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LA PAIX AVEC LE I\OI DE NAVARRE

Le siège de Melun, cjui semblait fermer la porte à tout accommodement, avait, au contraire, favorisé la reprise des négociations. 11 ne faut pas oublier, en effet, que, par une rencontre singulière, trois princesses auraient été enfermées dans la place assiégée, qui prenaient fort à cœur les intérêts du Navarrais : sa femme, sa sœur et sa tante*. Deux d'entre elles, — les reines Jeanne et Blanche, —étaient habituées depuis longtempsà jouer le rôle de médiatrices. Klles le reprirent sans doute, mais en subordonnant tout accord à cette condition inadmissible que le régent commençât par lever le siège'-. Usant d'une autre tactique, les amis de Charles le Mauvais menaient grand bruit autour de prétendus préparatifs qui auraient eu pour objet la délivrance de Melun. Une armée de secours était réunie, dont l'arrivée contraindrait les assiégeants à une retraite précipitée*^. Le dauphin ne laissait pas que d'être préoccupé de cette éventualité, et il écrivait aux bonnes villes de lui envoyer en toute hâte des renforts, sans lesquels il risquait d'éprouver un désastre, peut-être irrémédiable '^

En réalité, le roi de Navarre était à bout de ressources. La guerre lui était fort onéreuse et il se savait abandonné par Edouard 111, ainsi que le témoignait assez nettement un article du deuxième traité de Londres*^, La résistance de la garnison de Melun ne pouvait se prolonger

1. J'énonce le fait avec quelques réserves, car Kroissart est Je seul k menliooncr « la royne de Navarre et soer au duch de Nonnendle » (Chron., V, i(jo), et Ion sait combien, pour des détails de ce genre, il est sujet à caution. Les Grandes Chroniques ne parlent que des reines Blanche et Jeanne (VI, i3(), t55).

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