‹ Histoire de CharlesChapitre 71 sur 301 · Art. a · texte numérisé non relu

Art. a

indéfiniment, mais, pour l'instant, elle le servait à merveille, le mettant en bonne posture pour traiter. En effet, tandis qu'il affichait ostensiblement des projets belliqueux, ses gens et ceux du régent conféraient déjà ensemble, aux environs de Mantes, le quartier-général de Charles le Mauvais* ; si bien que l'accord tant souhaité se fit entre les procureurs des deux princes, dans les derniers jours du mois de juillet.

Les principaiix points de cet accord furent : la restitution au roi de Navarre de toutes les forteresses et terres qu'il tenait avant l'ouverture des hostilités; l'octroi de 12.000 (( livrées de terre », c'est-à-dire l'assignation à son profit de revenus fonciers s'élevant à la somme de 12.000 livres ; le paiement de 600.000 écus d'or au coin du roi Jean, en douze ans, par annuités de 5o.ooo écus. A ce prix, Charles le Mauvais devenait l'ami et l'allié du roi de France et du régent, auquel il devait de nouveau faire hommage 2.

Dès que le projet de traité fut arrêté, on le communiqua au régent, qui le trouva évidemment fort acceptable, car il partit aussitôt de Melun, — dans l'après-midi du 3i juillet — pour rentrer à Paris, où il arriva le I" août, de bon matin ^. Le même jour ^, il réunit dans la chambre des Comptes plusieurs membres de son conseil, le prévôt des marchands et quelques bourgeois notables de Paris. 11 leur fit connaître le texte du traité, qu'il no voulait pas adopter sans qu'ils en eussQpt délibéré et sans qu'ils eussent donné leur avis. La matière fut à peine mise en délibérati(^, car on reconnut de suite la nécessité de tenir une réunion plus nombreuse, u où il y aurait plus 'de gens de Paris ^ ». Elle fut tenue le lendemain matin, 2 août, dans u la chambre du Parlement ^ ». Le régent relut le traité et pria les assistants de revenir le

I. Gr. Ckr., VI, i55 : « Kl pendent ce que le dit regent csloit à Meleun, aucuns de ses gens traiolcrcnt de paiz avccqucs aucuns des '^eus du dit roy de Navarre, à Rosny et à Veteil ». — Rosny; Scinc-ct-Oise, arr' et c°" de Manies — Vctheuil ; Seine-el- Oise, arr' de Mantes, c" de Majjjny.

3. fJr. Chr., VI, i55-i5G : '.< El finablemonl furent en acort que le dit regent rendroit au dit roy de Navarre toutes les forteresses et terres que il tenoit de luy, et oultrc li baiileroil encore \n mile livrées de terre et vi* mile estuz de Jehan à paier chascun an l mile jusques à xii ans. Et pour ce le dit roy demourroit ami bien vucillanl et aliez du roy de France et du dit regent et de nouvel fcroit hommage au dit regent ».

3. Ibid., p. lôO : « ... le jeudy bien matin, premier jour d'aoust. .. »

ti. Ibid. ; « ... ccluy jour. . . à heure de relevée. . . »

5. Ihid. : « Si fu ordenc que il y auroit plus des genz de Paris ».

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