Voy. ci-dessus, t. 11, p ikj, n
3. Lettre de Jeanne, « reine de France bl de Navarre » (la veuve de Charles IV et la tante de Charles le Mauvais} au prieur de Saint-Marlin-des-Charaps (Jean du Pin); Château Thierry, la octobre i358 : « ... Prieur, saches que quant nous sommes huy venue au disner à Nogent l'Artaud, nous avons là trouvé un chevalier de l'empereur appelle Corrat (Conrad?; Gobli et un sien chappclain appelle raons. Pierre de Waben, qui nous ont apportées lettres de l'empereur, par lesquelles il nous escript et prie moult acertes que nous enduisiens et mettiens peine par devers nostre dit neveu de avoir bonne pais de nosfre très cher cousin le régent et nous requeroient que nous li cscripsissions, et avoit créance es dictes lettres à cesle lin. Si leur avons respondu que nous y avons mis toute la peine que nous avons pu et •que cncores en feriens-nous volentiers tout ce que nous pouriéns et que nous li en
aviens parlé) et escript en plusieurs fois, mais nous ne li aviens rien dit, ne escript, que ce ne fu.st du sceuct volentc de nostre-dit cousin, ne ne feriensorcs, ne autres fois, et ainsi se sont paHis de nous et s'en vont par devers nostre neveu, ausqueux (sic) ii portent lettres sur ce, si comme ils nous ont dit » (Bibl. nat., portef. de Fonlanieu, LXXXI. Copie moderne, très probablement d'après l'original communiqué par Dom Pernod, bibliothécaire de Sainl-Marlin-des-Ghamps. — Publ. par Kervyn de L., Froissart, XVlll. holi-dob).
Vers le même temps, l'Empereur faisait un effort pour venir en aide à son neveu. Il écrivait de Caristoin (ia-i3 septembre} aux bourgeois et aux magistrats de Strasbourg et de Metz pour leur exposer les dangers dont étaient menacés les fils du roi de France. Il les priait d'envoyer à Toul, où ils devaient être rendus le n octobre, quelques hommes d'armes (galealos: ilo en tout, dont loo pour la ville de Metz et /io pour Strasbourg), équipés et approvisionnés de vivres pour deux mois. Après avoir rappelé ses sentiments d'affection à l'égard de ses neveux, il ajoutait, pour justifier sa conduite : signanter cum dalphinus predictus sit princeps Impcrii. Ceci est bien conforme au caractère et à la politique do Charles IV (D. Jean-François et D. Nie. Tabouillol, flist. de Metz, i7G(), t. IV, p. 174-175. — Jacobus Wencker, Collecta archivi et cancellnrix jura, etc. Strasbourg, i^iô, p. 38o-38i, pièce VI).
Les lettres écrites postérieurement (février iSâg) par le Pape à l'Empereur pour lui recommander son neveu et l'intéresser à une affaire qui n'est pas spécifiée semblent se rapporter plutôt au projet d'alliance entre le roi de Hongrie et le régent, ou à tout autre chose qu'à la réconciliation de ce dernier avec le roi de Navarre 'H. Dcnifle, op. cit., p. 3ji-333).