Chronoyr., II, p
4. D'après la chronique de Jean de Noyai, ubi supra. — Homblières; Aisne, arr* et c°" de Saint-Quentin.
a. Ne serait ce pas plutôt son père que le" dur d'Anjou aurait rencontré à Saint- Quentin? Le roi Jean s'est beaucoup déplace pendant ce mois de septembre, mai* son itinéraire est malaisé à établir, les lettres patcnlcs du Trésor des Chartes étant insunisamment datées. Jean 11 est allé en Flandre à cette époque, et certainement à Tournai. Il a passé à Saint-Quentin, à Gouy-en-Arrouaise, non loin de Saint-Quentin. A la fin du mois, il était à Reims, où il fit un séjour prolongé.
G. Rymer, III, 2' p., p. 756 (20 nov. i30i). — Ad duccm Andegaviit» etc. « ... car parmi ce vous avez moult bicmi l'onurdc vous et de tout vostre lignage...». Le roi lui donne un délai de vingt jours pour venir se constituer prisoimicr.
Cf. ibid., p. 755-756 (20 nov. i364) : « Ad regem Franciaj quod obsides absentes
LE DUC d'aNJOU s'ÉVADE DE CALAlf^ 3/|9
glelerre, c'était l'exéculion même du traité des princes, lequel n'était pas rompu par le manque de foi d'un des principaux otages. Assez d'autres sûretés restaient au monarque anglais. Le délai dont l'expiration entraînerait la caducité du traité prenait fin le i" novembre seulement, et les otages, — qui auraient dû être pleinement délivrés, au lieu d'être retenus à Calais dan» une demi-captivité, — n'étaient obligés de se représenter à Londres qu'un mois après l'échéance fatale. L'échec final des négociations vint sans nul doute de l'impossibilité, pour le roi de France, de se procurer les aoo.ooo écus exigés, et aussi de la réprobation presque unanime que provoquèrent les conditions acceptées par les princes.
Edouard lll avait jugé nécessaire de faire ratifier le traité par les trois ordres du royaume. Qu'il y ait eu sur ce point une sorte de consultation nationale, c'est ce qui est infiniment douteux. Du ïillet, qui n'est pas coutumier d'assertions gratuites, dit, il est vrai, que u lesdits régent, pairs, prélats et seigneurs de France ne furent conseillez consentir ledit traicté pour l'iniquité d'rceluy, qui fut cause que le duc d'Anjou quelque temps après s'en revint sans congé* ». Rien de plus vague et de plus dénué de justification. En tout cas, si les Etats ont été réellement appelés à émettre un avis, il n'a pu leur être demandé qu'à Amiens, dans les derniers jours de novembre i363, car Jean II ne les a réunis qu'une fois au cours de cette année 2. L'assemblée, convoquée par le roi de France à un moment où sa résolution était peut-
acconlra fidem et juramenla redire Dolentes, juxla formam pacis, de facto compellat ». Ces otages sont : le duc d'Anjou, les comtes de Grandpré et de Braisne, les sires de Ciùre et de Derval ; p. 767 (m. d ). Ad pares Franciaî super causa praîfata ; — p. 757 (m. d.). Ad majopem Sancti Audomari, juxla articulum 17 pacis, notificatio.
1. Du Tillet, Recueii des rois de France, II, p. 2O0. — L'auteur, qui n'a pas plus d'idées personnelles que de style, se borne en général à analyser les pièces du Trésor des chartes, qu'il connaît bien et interprète exactement.
2 En écrivant ceci, j'éprouve quelque, scrupule. Au mois d'octobre i303, Jean II a appelé auprès de lui a aucuns habitans de plusieurs bonnes villes * du royaume. 11 s'agissait d'« oir certaines choses que nous leur entendons à dire et monslrer touchans l'onneur et Testât de nous et de nostre dit royaume «. La formule est vague, mais une ordonnance nous- est restée, qui renseigne quel({ue peu sur les travaux de l'assemblée; elle s'occupa des Juifs, des Lombards usuriers, des réformateurs généraux pour déclarer leur mission terminée, des empiétements de certains grands ofïlciers {Recueil des ordonn. des rois de France, III, O^a)- Fut elle appelée à se prononcer sur la question du traité? Le roi Jean était déjà à Reims le 3o septemhre, et il y est resté au moins jusqu'au 23 octobre. L'ordonnance susvisée est du 20 octobre.
