Dijon, Phelippe, duc et conte de Bourgoigue, conte d'Artoys, d'Auvergne et de Bouloigne, de l'aage de xiii ans ou environ». Il y a là une erreur, qu'il ne faut pas corriger en se reportant à l'acte d'émancipation de Philippe de Hpuvre. daté du ao octobre i3()o, où il est dit qu'il a est en l'aage de (juinzc ans ou environ », car ceci est inexact aussi. Le jeune duc, né à la fin d'août ou au commencement de septembre i3'iO, a\ait un peu plus de i5 ans au moment de sa mort. Son beau-père l'avait émancipé à l 'j ans, âge de la n)ajorité dans les grandes familles

288 LE DAUPHIN A l'hÔTEL SAINT-POL

auparavant, il n'avait pas voulu « assumer la responsabilité d'un partage, dont les clauses n'auraient coupé court à aucune prétention* ». Il s'était contenté de dire : « Item ordonnons et instituons nos hoirs en nos terres, palis et biens, quelqu'ils seront, ceux et celles qui par droit ou coutume du paiis le devent ou puent estre^ ».

Ses plus proches parents étaient, dans la ligne maternelle, les oncles de sa mère, Jean de Boulogne et son frère le cardinal 3 ; dans la ligne paternelle, sa grand'tante, Marguerite de France, veuve du comte de Flandre, Louis de Nevers, la belle-sœur de son aïeul Eudes IV, et enfin les fils de Philippe VI : le roi de France Jean 11 et son frère le duc d'Orléans, cousins du défunt au cinquième degré, tandis que la vieille corntesse de Flandre était sa parente au quatrième degré. D'après les règles posées par notre Gode civil, il n'y aurait eu, comme copartageanls, que Jean de Boulogne et son frère pour une moitié*, et Marguerite de France pour l'autre moitié. Dans l'espèce, les conséquences de ce partage auraient été assez singulières. Au xiv" siècle, les successions immobilières, ou mieux la succession aux propres, étaient régies par le principe : Pater na paternis, materna maternis. A la mort

féodales (Er. Petit, Hisl. des ducs de Bourgogne de la race Capétienne, t. VII, p. ^o-Ai ; t. IX, p. a, 0. I, 228).

Le duc était depuis une dizaine de jours « gisiens de malaidie », ainsi que cela résulte des termes de son testament (D. Plancher, Hist. de Bourgogne, t. II. Preuves, noCGIV. — Ghérest, UArchiprêtre, p. i38, n. 2).

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