‹ Histoire de CharlesChapitre 198 sur 301 · D. Plancher, op. et loe. cit. — Gliérest, ubi supra · texte numérisé non relu

D. Plancher, op. et loe. cit. — Gliérest, ubi supra

3. Sa mère, en effet, ne mourut pas le 21 nov. i36i, comme S. Luce l'a écrit par erreur (Froissart, VI, xxxvii, n. 3). Elle était morte également de la peste le 29 septembre i3Go, ou peut-être la veille (Ghércbt, op. cit., p. i38. — E. Petit, Hist. des ducs de Bourgogne, IX, p. 218).

Jeanne de Boulogne, reine de France, enlevée dans sa trente-quatrième année, était fille de Guillaume XII, comte d'Auvergne et de Boulogne, et de Marguerite d'Evreux. En premières noces, elle avait épousé Philippe de Bourgogne, mort en i3/i6, dont elle eut Philippe de Rouvre. Elle se remaria le 19 février i35o, à Jean, duc de Normandie, qui, la même année, monta sur le trône de France.

Elle avait pour oncles Jean de Boulogne et d'Auvergne et le cardinal Gui de Boulogne, issus l'un et l'autre du second mariage de Robert VII avec Marie de Flandre, tandis que le père de Jeanne, Guillaume XII, était le fils de Robert VII et de sa première femme. Blanche de Glermont (Anselme, VIII, 56 et 67. — S. Luce, Froissart, VI, xxxvii, n. 3).

/i. On pourrait dire Jean de Boulogne pour une moitié, car soii frère, le cardinal, ne parait pas avoir jamais élevé de prétentions à la succession de Bourgogne, pas plus que le frère de Jean II, le duc d'Orléans.

LA SUCCESSION DE nOURGOGNE 289

de Philippe de Rouvre, on ne l'appliqua pas dans toute sa rigueur, ce qui eût été préjudiciable au roi de France. On en fil une première application, limitée et arbitraire, à l'ensemble de la succession, et en suite une seconde, plus large, à la part qui revenait à la ligne paternelle. Jean de Boulogne, seigneur de Montgascon et comte de Montfort, eut les comtés de Boulogne et d'Auvergne ; ce point ne faisait pas de difficulté. Mais, au lieu d'attribuer à Marguerite de France la totalité de la part alTcrente à la ligne paternelle, à l'exclusion de la descendance de Philippe VI*, on admit une seconde division des biens héréditaires entre les deux branches de la ligne paternelle : division fondée comme la première sur l'origine différente. de ces biens ^. « Marguerite de France recueillit les comtés de Bourgogne et d'Artois, ainsi que la Terre-de-Champagne ^, parce qu'ils avaient appartenu jadis à sa mère, Jeanne de Bourgogne-Comté, femme du roi Philippe le Long. Elle consentit sans peine à ne formuler aucune prétention sur le duché de Bourgogne, parce qu'il provenait d'une autre branche de la ligne paternelle, et qu'à ce point de vue, elle n'y avait pas droit * ». H ne faut donc pas expliquer la main -mise de Jean II sur le duché de Bourgogne par le retour à la-couronne d'un apanage, qui aurait été constitué jadis avec une clause de réversibilité pour certains cas déterminés. Rien de pareil ne fut stipulé et n'aurait pu être prévu lorsque se constitua la dynastie capétienne de Bourgogne. L'usage de la ôlause de réversibilité ne s'introduisit que beaucoup plus tard. C'est comme héritier de Philippe de Rouvre, li jure proximitatis » ^ que Jean II prit possession du duché de Bourgogne, grâce à une interprétation complaisante « du droit et de la coutume », grâce à la connivence des autres copartageants et à une entente préalable avec eux. Surtout, Jean II

I . Ou plus simplement : à l'exclusion du roi Jean, le duc d'Orléans ayant élé, en fait, écarté de la succession.

a. L'exposé de la question a été fait très clairement par Chérest (op. cit., iSg-i^o), que je me borne à résumer. M. Er. Petit, riiistorien des ducs de Bourgogne, se réfère au livre de Ctiércst (t. IX, p. 271, n. a). •

3. Détachée jadis des comtés de Champagne et de Brie, elle se composait ies prévôtés de Villemaur. Maraye-en-Olhe, Vauchassis, Ghaource, lle-en-GhampaÉ, .e, de la chàtellenie de Juilly, elc (A. Chérest, op. cil , ilii,n. i).

k. Chérest, op. cit., p. iSg.

5. fiecueil des ordonn. des rois de France, IV, a 12 (nov. i36i). Lettres patentes pour la réunion du duché : 0 ...jure proximitatis, non ratione corone nostre... ». D. Plancher, t. IL Preuves, n* cccxii. Chérest, L'Archiprétre, p. iS?.

Histoire de Charles V. — n. ^^

agfO LE DAUPHIN A l'hOTEL SAINT-POL

ne perdit pas de temps pour agir. Dès la fin de novembre, il envoya le comte de ïancarville en Bourgogne*, et il eut soin de s'assurer les services d'Arnaut de Gervole, qui connaissait bien la province et était à la veille d'y contracter un brillant mariage'^. Deux de ses conseillers, Guy de Saint-Sepulcre, doyen de l'église cathédrale de Troyes, et Nicolas Braque, partirent également pour la Bourgogne, afin d'aplanir les diffîcdltés que soulevait l'annexion 3. Le Roi lui-même quitta Paris le 5 décembre, et, voyageant à petites journées, avec une lenteur calculée et nécessaire, il arrivait à Dijon le 23 décembre *. Chemin faisant, il s'était arrêté à Auxerre, l'état mental du comte Jean III. récemment rentré de captivité, exigeant qu'il fût pourvu d'urgence à l'administration de ses domaines ^.

La présence de Jean II en Bourgogne facilita singulièrement la réunion du duché, qui, au début, avait suscité des protestations assez vives et devait, malgré tout, être une source de complications. Les moindres venaient des regrets que les Bourguignons pouvaient avoir de leur indépendance perdue. 11 fallait surtout tenir grand compte de l'hostilité possible de la nouvelle comtesse de Bourgogne et de l'humeur belliqueuse des Comtois qui ne désarmaient jamais, des ravages des routiers qui n'avaient pas traversé la Bourgogne sans s'y répandre quqlque peu et allaient y refluer, après avoir mis à rançon le Midi de la France. On sait que la bataille de Briguais (6 avril 1 362) fut livrée pour prévenir une deuxième invasion du duché par la grande Compagnie, et que l'événement trompa les prévisions. Enfin les agissements de l'ennemi-né des Valois, Charles le Mauvais, n'allaient pas tarder à créer de nouveaux enibarras. Le partage de la succession de Rhilippe de Rouvre l'avait fort mécontenté, car, à ne considérer que la proximité des degrés, lui aussi aurait pu y prétendre, et, en un temps où les règles régissant les successions étaient peu précises et interprétées de diverses manières, ses réclamations pouvaient ne point paraître sans fondement*^.

I. Le 29 novembre, d'après M. Ernest Petit, op. cit., p. 271, qui ne cite pas de référence ; le 3o novembre, d'après le P. Anselme, VHI, 444, et Chércsl, op. cit., p. i43. a. Ghérest^ op. cit., p. i/ja.

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