S. Luce, ubi supra, xxxii, n. i
3l8 Fl^ 1>U RÈGNE DE JEAN II
ne fut pas étrangère non plus à leur départ et à l'évacuation du Pont- Saint-Esprit ^
Les principaux chefs des Compagnies étaient restés en France. Leurs bandes se répandirent dans le Languedoc qu'elles pillèreftt à leur aise. La défense de cette région avait cependant été organisée, et d'une façon qui aurait pu paraître suffisante, dès le temps de la prise du Pont-Saint-Esprit. Le connétable Robert de Ficnnes avait été nommé {( lieutenant du Roi en toute langue d'oc », ci on lui avait adjoint le maréchal d'Audrehem, qui le remplaça quelques mois plus tard, comme capitaine -gêné rai dans les mêmes provinces '^. Mais l'action des lieutenants du Roi paraît avoir été impuissante, malgré l'appui que vinrent leur prêter les Espagnols d'Henri de Trastamare. Battu à Najera par son frère, le roi de Castille don Pèdre, à la fin d'avril i36o, ce prince avait été exclu de l'amnistie générale proclamée en juillet i36i, lors du rétablissement de la paix entre la Castille et l'Aragon. Il n'avait eu d'autre ressource que de se réfugier en France, où ses partisans, avant d'être pris à la solde du roi Jean, commirent toutes sortes de déprédations, dans la sénéchaussée de Carcassonne ^.
Un traité intervint le 28 novembre i36i, conclu avec Séguin de Badefol et les autres grands chefs, qui libéra provisoirement le Languedoc*. En effet, quand, peu de mois après, au début de l'année i362, les routiers voulurent reparaître dans ce même Languedoc, ils se heurtèrent à une résistance qu'il leur fut impossible de forcer. Postés aux frontières de l'Auvergne, Henri de Trastamare et le maréchal d'Audrehem réussirent à les empêcher de passer s. Le moment ne semblait pas éloigné où ils seraient écrasés d'un seul coup. Après leur sortie du Languedoc, l'année précédente, les diverses fractions de la Grande Compagnie avaient reflué vers^le Lyonnais, le Forez et la Bourgogne. Mais de ce côté aussi, des mesures défensives avaient été prises pour leur