A. Chérest, op. oit , p
5. En dépit de recherches sur place, remontant au xvi" siècle et au premier éditeur de Froissart, Denis Sauvage, et qui ont été reprises par divers historiens du xix* siècle, la topographie de la bataille de Brignais resle toujours très obscure. Le travail le plus récent sur cette question est celui du D' Humbert MoUière, Guy de Chauliac et la bataille de Brignais, Lyon, A. Côte, 1894, in-8°.
3aO • FIN DU RÈGNE DE JEAN II
après la rencontre. Le jeune comte de Forez, neveu de Jacques de Bourbon, était parmi les morts. Le norribre des prisonniers fut considérable comme dans toutes les batailles du xiv* siècle. Les comtes de Tancarville, de Sarrebrûck, l'Archiprêlre, et cent autres aussi qualifiés, tombèrent aux mains de l'ennemi. Gomme après Poitiers, il fallut payer de lourdes rançons. Le panetier du dauphin, Jean de Boves, n'avait pas seulement été pris à Briguais; il avait tout perdu dans la débâcle et en sortait ruiné. Le 28 avril, son maître lui fît don de 60 francs d'or pour l'aider dans sa détresse '. Le fils du comte de Tancarville, Guillaume de Melun, était l'un des chambellans du duc de Normandie. Il avait été fait prisonnier à Brignais, comme son père; il reçut du prince la somme de i.ooo francs pour le paiement de sa rançon ^.
Les vainqueurs paraissent avoir été plus intimidés qu'enhardis par leur succès. Un certain nombre d'entre eux choisirent ce moment pour traiter et passer au service du roi de France. Au lieu d'envahir de nouveau la Bourgogne, leurs chefs se rejetèrent sur le Languedoc et l'Auvergne, où ils retrouvèrent Henri de Trastamare, qui leur fit une rude guerre. Le 3 juin, à Montpensier, il tua au « bourc » ou bâtard de Breteuil, 600 hommes, — la moitié de son effectif 3. Cependant, une fois de plus, car cette triste histoire se répète avec une singulière monotonie, les victimes des compagnies acceptèrent un arrangement onéreux pour se débarrasser à tout prix de leurs oppresseurs. Un traité fut conclu à Glermont en Auvergne, le a3 juillet i363, entre Arnoul d'Audrehem, Henri de Trastamare, l'évêque de Gkrmont,
I. Bibl. nat., Clairambault, CXLII, n° /j : « ...nostre bien amé panetier, Jehan de. Boves, le quel a esté pris et mis à grant raençon, perdu touz ses biens, chevaux et harnoys, en la besongne qui derrenierement a esté vers Lyon sur le Roone contre cculx de la grant compaignic... » Ibid., n° 3o (27 avril iSGa). Quittance de J. de Boves à Jean d'Orbec, trésorier du dauphin, de la somme de 60 francs d'or, dont le paiement est ordonne dans l'acte précédent.
a. Arch. nat., JJ. 92, fol. aS", n* 87 : « Item, un don fait à mess. Guillaume de Melcun, chevalier et chanibellain de Monseigneur : la somme de mil frans d'or pour paier sa reançon aux ennemis desquelz il a esté pris en la bcisongne qui derrenierement a esté vers Lion sur le Rone, etc. Donné à Conflans, le viii* jour de may l'an mil CGC soixante et deux ». — Texte cité par G. Guigue, Les Tard- Venus, p. 73, n. Ix el par S. Luce, Froissarl, VI, xxvu, n. 4- — Le i4 août i303, Guill. de Melun reçoit un autre don de 2ou francs d'or, mais le motif de la gratification n'est pas indiqué.
S. Em. Moliuier, Le maréchal d'Audeafiem, p. 107.