‹ Histoire de CharlesChapitre 259 sur 301 · Secousse, Hecueil, ubi supra · texte numérisé non relu

Secousse, Hecueil, ubi supra

5. Chron. des quatre premiers Valois, p. i38. « Tous iceulx nobles hommes et leura

36o FJN DU IVÈGNE DE JEAN II

A^ier de Mauny se met en embuscade aux abords de la ville avec i8o hommes environ. L'occasion guettée ne tarda pas à se présenter. Le pont-levis de la porte principale est abaissé pour donner passage à une charrette. Lessoldats de Mauny en profitent aussitôt; ils s'élancent sur les gardes peu nombreux, les bousculent et pénètrent dans la ville « de plein front » *. La paniqu'e et la débandade furent générales. Du Guesclin arriva trop tard pour prévenir le pillage de la ville et les excès de ses Bretons^. Les Navarrais les plus résolus, — Jacques Prestrel, trésorier du roi de Navarre, Régnant de Paris^ son bailli de Mantes, Jean de Hanicourt, Jean Doublet (ou Doublel), quelques autres encore, — s échappèrent à grand'peine et allèrent s'enfermer dans le donjon de Meulan, où ils opposèrent une résistance désespérée 3.

Les forts de Rosny et de Vétheuil furent occupés dans le même temps, également par surprise ^.

Trois jours après la prise de Manies, — vers le lo ou le 1 1 avril, — du Guesclin parut devant Meulan^. Les habitants se défendirent d'abord bravement derrière leurs murailles, mais, quand ils se virent cernés des deux côtés de la Seine, par des ennemis toujours plus nombreux,

mesnies vindrent avec Monseigneur Bertran deClacquin, et s'asseiii»lèreiit à Mante les seigneurs, mais leurs gens n'y enstrerent pas. »

« A Pasques {2k mars) Tan mil trois cens soixante quatre furent les dessus; diz nobles à Mante où ilz firent leurs Pasques ».

1. C'est la version de la Chron. des quatre premiers Valois, p. log-i'io. Le continuateur de Richard Lescot, p. i63-i6/i en donne une autre, plus pittoresque, adoptée aussi par Cuvelier. Trente des compagnons de du Guesc lin, habilles comme des gens delà campagne — marchands, vignerons ou bergers — se présentent le matin pour entrer à Mantes. Ils poussent devant eux un troupeau de moutons et escortent une charrette chargée Pendant que le pont-levis est encombré par les moutons cl la charrette, les faux paysans rejettent leurs vêtements d'emprunt et s'élancent dans la ville répée à la main.

2. Chron. des quatre premiers Valois, p-. i^o : « Et fil crier par la ville que nul ne meffeist à femme, ne à enfant, maiz la ville avoit ainçoiz esté pillic ».

3. On trouve dans le registre JJ. g/i, du Trésor des Chartes, fol. 20, n* ôi, les noms des « désobéissants et rebelles » de Mantes, dont les biens furent confisqués cl donnés à du Guesclin (Paris, 2/i avril i36'i).

Blanche de Navarre était à Mantes — et non à Vernon, comme l'a cru S. Lucc, op. cit.^ p. 429. Elle y fut prise et perdit une partie de ses bijoux (Contin. Richardi Scoti, p. TÔà, n. 2). Jean de Hanicourt était le chancelier du roi de Navarre. ' 4. Chron. des quatre premiers Valois, p. i^io :« Par semblable manière, monseigneur Jacquez de la Houssaye, avec lui bien quatre-vingt Bretons, prisl le fort de Velheuil, et fut pillié comme Mante... Monseigneur de la Ferlé se mit en fort de Roony... ».

5 Même chron., ibid. : « ... trois jours après ce que Mante ouït esté pilIie cl prinse... ».

i/avènement de chahles V 36i

ils deniandèreni à capiliiler*. Leur soumission tardive ne les sauva pas du pillage 2. Les Navarrais de Manies, réfugiés dans le donjon de Meulan, continuèrent à résister, et lorsque, peu de temps après, le roi Charles V traversa la ville, ils lui lancèrent des pierres et proférèrent des injures à son adresse. C'était follement aggraver leur cas. Quand, au bout de quelques jours, ils se furent rendus à discrétion pour ne pas être ensevelis sous les ruines du donjon, on les conduisit à Paris, où ils furent tous mis à mort ^.

X. — C'était, en effet, le roi de France lui-même, et non plus le dauphin, qu'ils avaient offensé ^. Le lendemain de l'occupation de Mafites, le 8 avril, vers minuit, le roi Jean était mort à Londres, après une maladie de quelques semaines^ On ignore la nature du mal qui l'emporta. Ce qui est vraisemblable, c'est qu'il en prit le germe à Londres, dont l'état sanitaire était très mauvais à cette époque^. 11 n'est nul besoin de supposer un épuisement prématuré^, ou une catastrophe tragique, tenue secrète.

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