Rosny-sur-Seinc ; Seine-et-Oise, c*° et arr* de Mantes
SUBPRISE DE MANTES ET DE MEULA?i SSq
de Véiheuil *. Le dauphin prenait donc l'initiative des hostilités contre Charles le Mauvais, sans lui avoir déclaré la guerre, sans en avoir reçu ni défi, ni provocation Mais les meilleures raisons justifiaient ou au moins expliquaient sa conduite. Ce n'était un mystère pour personne que le Navarrais, mécontent du règlement de la succession de Bourgogne, se préparait ouvertement à la lutte. Déjà en Basse-Normandie, on avait eu affaire à ses partisans; les défenseurs de Rolleboise n'étaient pas tous des Anglais. On savait que le roi de Navarre avait fait appel au captai de Buch, que celui-ci était en marche et serait bientôt en Normandie ^. La guerre était sur le point de se rallumer entre les deux compétiteurs au duché de Bretagne ^ ; sous peu, tout l'Ouest de la France serait en feu. Il fallait se hâter, prendre des sûretés avant que Charles le Mauvais, jetant le masque, n'eût mis la main sur des forteresses françaises, dont il serait ensuite difficile de le déloger. Le droit féodal autorisait, d'ailleurs, la confiscation par le suzerain des terres d'un vassal, a n'y- eût-il que simple rébellion ou commotion» de la part de celui-ci, « et non guerre ouverte .». C'est du nioirTs la thèse que Charles V soutenait quelques mois plus tard dans un mémoire explicatif, contenant ses instructions pour les ambassadeurs qu'il envoyait au Pape et au roi d'Angleterre*. L'occupation de Mantes et de Meulan, dans les conditions où elle se produisit, avait, semble-t-il, quelque peu ému l'opinion publique de la Chrétienté, et Charles le Mauvais n'avait pas manqué de crier hautement à la violation du droit des gens.
Mantes fut enlevée par un de ces procédés familiers à du Guesclin, et qui rappelle d'autres épisodes de sa carrière, racontés parCuvelier. Les habitants, tout dévoués aa roi de Navarre, étaient sans défiance à cause des bons rapports qu'ils avaient entretenus avec les chefs du petit corps français campé dpvant Rolleboise. Cependant, ils avaient refusé de recevoir dans leurs murs les Bretons, déjà réputés pour leurs habitudes de pillage?.
Le dimanche 7 avril, — deuxième dimanche après Pâques, — Oli-