‹ Histoire de CharlesChapitre 279 sur 301 · partie ; parchemin · texte numérisé non relu

partie ; parchemin

Impr. Rymer, Fœdera, lll, i* p., 228. — S. Luce, Négociations des Anglais avec le roi de Navarre pendant la révolution parisienne de 1358. Parif, 1875, in-8°. (Extrait des Mémoires de la Société de l'hist. de Paris et de Vile de- France, l, ii3-i3i).

« A ce que bonne amour et alliances soient et puissent estre à touziours entre très nobles et 1res excellens princes le Roy d'Engleterre d'une part et le Roy de Navarre d'autre ont esté- touchées et parlées par nobles hommes mess. Estienne de Guisantonne, mess. Gilebert Ghastellay et mess. Jehan de Keudriguay, chevaliers dudit Roy d'Engleterre, et mess. Martin Hcnriquiz, mess. Jehan de Pinquigny, mess. Pierres de Saqueinville, mess. Jehan de Fricamps, mess. Robert

^21i PIÈCES JUSTIFICATIVES

4e Pinquigny et mess. Jehan Remiriz d'Arellano, chevaliers du dit roy de Navarre, les voies et moiens qui s'ensuivent.

<( Premiers est regardé par entre les dessus diz chevaliers qucle dit roy de Navarre aura tout le conté de Gharapaigne et de Brie entièrement, aveques toutes les appartenances, à tenir -en la manière et par auteles noblesces que le roy Thibaut de Navarre les tint, toute la duchée d'Ortlien]s entièrement et ses appartenances.

(( Et quant est.de la duchée de Normandie, dont il a esté parlé et debfatu par entre les dessus diz chevaliers, sur ce que elle [soit et doie| dempurer semblablement au dit roy de Navarre entièrement, les diz deux seigneurs ordeneront quant il s'entreverront, et aussi de toutes autres choses, qui pevent toucher madame la Royne blanche, le bien de l'accort d'entreuls et le proufit des choses dessus dites.

« Item, du conté de Chartres et du bailliaige d'Amiens, dont les chevaliers du dit roy de Navarre ont fait mencion, tendant à fin que le dit roy de Navarre les doie avoir semblablement, et aveques les choses dessus dites, demeure à parler autrefoiz, quar les chevaliers du dit Roy i'Engleterre ne s'y sont mie présentement arrestez. .^ a Item, est parlé que la couronne et le seurplus du royaume de France, et les autres terres et seignories que celle qui ci-dessus sont déclarées, seront et demourront au dit Roy d'Englelerre.

(( //em, à ce que les diz deux seigneurs aient la possession des choses dessus dites, et que à chascun soit délivré ce qui est touché cy-dessus, est parlé que il ayderont Tun l'autre de leurs corps, genz, amis et alliez contre touz ou cas que les choses vendront à fin de bon traictié. Et par einsi desmaintenant le Roy de Navarre et ses genz et les genz du dit Roy d'Engleterre, qui sont et vendront par deçà la mer, seront ensemble contre toutes personnes et seront leur faiz au proufit des diz deux seigneurs, tant en conqueste de pays comme autrement, et ce q^ui sera gaingné et*prins de pays, forleresces ou lieux es chevauchées qui seront faites par euls, sera du dit Roy d'Engleterre, excepte que ce qui sera prins et gaingné es pais dessus déclarés pour le dit Roy de Navarre sera sien et le tendra à son proufit, et ceuls qui à présent tiennent places es parties de Normandie et d'ailleurs les tendront et garderont jusques à tant que lès diz deux seigneurs en aient ordené et accordé, excepté les pons et places de Poissy et de Saint-Clou et toutes autres forteresces et places, qui ont esté prinses et occupées depuis que ledit Roy de Navarre manda les genz d'Engleterre derrenier, à venir devers lui, les queles seront laissées, rendues et délivrées à plain, de tout le povoir des diz chevaliers du Roy d'Engleterre, en bonne foy et senz aucune fraude ou mal engin.

