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LA GRANDE COMPAGNIE / ^2 I

le comte de noulogiie, le sire de Montaigu, le sire de la Toip»^, Robert de Lorris, le rccleur de Montpellier, et la plupart des capitaines d'aventuriers, déjà connus par les événements antérieurs. Seul, Seguin de Badefol, le plus célèbre de tous, n'intervint point au traité. Nous verrons bientôt la raison de cette abstention. Les routiers s'engagèrent, moyennant une somme de loo.ooo florins d'or, à vider le Languedoc et à suivre Henri de Trastamare en Espagne*. Mais comme l'expédition projetée contre don Pèdre ne se fit pas, les Compagnies restèrent en France, quoique la rançon promise leur eût été comptée, vers le i5 novembre de la même année, à Pamiers 2. Bientôt la guerre, éclatant entre les comtes de Foix et d'Armagnac, leur fournit un prétexte de plus pour ne pas tenir leurs engagements. Elles prirent part au combat de Launac (5 décembre i362), où le comte d'Armagnac fut battu et fait prisonnier -K La paix fut rétablie entre les belligérants, le i^ avril i363 ; mais le fléau dont la France soufl'rait depuis si longtemps n'en fut pas atténué. A l'avènement de Charles V, le mal sera toujours à l'état aigu. Il faudra le prestige personnel de Du Guesclin,. des prodiges de diplomatie et l'appât d'une campagne fructueuse hors de France, pour purger momentanément le royaume de ce ramassis de brigands.

Seguin de Badefol, dont le nom ne figure point au bas du traité de Clermont, s'était moins éloigné que ses compagnons de la vallée du Rhône, où évidemment il méditait de rentrer. Le i3 septembre i363, il s'emparait de Brioude, qu'il gardait près d'un an et d'où il inquiétait tout le Velay *. Peu de temps après, il s'emparait de l'abbaye de Savigny en Lyonnais ^, qu'il fallut lui racheter comme Brioude ^* Il semble bien que de bonne heure, au lendemain de Brignais, il ait eu pour objectif la ville de Lyon, qu'il se flattait de surprendre. Mais la place était trop bien gardée et l'occasion espérée ne s'ofl'rit pas 7. Seguin s'en dédommagea en occupant, le 1" novembre i36/j, la ville et le châ-

1. E. Molinicr, op. cit., p. 107-108 et les sources précédemment indiquées

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