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CONSÉQUENCÇS DE LA RUPTURE AVEC L* ANGLETERRE

de Hertford, où il était souvent venu du vivant de la reine Isabelle*. Il en fut tiré le 29 juillet pour être conduit à Somerton, conformément à l'ordre déjà donné une première fois *. Il y arriva le 4 août ^. u Un chevalier banneret ». William lord d'Eyncourt, « fut chargé d'escorter le Hoi pendant le trajet et de le garder à Somerton ; trois autres chevaliers, vingt-deux hommes d'armes et vingt archers, étaient mis à sa disposition ; nonobstant la mission spéciale de lord d'Eyncourt, sir Henry de Greystock, connétable du château, conservait ce que nous appellerions dans notre langue militaire moderne le commandement de la place ^ » .

En même temps, on limitait le nombre des personnes de l'entourage de Jean II, autorisées à demeurer auprès de lui ^. Dans la suite, dau-

1. Duc d'Aumale, Notes et documents relatifs à Jean If, p. Ittt, 117 cl suiv. Voy. notamment p. 117 : « Avril qui commença au lundy ; et parti le Ro) de Londres le jeudy ensuivant, qui fu un* jour d'avril CCCLVIII (i35(j n. s.) » — p. 129 (3o avril) ; « Le Curé de Toussainz de Herlhford, pour les offerandes du Hoy, du venredy V jour d'avril, que le Roi vint de Londres à Herthford... »

a. Voy. ci-dessus, tome 11, p. 77.— Joignez-y l'article suivant du comple<le Dcnys deCollors (op. cit., p. i3a ; i5 mai) : « Mcssire Gauthier Ilaywock, pour cerlaiimes despenses et pertes faictespar li à cause de plusieurs provisions et garnisons de blés, vins et autres choses faicles pour le Roy ou chastel de Sommerlonne, ou quel le Roy devait aler environ le Chandeleur CCCLVIII darrein passé, et n'y ala pas, quar il fu autrement ordené, et pour ce furent revendues aucunes des dictes garnisons, du commandement du maître d'ostel ...»

Les ordres nécessaires pour le transférement définitif furent donnés les 36 et 27 juillet (Rymer, 111, i* p., p. ASS-ZiSg).

3. Le château de Somerton, dans le comté de Lincoln, avait été édifié vers 1281, par Anthony Bek, évêque de Durham. Il avait tout l'aspect d'une forleressc((( strongly towered and deeply moated ») et était situé dans un pays plutôt triste. Voy. Rev. Edw. Trollope, F. S. A. Rcctor of Leasingham [Mid. Lincoln], The captivity of John, King of France, al Somerton Castle, Lincolnshire ; Somerton and ils Builder f Associated architectural Societies. Reports and Papers, 1857, p. h^-OS, 83-91). Un croquis du château dans son état actuel accompagne la communication du Kcv. Trollope.

4. Rymer, ubi supra. — Duc d'Aumale, op. cit., p. /i8. — L'n descendant de VV. d'Eyncourt, Charles Tennyson d'Eyncourt, a consacré quelques pages au célèbre portrait du Roi conservé à la galerie Mazarine et qu'il attribue, comme beaucoup d'autres, à Girart d'Orléans. « ... lie (King John) was conducted to tiiat fortress by my ancestor, William Lord d'Eyncourt. » (Archœologia, t. WXVIII, 18G0, p. ujO-aoï. ISoUce of a portrait of John, King of France}.

5. Rymer, III, r p., p. /i36. Super personis de familia adversarii Francia*, juxla proclamationcm, celeriter rccedentibus (Westminster, ai juillet i359); — p. U^", : De conductu pro viginti personis cum Joh. de Fr. adversario régis in Anglia nioraluris (uG juillet m. a) ; — ibid. : De conductu pro certis personis ultra numenim prediclum (jG juillet). Cf. ibid., p. h'jo, kik (18 fév., 10 mars i36o). Le nombre des personnes ainsi autorisées avait d'abord été limité à vingt ; mais il ne larda i)as à

iVi DERNIÈRE CAMPAGNE d'ÉDOUARD III EN FRANCE

1res précautions encore devaient être prises pour prévenir une évasion ou empêcher un enlèvement.

Enfin les opérations militaires allaieïit recommencer et être conduites par les Anglais avec la dernière vigueur. Edouard III, fort « courroucé », avait déclaré que cette fois il ne poserait pas les armes avant d'avoir a fin de guerre » ou « bonne paix », c'est-à-dire avant d'avoir conquis le royaume de France ou dicté ses conditions ^ Depuis longtemps, il songeait à entreprendre une nouvelle campagne. Dès la fin de l'année i358, après l'échec de la mission donnée aux légats, des mandements très explicites marquèrent clairement l'intention du roi de passer sur le continent^. Au commencement de l'année iSôq, tous les ordres furent envoyés pour la prompte mobilisation des hommes d'armes, des archers et des Gallois, pour la réunion et la mise en état des bâtiments de transport, nécessaires à l'expédition •*. C'est à peine si les préparatifs furent

être plus que doublé, le roi Jean ayant obtenu que vingt cl un. noms fussent ajoutés sur la liste (Rymer, ihid., 437, /i38, ^70). Voy. Chron. des quatre pr. Valois, J97 : « Et donna l'en congié à la greigneor partie de ses gens, et ne lui demoura que pou de sa famille ».

