‹ Histoire de CharlesChapitre 63 sur 301 · Ch. de la Roncière, op. cit., ibid · texte numérisé non relu

Ch. de la Roncière, op. cit., ibid

2. On en. a la preuve, pour une époque antérieure à la réunion des Etais, (ians deux lettres des mois d'août et de juillet iSuq (Arch. nat., JJ. 90, fol. lO^-iO^", 189"- 190, n° .H 1/4 et 37/j), publiées par Secousse (Recueil, i/ig-iyo ; i')i-i')-2). Pour la seconde moitié de l'année i35(}, on trouve les mêmes indications dans plusieurs volumes des Titres scellés de (Jlairambaull rCVlll.n" 28 (5 août iSôg) ; XXXIV, n" loi (10 août m. a.) ; GVlll, n» 2/1 (H) août) ; XXIX, n° 88 (7 septembre.)

.3. Sur les agissements de ces « outremontains », voyez, outre les textes publiés par Secousse et indiqués dans la note précédente, des lettres patentes encore inédites, transcrites dans le même registre du Trésor des Chartes (JJ. 90, fol. SoS'", n" G3j ; Paris, juillet i3Go). L'excuse des mercenaires, c'est que leurs gages n'étaient pas payés. Aussi plusieurs d'entre eux avaient-ils comploté de livrer aux « ennemis » les forteresses qu'ils gardaient. Ils fiueiit découverts à temps et punis de mort Les plus (idèles se contentèrent de vivre sur le pays, à la manière des a Com|)agnies » anglo-navarraises. Leurs deux principaux chefs, les condottieri « Balduchc Wertel » (Balduccio W.) et « Léon de Jioloigne » (Leone de H.) n'avaient presque aucune autorité sur eux et risquèrent leur vie à vouloir réprimer les excès (ju'ils \ oyaient commettre. La ville de Paris aurait dû leur payer 3o.ooo ilorins d'or a ou en\ir<)n », « selon leur monstre et retenue ». Ils transigèrent, semblc-t il, pour 'i.ooo tlorins,en raison des dommages causés par leurs hommes.

li. Voy. t. I, chap. vui, p. 308, n. 8:((... ordené etestabli capitaine gênerai et souverain pour nostre dit seigneur et pour nous en toutes les [)arties d'Orlenois et de Blesois, tant par deçà comme par delà Loire, de Nondosmois et de Touraine par deçà Loire et es-lieux encla\és. » (Mandement du dauphin du a février i3jS.)

I î â LES PROJETS D ALLIANCE DU REGETïT

lui confirmant ses pouvoirs antérieurs *. Regnaut de Gouillons, dont l'autorité allait s'exercer d'une façon à peu près indépendante, pouvait prescrire notamnnent toutes les mesures nécessaires pour la destruction ou la conservation des forteresses qui entouraient Paris dans un périmètre de quelques lieues.

Les lettres de convocation adressées par le régent aux trois ordres du royaume avaient attiré à Paris tout l'état-majo»' de la noblesse féodale. Les gentilshommes durent y affluer plus nombreux encore, lorsque leurs représentants aux Etats eurent pris l'engagement de servir gratuitement le dauphin pendant un mois. Ainsi s'explique sansdoute, et d'une façon naturelle, la participation de Bertrand du Guesclin au siège de Melun. Pendant longtemps, on avait pu douter que le futur connétable eût assisté à ce siège. Guvelier est, il est vrai, singulièrement explicite. Il raconte l'événement avec les plus grands détails et fait jouer à son héros le principal rôle; mais il commet à ce propos de telles erreurs do chronologie, qu'à bon droit on tenait pour suspect le fond même de son récit ^. Deux documents, mis au jour par S. Luce, n'avaient point la portée qu'il leur attribuait 3. Le témoignage concordant d'un religieux de Saint-Denis, le continuateur de la chronique de Richard Lescot, a une tout autre autorité '». Bertrand du Guesclin est venu au siège de Melun ; il s'y est comporté très bravement et a couru

