‹ Histoire de CharlesChapitre 203 sur 301 · IX · texte numérisé non relu

IX

Ces chiffres sont significatifs. Le « coulage », d'ailleurs, provenait (i plutôt de l'augmentation des allocations en nature, des livrées » (viande, foin et avoine), que du paiement des gages proprement dits, puisqu'on se plaignait, vers la même époque, que « ceux qui sont d'ordonnance» ne pussent servir, par suite de la concurrence d'un personnel nouveau, non prévu par le règlement de i36o *. En effet, les services étaient toujours décomptés par journées de présence et au profit de ceux qui avaient été réellement employés. 11 semble aussi que certains offices fussent mal organisés ou mal surveillés : l'écurie, par exemple, faute d'un grand écuyer ^ ; que même des chefs d'offices cumulassent d'autres emplois à la cour, au détriment de la bonne tenue de l'Hôtel du dauphin ^.

La dauphine avait également son Hôtel, organisé à quelques différences près comme celui du dauphin. C'est du moins ce qu'on peut conjecturer avec vraisemblance, mais conjecturer seulement, car les moyens d'information directe font défaut *. On sait de façon certaine que la dauphine avait, elle aussi, une Chambre aux deniers, administrée par -un « maître »5, et alimentée, par les versements, réguliers ou

1. Clairambauit, p. 1191 : « Mémoires de avoiravis sur les choses qui s'ensuivent ».

2. Ubi suprOy p. 1 192. Le passage n'est pas clair. «< ftem, de ce que Monseigneur n'a point de grant escuyer, par quoy il faut que sa despense soit chargée et croisse grandement, commedela forge, fer et clou, sommes à sommiers, bahuz, chevestres, sangles etc. ».

3. Ibid. Article également obscur : « Item, de ce que Mons. a aucuns ofGciers chefs d'offices ou autres, lesquels' sont le plus à court, pource qu'ils y servent autres que Monseigneur, par quoy les offices sont chargiez et creuc faite. «

4. Voir, à titre de rapprochement, dans Valbonnais {Hisl. gén. de Dauphine, I, /io3-/io5) le chapitre de l'ordonnance générale d'Humbert 11 intitulé: « Pro regimine Hospitii Dominœ Dalphinœ » i3/io). — Cf. aussi ce que j'ai dit du personnel de l'Hôtel de la dauphine au début du règne de Jean II (T. I, ch u, p. 3o)

5 BibI nat., Kr. 25.701, n" 19/1 (2a mars i3«ii). Mandement du dauphin à son trésorier Jean d'Orbec. Ordre de bailler et délivrer « au maistrc de la chambre aus deniers de l'ostel de nostre très chicre compaigne la duchesse, pour certains despans fais à Meleun de nostre commandement, le jour de Pasques Ilories darrenier passé que nostre suer la duchesse d'Anjou fut avec nostre dite compaigne, la somme d'argent que vous délivrez par chascun moys pour la despance du dit hostel, deux cens frans ou la valeur etc. »

l'hôtel du DAl PHIN 397

extraordinaires, des deux trésoriers de Normandie • cl de Dauphiné '.

Aux gages, aux pensions des officiers du dauphin, viennent s'ajouter Icsdons, les gralilicalions, les aumônes, les « oITrandes » aux sanctuaires, qui sontdes dépenses de tous les jours et échappont aux prévisions. Particulièrement quand il voyage, l6 fils du Hoi fait de fréqiicnls emprunts à ses familiers ou à ses serviteurs, un peu connue les prodigues à court d'argent 3.

Le dauphin aime le luxe et les choses rares. 11 a la passion, coûteuse entre toutes, des joyaux, des pierres précieuses, des belles pièces d'orfèvrerie. L'inventaire de son Tré^sor, dressé en 1 363, comprend près d'un millier d'objets ^. Pas plus que (( l'ordonnance de l'Ilotel n, ce docunient ne saurait être analysé en quelques lignes. J'y relèverai seulement sous la rubrique : Vaisselle d'Or, la mention de la coupe << (pii tut Charlemaine » ^, pesant, avec son couvercle, six marcs six onces, et celle d'une autre coupe « qui fut Saint-Louis »*', du poids total de trois marcs cinq onces, et dont la provenance était probablement plus certaine. A l'article : Ceintures pour Monseigneur^ on retrouve, non sans surprise, un lointain écho des discordes civiles de l'année i358 : « Item

Page 1