‹ Histoire de CharlesChapitre 31 sur 301 · OFFENSIVE ET RETIWITE DE PHILIPPE DE NAVARRE · texte numérisé non relu

OFFENSIVE ET RETIWITE DE PHILIPPE DE NAVARRE

(le Sainl-Qiicnlin. Vi\v malheur, les habitants de Sainl-Quenliu s'apposèrent absolument au [)assage de l'armée francjaise*. Froissart, qui relate toi incident caractéristique, y a trouvé la matière d'un récit fort piquant, où la part de l'invention est certainement très grande-. D'après le même chroniqueur, le connétable de France et le comte de Saint-Pol, furieux d'avoir laissé échapper leurs adversaires, et désespérant de les atteindre, auraient congédié leurs troupes, tandis que Philippe de Navarre et Jean de Picquigny, après avoir passé l'Oise à gué et s'être rafraîchis à Vailly, reprenaient le chemin de la Normandie 3.

L'année i359 commençait et se poursuivait, comme avait fini la précédente, en plein désarroi. Jamais le défaut d'un pouvoir fort et obéi ne fut plus manifeste et n'eut des conséquences plus néfastes. La résistance aux Compagnies, quand elle s'organise sur quelque point du territoire, est affaire d'initiative locale et ne se rattache jamais à un plan d'ensemble. Le régent n'est pas seulement impuissant faute d'hommes et faute d'argent ; il est comme prisonnier dans Paris. Ses premiers efforts tendront à briser le cercle d'investissement qui étreint sa capitale, et c'est à Mclun qu'il essaiera de frapper un coup décisif. Mais alors des événements très graves seront imminents qui, mettant le dauphin en face de nouveaux périls, lui donneront aussi plus d'autorité morale et lui permettront d'exiger de tous les sujets du royaume les plus grands sacrifices. C'est qu'en effet, à partir du mois de mai iSôg, la France s'apprête à jouer une partie suprême contre Edouard III plutôt que de subir le honteux traité, arraché à la faiblesse inconsciente de Jean 11.

Page 1