I. Arch. nat., JJ. 90, fol. aSS^-aSy, n" 5r8 (Secousse, Recueil, ili^-iltb). — Re- (i^naull de Gouillons avait dû être fait prisonnier peu de temps auparavant, car il avait une rançon à payer, dont la ville de Paris acquitta unepartie. Le 3o juin iSâg, il donne quittance à Jean du Four, « receveur gênerai des empruns qui présentement se font en la dicle ville *de 3. 000 deniers d'or à l'écu.qui lui étaient dus « de reste, à cause de la promesse de ix" escus faite par Gencian Tristan, lors prevost des marchans, et les eschevins estans, du gré et consentement et voulenté de bourgois et gens des mestiers d'icelle ville, pour faire le premier payement de nostre raençon, afin qu'il se peusl armer (sic)... » (Bibl. nat., P. O. i349, d. 3o535, Goil- LONs, n" 3). R. de G. mourut dans le courant de l'année i3Go (P. Guérin, Arch. histor. du Poitou, t. XVII, p. 1^7, n. i).

a. 11 place révénoment au moment du procès, intenté, devant le parlement de Paris, par Bertrand du Guesclin à Guillaume de Felton, par conséquent au début de l'année i3(i/|. Le même Bertrand est fait capitaine de Pontorson par le régent après la levée du siège de Melun (Cfiron. de B. du Guesclin, par Cuvelier, édit. Charrlère, Documents inàdils, t. I, p. ia3, i3a).

3. Hist. de Bertrand du fîuesclin Pièces justifie, n" xviii, xix.

fi. Richardi Scoti chronici conlinuatio, [). i39 : « Dominus dux... partem ville Meleduni quam Navarrenscs occupabant, vi armorum recuperare temptavit sed in vanum, multis reiteratis periculosis insultibus in quibus famosus miles Bertrannusde Gleiiquin et nonnulli alii pêne et (sic) ad discrimcn ulliraum pervenerunt.... »

l'aTTAQI E DE MEI.UN PAH LE IlÉGENT Il5

les plus grands dangers. On peut donc désormais, tout en faisant très large la part de l'invention dans le récit de Guvelier, y voir autre chose qu'une simple fiction, dénuée de toute vérité historique.

L'intérêt d'une semblable constatation est considérable, car on ne saurait attacher trop d'importance à la première rencontre du régent avec du Guesclin. Qu'eût été le règne de Charles V, si ce prince n'avait pas eu à son service l'habile capitaine, avec l'aide duquel il reconquit peu à peu les provinces de son royaume, cédées aux Anglais par le traité de Brétigny ? Le nom du Roi et celui de l'homme de guerre sont inséparables l'un de l'autre. C'est pourquoi il convient de noter toutes les circonstances grâce auxquelles le petit gentilhomme breton, appelé à de si glorieuses destinées, lia de plus en plus sa fortune à celle de la France. Depuis le jour où Pierre de Villiers, l'ancien capitaine de Pontorson, avait fait choisir Bertrand pour son successeur*, la renommée de ce dernier avait grandi, mais sans franchir les frontières des deux provinces, à la limiie desquelles il multr|)liait les hardis coups de main. La part brillante qu'il avait eu^ à Ta défense de Bennes l'avait déjà signalé à l'attention du régent. Ce n'en était pas moins presque un inconnu, lorsqu'il suivit l'armée française sous les murs de Melun. Quand on l'eut vu à l'œuvre, il n'y eut pas, en dépit de l'échec final de l'entreprise, de héros plus populaire.

Le 17 juin, arrivait à Melun — le quartier delà rive droite était occupé par lesgensdu dauphin— un importantconvoi d'armesetdemunitions, expédié de Paris, par Jean de Lyon*. 11 comprenait, notamment, 2.000 carreaux, 10.000 viretons et u deux grands canons garnis de poudre et de charbon et deplonmées », ce dernier mot désignant les projectiles lancés parles canons^. Le bateau, qui portait toute cette a artillerie», eut fort à

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