DEPART DU ROI DE FRANCE POUR L*ANGLETERRE
Il-n'est pas nécessaire de faire ressortir la portée de celte innovation qui, les aides pour la délivrance étant toujours exigibles, créait en France un système d'impôts complet et régulier*.
C'est à Amiens que Jean II s'ouvrit à ses conseillers de son projet d'aller trouver Edouard 111. Vainement voulurent-ils le faire revenir sur sa décision. Elle était arrêtée sans doute depuis le jour où il avait connu le « parjure » imputé au duc d'Anjou. Faut-il croire qu'en agissant comme il le fit, il ait adopté un parti désespéré, celui de se constituer à nouveau prisonnier ? A tout considérer, le voyage qu'il entreprit était le meilleur moyen, sinon le seul, de se tirer des difficultés inextricables où le replaçait le désaveu du traité des princes. Les otages, qui lui étaient le plus chers, restaient en captivité, et leur délivrance était ajournée pour longtemps peut-être, parce qu'elle était liée à l'acquittement intégral d'une annuité de la rançon. 11 fallait à tout prix obtenir d'I^douard III, sinon une atténuation aux conditions de la paix, au moins la prorogation des délais stipulés par les négociateurs de Brétigny. Jean II comptait sur ses relations personnelles avec le roi et avec la famille royale d'Angleterre, pour réussir là où ses envoyés auraient échoué. Il est certain que sa démarche, dont les résultats n'apparaissent pas à première vue, ne fut pas inutile. Le fait seul de sa venue, sa fin prématurée qui lui concilia de nouvelles sympathies, amenèrent certainement une amélioration dans les rapports entre les cours de France et d'Angleterre, écartant le péril d'une rupture, qui, à la fin de i363, était peut-être imminente.
Après être resté à Amiens jusque vers le lo ou le la décembre 2, Jean II en partit pour gagner le port d'embarquement le plus rapproché, c'est-à-dire celui de Boulogne. Le i5, il étaitàHesdin '^, où, d'après . Froissart, il aurait passé la fête de NoëP. Le 3 janvier au soir, il mon-
I. Lci fou âges furent abaissés pendant les années de paix. (Varin, op. cit.,Ul, 282, note). La reprise des hostilités obligea de les relever, et dans une forte mesure. Ce n'est point ici le Heu d'indiquer même sommairement les différents modes d'impôts successivement mis à l'essai, ni les variations des fouages (Voy. Delisle, Mandements, n" 5G2, 609. G25, 687, G79).