Em. Molinier, o/j. cit., p
LA GRANDE COMPAGNIE Sig
barrer la roule. Se trouvant à Beaune le 25 janvier 1862, Jean II avait créé un grand commandement militaire, confié au chambellan de France, Jean de Melun, comte de Tancarville, et comprenant la Champagne, la Brie, tout le duché de Bourgogne, les comtés de Forez et de Nevers, les duchés de Berry et d'Auvergne, le Lyonnais et le Beaujolais *. « C'était à lui qu'incombait la mission de refouler les têtes de colonne de la Grande Compagnie en marche vers le nord, pendant que le maréchal d'Audrehem, investi de fonctions analogues en Languedoc et lieux voisins, continuait à poursuivre l'arrière-garde attardée dans le Midi. S'avançant à la rencontre l'une de l'autre, les deux armées royales devaient concourir au même but et se prêter un appui réciproque. Elles pouvaient même, en opérant leur jonction, faire courir à leurs adversaires les risques d'une défaite écrasante 2. n
Tancarville poussa activement les préparatifs de la lutte •'^. En Bourgogne, il convoqua le ban et l 'arrière-ban de ^n noblesse. Partout il trouva spontanément, ou s'assura à prix d'argent, de précieux concours, parfois inattendus. L 'A rchi prêtre, Arnaut de Cervole, se mit sous ses ordres ^, et il ne tint pas à ses conseils et à son expérience de la guerre qu'un grand désastre ne fût évité. On connaît l'issue à la fois lamentable et piteuse de la campagne. Le 6 avril 1862, l'armée royale se faisait battre à Brignais, sous les murs d'une bicoque, que les routiers étaient venus occuper aux portes de Lyon, sur un terrain qui n'était pas plus accidenté que celui des « plains de Maupertuis ^ ». Le rapprochement s'impose, en effet, entre Brignais et Poitiers. Depuis six an&.la chevalerie française n'avait rien oublié, ni rien appris. Une fois de plus, elle expia durement son imprévoyance et sa folle témérité. Parmi les victimes de la bataille, il convient de riommer Jacques de Bourbon, comte de la Marche, — l'oncle de la dauphine, — et son fils, Pierre de Bourbon, blessés tous deux grièvement et décédés peu de jours
1. Arch. nal.. JJ. 98, fol. 124", n° 3oi. — A. Chérest, VArchiprêtre, p. 169. — Er. Petit, Hist. des ducs de Bourgogne, IX, 285.