‹ Histoire de CharlesChapitre 280 sur 301 · C. : disvéz. P. : disvcz (desviéz · texte numérisé non relu

C. : disvéz. P. : disvcz (desviéz

lieu, les diz roy et traîtres, qui jà avoient fait venir par devers culs en très grant quantité les Angloys, ennemis de Monseigneur, de nous et du dit royaume, mirent partie des di/ Anglois en la dite ville de Paris. Mais les bonnes genz d'icelle ville, qui ne porent souffrir et soustenir la grande iniquité des diz roy ^ Anglois et traîtres, mirent à mort très grant quantité des diz Anglois, et en prirentdes plus notables et granz capitaines jusques à xlvii et plus. Et pour ce, assaillirent les diz Anglois la dite ville ; et le dit roy qui estoit en icelle, Robert Le Coq, ceuls de Pinquigni et pluseurs de la dite ville issirent contre euls ; et desconfirent iceuls Anglois le dit roy et ceuls qui ainssi en estoient issuz. Et s'en fuirent les diz roy et Robert le Coq, ceuls de Pinquigny ^ et aucuns autres à Saint-Denis. Et pluseurs du peuple de Paris moururent aus champs jusques environ le nombre de vi*^ et plus. Et non obstant ce, depuis, maulgré les dites bonnes genz de Paris, par la suggestion et au pourchaz du dit roy et de ceuls de sa partie, le prevost des marchanz qui lors estoit et aucuns traîtres de Monseigneur et de nous délivrèrent les diz Anglois ainssi pris et les menèrent à Saint-Denis par devers le dit roy, combien que l'en en eust eu pour leur raençon, se il ne les eussent ainssi délivrez, assez argent pour le premier paiement de la délivrance Monseigneur. Et tantost après la dite délivrance, nous estans touz jours à Meaulx, fu Iraictée, entre le dit roy, le dit prevost des marcheans et autres traîtres, que, le mardi au soirderrain jour de juillet derrain.passé,icellî roy et les diz Anglois entreroient en la dite ville par nuit. Et desjà avoit esté ordené, par le dit prevost et autres traîtres, que nulles portes ne seroient fermées celle nuit, ne nulles chaînes tendues, et desjà avoit le dit prevost osté les clefs des portes de la ville à celx qui les avoient en garde et les avoit baillées et livrées aus genz du dit roy et mis gardes aus portes autres qu'il n'y avoit, lesquelx gardes qu'il y mist estoient consentant de la dite traison. Et ainssi dévoient entrer en la dite ville et si tost qu'il y eussent esté, il eussent murtri et mis à mort tout le clergîé et genz d'Eglise, touz les gentîlz hommes lors estanz en la dite ville, touz les officiers de Monseigneur et de nous, et les deux pars du commun d'icelle ville. Et des avant avoient, pour ce faire, signées les maisons, de nuit. Mais le bon peuple et commun de Paris, qui ce jour dont ceste traison devoit estre faicte par nuit, se apparçut •* de ce, par la grâce de Dieu, — qui ne voult souffrir que telle horreur l'ust perpétrée, — se assembla et, avec aucuns de noz bons amis de la dits ville, ala par de-vers le dit prevost ; et se mut

y. C, P. ; povent. Kervyn de L. : povoient.

a. C, P. : Piiiqiiigni.

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