PIÈCES JUSTIFICATIVES 4a3

M Item, pendant ces choses, toutes les gcnz, villes et pays, siiVjgiz, annis et alliez du dit Roy do Navarre seront et demourront paisibles envers les Anglois de toutes oppressions et dommaiges, et aussi seront les villes, terres et hommes du dit roy de Navarre frans |et quittesj de toutes raençons à imposer de nouvel. Et semblablement demourront paisibles les gens et lieux obeissanz audit Roy d'Engleterre envers le dit Roy de Navarre et ses genz. En Icsmoing de ces choses les chevaliers dessus nommez ont mis enlrechangablement leurs seaulz à ceste présente cedule endentce, qui fu faite le premier jour d'aoust l'an de grâce mil CGC cinquante et huit. »

Il reste 6 minces queues de parchemin ; la a® avec deux morceaux de cire informes et les lettres : ..[BJER.. (Gilbert Chastellay) ; la 3" avec un morceau de cire fruste, où l'on semble lire : RobertiQ) (R. de Piquigny); la 4* avec un fragment important du sceau de J. de Fricamps : [De gueules] semé de croisettes recroisetées [au pied fiché d'or], à la bande [de même] brochant sur le tout.

8 août i358, Albi.

Lettre du comte de Poitiers aux consuts de Montpellier, pour leur annoncer la mort d'Etienne Marcel et de ses principaux partisans.

(Arch. commun, de Montpellier, Fonds du Grand Chartrier, D. XIX. — Original,

papier; lettre close )

« De par le conte de Poitiers.

(( ïres chiers et bien amez. Pour coque nous savons fermement que

vous estes joyeux et liez du bien et bon estât de [Monseigneur et de ses

enfans, nous vous faisons savoir que monseigneur le duc, noslre frère,

nous a escript comme le bon pueple de Paris s'est advertiz, et ont mors

des gros de Paris : le prevost des marchans, Jehan de Lille, Charles

Toussac, Philippe GifTarf,ot jusques à vu de (sic) plus grans, et louz les

autres poursuient, et ont mises les bannières de Monsi?igneur le Roy

et crié : « \ ive le Roy et monseigneur le duc! » si que, à l'aide de

Dieu, Monseigneur et ses enfans vendront à leur bon droit et au sauve-

nient de leurs bons et vrais subjez. Le Saint Esperit vous ait en sa

garde ! Escript à Albi le vin" jour d'aoust.

(( Ascelin. »

Au dos : (( A noz ])ien amez les conssulz de Montpeslier. n (' Recepta die xii augusti M CGC L VIII. » Sceau plaqué de cire rouge, au dos.

4a4 PIÈGES JUSTIFICATIVES

'6i août i358, Paris.

Lettre du régent au comte de Savoie sur la conjuration d'Etienne Marcel

et du roi de Navarre.

(Turin. Archlvio di Stato. Materic politiche. Negoziazioni con Fraiicia Mazzo r, n» 7 . Original; parchemin; lettre close. — Editions : i^F. Gornbes, professeur à la Faculté des lettres de Bordeaux, dans .• a) Mémoires las à la Sorboiine.. les Ut,lô et 17 aoril i868. Histoire, philologie et sciences morales. Paris, Impr. Impériale, 18G9, in-8', p. 235-344. Lettre inédite du dauphin Charles sur la conjuration d'Et. Marcel et du roi de Navarre adressée aux comtes (sic) de Savoie *; b/ Annales de la Faculté des lettres de Bordeaux, III, juillet-octobre 1881 ; cj Lectures histor. à la Sorhonne et à V Institut, de. 3' Livraison. Etienne Marcel et la commune du XIV' siècle : Paris, i88i, in-4°. — 3° F. T. Pcrrens, dans : aj La démocratie eu France au moyen âge, Paris, Didier, t. II, 1878, in-ia, p SSg- 368, « d'après une copie communiquée par M. F. Combes », et presque sans cor rections ; b) Etienne Marcel, prévôt des marchands (135U-.i358), Paris, 187^, in 'j°, p. 3ii 3i5; texte rapprochédu français moderne et un peu amélioré. — 3» Kervyn de Lettenhové, Chroniques de Froissart, i VI, 1868, p. 473-479').

« Très cher et très amé frère. Pour ce que vous sachez, et à vous et à touz noz autres amis et feaulx soient manifestées les granSj mauvaises et fausses traisons laites et pourpensées contre Monseigneur, nous, vous et noz autres frères, par le prevost des marcheans qui nagaires estoit en la ville de Paris, et aucuns autres de la dite ville et d'ailleurs, comme de nous touz faire tuer et murtrir, et nous oster nostre héritage; et aussi de la très déloyal et dcsraisonnable cause pour laquelle, après la paiz et accort faiz entre nous et le roy de Navarre et la dite ville de Paris, le dit roy nous a defTié et s'est renduz ennemis de Monseigneur, de nous et du royaume de France, nous vous cscrivons la certaineté en la manière qui ci-aprest s'ensuist.

