Bibl. nat., Fr. 36.701, n* a^a (3g aoûi i36vi
9. Gr. Chr., VI, 326 : « L'an de grâce mil CCCLXII, ou mois d'aoust, le roy de France Jehan parti de Paris pour aler à Avignon visiter le pape Innocent qui lors vivoit ». Froissart (VI. 78) fait partir le roi de France «• entours le Saint-Jehan Baptiste, l'an mil trois cens soissante et deux », ce qui a paru une • grave erreur » de
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gne *, mais en voyageant à petites journées et en faisant de fréquents et longs séjours 2, car il mit deux mois pour arriver à Villeneuveles- Avignon ^.
Divers motifs ont été allégués, avec plus ou moins d'exactitude, pour expliquer la détermination du Roi ^. Elle a été attribuée au désir d'obtenir le commandement d'une croisade, qui lui eut permis d'effacer, par des succès obtenus outre mer, les souvenirs de Poitiers ^. Mais c'est surtout l'année suivante, quand la croisade fut prêchée et organisée, que l'ambition a dû lui venir d'en être fait le capitaine. Supposer qu'il ait voulu, après la mort d'Innocent VI, peser sur les votes du conclave en faveur de son oncle, le cardinal de Boulogne 6, est une hypothèse contredite par le rapprochement des dates, car le Pape mourut lorsque le voyage du Roi était déjà commencé (la septembre i36a) '^, et Jean II ne fit rien pour se rapprocher d'Avignon en temps utile. Villani paraît bien renseigné quand il donne, pour raisons de la venue du roi de France, un projet de mariage entre Philippe,
chronologie (Luce, Froissart, VI, xxxviii, n. i), et le serait, en effet, s'il s'agissait de la Nativité de Saint- Jean-Baptiste ou du a/i juin. Mais il se peut que le chroniqueur ait entendu parler de la Décollation de Saint- Jean-Baptiste ou du 2y août (Maurice Prou, Etude sur les relations politiques du pape Urbain V avec les rois de France Jean H et Charles F,; etc. Paris, F. Vieweg, 1887, in-8°, p. a, n. i).
1. Luce, Froissart, VI, xxxvm, n. i. — Er. Petit, Hist. des ducs de Bourgogne, t. IX, p. 3o3.
3. Jean II fut rejoint en cours de route par le comte de Savoie qui le conduisit par eau jusqu'à Lyon et lui donna l'hospitalité dans son hôtel du quartier du Temple. (Turin. Archivio camerale. Gonti délia Tesoreria générale di Savoia, Rot. xxin. — Articles de compte très curieux, utilisés et publiés en grande partie par M. Ferdinando Gabotto,dans La Guerra del Conte Verde contro i marchesi di Saluzzo e di Monferralo nel 1363. Extrait du Piccolo archivio dell'antico marchesalo di Saluzzo, anno I, n" 12; Saluzzo, 1901). Le Comte Vert suivit le roi de France à Avignon.
3. Il n'y arriva que dans les premiers jours de novembre (Ordon. des rois de France, III, 600. — Froissart, VI, xxxvm, n. i). 11 ne fit son entrée à Avignon même que le ao novembre (Gr. CAr.,VI, 327). La lenteur avec laquelle le Roi voyageait ne provient .pas seulement, comme l'a dit Froissart, de ce qu'il ne négligeait, chemin faisant, aucune occasion « pour s'ébattre ». Il trouvait dans ce voyage «le moyen de visiter les provinces éloignées de sa résidence habituelle et de s'entretenir avec ses officiers qu'il faisait venir à sa rencontre ». (M. Prou, op. cit., p. 7 et 8.)
!i. S. Luce exagère quelque peu en croyant avoir déterminé le premier le but principal de « ce voyage d'Avignon » qui serait « resté une énigme pour les chroniqueurs contemporains aussi bien que pour les historiens modernes ». (ffisl. de Bertrand Du Guesclin, p. 368-369.;
5. Chron. des quatre premiers Valois, p. ia5-i26. — Cf. M. Prou, op. cit., p. g.
6. Er. Petit, Hist. des ducs de Bourgogne, t. IX,, p. 3oa-Zo3.