I.A PAIX AVEi: I.E HOI DK NAVARRE I
pas decondilion à sa réconciliation ? Hicn peu de gens le crurcnl ^ le dnuphin peut-être moins que tout autre, quoique la politique l'obligeât à montrer une confiance imperturbable, et à se conduire en tout comme s'il faisait fonds sur les promesses du Navarrais "^.
11 était rentré à Paris le a4 août, tandis que le roi de Navarre retournait à Meulan. 11 avait été convenu que les deux beaux-frères se reverraient le dimanche i"' septembre, pour aviser aux préparatifs militaires, qui ne pouvaient être différés, sans péril, car la guerre était imminente. On annonçait que la Hotte du roi d'Angleterre était prête et qu'incessamment il débarquerait en France avec une nombreuse ^armée^. L'entrevue devant avoir lieu à Paris, le régent voulut préparer l'opinion publique à la venue du roi de Navarre et lui éviter les insultes, que le souvenir des événements de l'année précédente aurait pu lui attirer. Très loyalement, d'ailleurs, dans sa correspondance avec les bonnes villes, il s'efforçait de dissiper des préventions trop légitimes et reconuuandait la stricte observation de la paix de l^oriloisc '^
Il réunit donc une assemblée plénièrc dans la chambre du Parlement, donna lecture du traité intervenu peu de jours aupavarant, déclarant qu'il ne voulait pas que Charles le Mauvais vînt à Paris, si ce n'était du gré des habitants, et qu'il désirait par dessus tout qu'on n'usât d'aucun mauvais-procédé à son endroit, ni à l'égard de ses gens ^. Ln avocat au parlement, Jean des Mares, qui devait être l'un des conseillers les plus habiles et les plus intègres de Charles V, répondit au nom du prévôt des marchands et « de la ville ^ ». Le peuple de Paris, dit-il en substance, est fort joyeux de la paix qui a été conclue ; il ne s'oppose pas à la venue du roi de Navarre, mais il est d'autres traîtres dont il ne tolérerait pas la présences/Jean des Mares nomma ces
1. (ir. Clir., VI, iGo : u Dont pliisciirs disoioiil (^ue le dit roy de Navarre fcroil bien licsogiie, el que, parla dicte paix graiil bien vendroil au royaume. Kl autres disoient que le dit roy l'aisoit tout ce (pie il l'aisoit cauleuienl el par malice, pour décevoir le dit rcgent el le peuple, et que il ne feroit jà bien. w.