« Très cher et très amé friire, il est vérité que, afin que à nous fussent amendées certaines injures, rebellions et désobéissances qui, en caresme derrain passé et autres foiz, nousavoient esté faites en la ville de Paris, comme d'avoir tuez et murtriz devant nous, en nostrc chambre, ou

I. Texte peu correct, quoiqu'une copie eût été adressée à M. Combes, par la Direc. tion des Archives, le 3o octobre 18G4 (Copie envoyée le 3o octobre 1864. — Note annexée à la pièce originale).

a. Texte très supérieur comme correction, établi d'après une copie fournie par le Directeur des Archives de Turin (Copie envoyée le i3 août 18G8. — Note annexée à l'original, et Kervyn de Lettenhove, uhi supra, p. '173). Je me suis abstenu de signaler, dans les notes qui suivent, les divergences de graphie très nombreuses entre l'original et la transcription utilisée par Kcr>>n de L.

palais à Paris, aucuns bons et loyaulx chevaliers de nostre Conseil, et aussi d'eslre venu assaillir à giant quantité de gcnz d'armes le Marchié de Meauix, où estoicnt la duchesse nostre compaigiie, noz sucrs et pluseurs autres dames, pour icelles emmener prisonnières et pour euls (sic) deshonorer, et, avec ce, d'avoir esmeu les genz du plat pais do France, de Beauvoisins, de Ghampaigne et d'autres lieux contre les nobles du dit royaume, dont tant de maulz sont venuz, que nulz ne les doit ou puet penser ; et aussi pour avoir aucuns faulx ou desloyaulx Iraitres à Monseigneur, à nous et à la coronno de France, qui estoicnt en et de la dicte ville, nous, avec noz feaulx amis et subgicz venismes devant la dite ville, le jour de Saint Pierre et Saint Poul derrain passe ^ et y fusmesàsiege^environ xxii jours. Es quelx jours, tans par ma dame la royne Jehanne, comme par reverens pères en Dieu, l'arcevesque de Lion, l'evesque de Paris et le prieur de Saint-Martin-des-Ghamps, mcssagiers du Saint-Siège de Homme, nous fusmes tant pressiez que nous, plus pour révérence du Saint-Siège de Romme que pour autre cause, nous consentismes à traicliez avec les diz roy de Navarre et ceuls de la dite ville de Paris, le dit roy estant à Saint-Denis et aidant ceuls de Paris contre nous. Et tant fu traictié, que finablement bonne paiz et bon accort furent pris entre nous d'une part, le dit roy et la dite ville, d'autre, tant sur aucuns descors qui povoicnt estre entre nous et le dit roy, comme sur les descors touchanz la dite ville. Et fu la dite paiz jurée à tenir par nous et le dit roy, sur le corps Nostre Seigneur Jliesu Grist, que avoit consacré, en la présence de nous deux, de la dite royne, des diz messagiers du Saint-Siège de Romme et pluseurs autres, nostre amé et féal conscillier, l'evesque de Lisieux ; et le devions recevoir, comme bon ami et vray crestien, nous et le dit roy, et^hous estions confessez et feusmes tout prest de le recevoir, quant estoit de nostre personne ; mais le dit roy s'estoit disnez ? à Saint-Denis, avant qu'il venist aus traictiez, et nous fist muser tant comme il li plut. Et depuis, en confermant le dit accort et la dite paiz, la quelle nous de nostre partie tenions bonne et loyal, vindrent par devers nous ladite royne, le dit roy, les diz messages et aucuns des bourgois de Paris. Et pour ce que nous cuidions et tenions fermement qu'il tenissent de leur partie la paiz et accort ainssi faiz, en la manière que prodomes le dévoient faire, et comme nous avions entencion de la tenir, nous nous partismes du dit siège et venismes à Meauix. Et, nous estant ou dit

1. Combes, Perrens : a ...Saint Paul derrier passé... » Kervyn de L. : « dernier passé ».

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