35o flN DU REGNE DE JEAN II
être déjà prise de retourner en Angleterre, dut se tenir à la fin de novembre, ou au plus tard le i" décembre ', la date des ordonnances rendues à cette époque, — 5 décembre, — marquant sans doute la clôture de la session ^:
VIII. — Le dauphin se rendit à ces Etals d'Amiens, où furent agitées de graves questions. D'abord le traité des princes y fut peut-être discuté et rejeté ; c'est la seule explication possible de la phrase de du ïillet citée plus haut. En second lieu, on décida qu'une force armée permanente, — 6.000 hommes d'armes, — serait mise sur pied et entretenue pour résister aux Compagnies, et qu'un fouagede trois francs par feu serait levé sous le nom d' « aide pour la provision et la défense du royaume^ ».
I, Le roi de France était certainement déjà à Amiens le 3 décembre. D'autre part, on sait que le dauphin partit vers la fîn de novembre pour aller assister à la tenue des Etals.
Ce qui ferait supposer que la résolution du roi de France, était déjà prise, c'est la date môme du sauT-conduit que lui délivra Edouard 111 : lo décembre i3ô3 (Rymer, III, 2* p., 718. « Pro rege F^fancia^ in Angliam venturo, de conductu »).
a. Il y a eu au moins deux ordonnances rendues à Amiens : l'une qui nous a été conservée {Ord. des rois de France, III, G/|6), et qui traite de divers objets; l'autre qui est perdue, mais dont les dispositions principales sont connues. Voy. le texte donné par Varin (t. III, p. 273-276). « C'est l'instruction par aucunes diocèses du royaume de France, des parties de la Langue d'oyl, advisée sur le payement du nombre des gens d'armes ordenées par le Roy à chascune diocèse, imposée derrenie-, rement à Amiens pour la deffense du dit royaume; laquelle instruction vehue et diligemment examinée par le conseil du Roy, estant à Paris, auquel estoient les generaulx esleus à assamblée bonne » (5 déc. i363).
3. L. Delisle, Mandements, n° 502. Rouen, 8 août 1369. « Charles etc. Comme, à la derrenere assemblée que tint nostre très chier seigneur et père... à Amiens, de pluseurs dux, comtes et autres de son sang et du nostre et de pluseurs prelaz, barons, chevaliers et autres et de pluseufs bonnes villes de nostre royaume, il eust este advisé et ordené qu'il seroit pourveu de six mille combatans, presz continuelment à la défense de nostre dit royaume contre les anncmiz, pluseurs gens de compaignc qui y estoient, et tous autres qui s'efîorceroient ou vouldroient efforcier de grever et domniagier ycelui royaume, et pour avQir la mise qu'il y convendroit, furent advisez et ordenez et aprcz mis sur certains aides, en nostre bonne ville cle Paris et vicomte sur le vin, et es autres villes du dit royaume, par manere de fou âge... »
Ce sont les aides pour la provision et défense du royaume, mentionnées dans tant de pièces de comptabilité, et dont l'origine est parfois très nettement indiquée. Voy. Bibl. nat. Clairambault, CLIX. n° 22 (Rouen, 21 oct. i36A) Quittance de Robert d'Esneval, chevalier, à Ricard du Til, « receveur es cité et dyocese de Rouen sur le fait des aides derr. octroie: à Amiens pour la provision et deffense. du royaume ». A Amiens même, on trouve « Chrestien du Cange receveur commis par le Roy en la ville, cité et diocèse... pour l'aide darrainement octroie au Roy pour la deffense du royaume de France (Ctuirambau//, LXX.V111, n* 180. — 12 mai i364).