La proclamation, visée dans le mandement du 21 juillet, est transcrite dans un registre du Guildliail (Lelterbook G, fol. 7G). Elle a été publiée par Delpit, CnUect. générale des documents fr. qui se trouvent en Angleterre, p. 82-83, n° CLXXXI. Elle est faite, « de part le conte de Lamarcbe, maresclial d'Englelerre )),à la date du samedi 0 jjuillel. Les Français résidant en Angleterre, qui ne sont pas les prisonniers du roi et « SCS autres liges », ont (|uinze jours pour « vider le royaume », du dimanche 7 juillet au dimanche 21, lendemain de la fètc de Sainte Marguerite. Tous devront passer par le port de Douvres, et non ailleurs.

I. Jean le Bel, Chron., Il, 289 : « Quant le noble roy Edowart eut entendu ces nouvelles, il en fut durement couroussé ; si dist sy bault que cliascun le povoit bien ouïr que, avant ce que l'aoust fusl i>assc, il vendroitsi poissaument ou royaume de France qu'il y demourroil tant qu'il auroit (in de guerre ou paix à son honneur ». Même texte dans Froissart, Chron., V, iHi, avec celte variante : « ... que, ainçois que li yviers fust entrés, il euleroit si poissaument ou royaume de France, etc. »

■>.. P. II. O., French Uolls Sa Edw. III, m. 5 (Westminster, G et 8 décembre). — Rymer, III, i' |)., p. /ii2-ii3. — Mandements aux deux amiraux (îuy de Bryau et Robert de Morley : « Quia pro oxpedilionc guerre uoslre Ffrancie, inlendimus cum exenitu nostro ad partes transmarinds, in proxinio, Dco duce, Iransfretare •.

3. Voy. la lin du Frcuih Holl 3j cl les Frenc h RdUs 33 Edw. III, d'où Rymer n'a pas extrait tous les textes inlércssanls, à beaucoup près. Ceux (ju'il a ilonnés peu vent suflire : p. tuli (t jan\ier i35«() : De arcubus et sagillis proA iticndis : «Quia pro expedilione guerra* nosira' Francia* arcubus et sagillis plurimum indigemus, etc. 9 ; — (>, /|i5-iiiO (la janvier) : De sagillariis i ligondis pro passagio Régis ad parles Francia';— p. /|iO (même date) : De hominibus Wallcnsibiis in parlibus Southwalliîf arraiandis ; — p. ^17 (1" février) : De minerariis eligcndis ad proficisceodum cil m Rege.

CONSEQUENCES DE LA RUPTURE AVEC l/ ANGLETERRE 1^5

un instanl ralentis, au milieu du mois de mai, dans l'attente d'une solution pacifique, bien improbable *. Tout espoir étant perdu, quelques jours plus lard, ils reprenaient avec une activité nouvelle *. Déjà se dessinait le plan d'Edouard III, qui, posant une fois de plus la question dynastique, allait combattre pour la revendication, pour « le challenge » dç son droit au trône de France. Son premier objectif en débarquant à Calais devait être et fut elTeclivement le siège de Reims, la ville du sacre ^. 11 s'en cachait si peu, que le régent connut immédiatement ce projet. De nombreux Français, qui appartenaient à la domesticité de Jean 11 et dont la présence n'était plus tolérée en Angleterre, venaient de rentrer en France. Ce sont eux qui rapportèrent au dauphin les propos menaçants de son ennemi *. Aussi dès le lo juillet, le

I. P. R. O., French RoU 33 Edw. III, i' p., m. iG (Westminster, i5 mai). Mandement « Johanni de Ferrariis, Jacobo de Cobhain, Wultero de Brankescombe et vicecomiti Devonensi .) de surseoir à l'ordre qu'il leur a précédemment donné de lever dans le comté de Devon Go archers, a ad projiscbcendum nobiscum in proximo passagio noslro transmarino ». La date du i5 mai est à remarquer. De suite après on lit ceci : « Rex dilcctis et fidclibus suis Johanni de Fferrariis etc. salulem. Licet nuper certis de causis vobis mandaverimus quod electioni, arraiacioni et triacioni illorum sexaginta sagittariorum, quos in diclo comitatu pro passagio nostro ad parles esteras per vos eligi et arraiari mandavimus, faciendis supersederelis, propter tainen quedam nova ardua et urgencia que nos jain tarde audivimus, magnum numerum saggittariorum pro expedicione guerre nostre Ffrancie oportet neccssario nos habere... »

a. P. R. O. French Roll 33 Edw. III, i* p.— Rymer.Ill, i" p., p. ^27-428 : « De navibus arcslandis pro passagio Régis » (5 juin) ; — p. liiS : De marinariis pro navibus Régis eligendis (7 juin, 18 juillet) ; — p. 43i : De carpentariis, cemenlariis et fabris capiendis pro passagio Régis ad partes Franciae (10 juillet); — p. dlio-htii : De sagittariis certis ductoribus liborandis (4 aoiît) ; — p. (^{^3-l^f^i : De prolectione pro comitiva Johannis comitis Richemund (16 août) ; — De protectione pro comitiva principis Walliœ (18, 20, a8, 3o août; i", 4, 5 sept.) etc.

3. Contin. de Richard Lescot, ^l^2-ll^i : « Rex Anglie Eduardus... civitatem Remensem XL diebus obsidione cinxit, sic sperans illam ingredi ut se faceret in regeni Francie inungi et coronari ». — Jean de Venelte est moins affirmatif, mais il dit la même

chose : « Rex aulem Aiigliie vcnit cum suo exercilu potentissimo ante Remis,

ut se ibi, civilate cxpugnata, faceret coronari in regem Francia;, prout ferlur, et sic regnarel sicul alter Antiochus super duo régna. » (Contin. Chroniri GuUlelmi de San giaco, t. II, p. 297) — Villani, lib. IX, cap.LXvii; Muratori, \IV, col. 587-088. «Corne il rc d'Inghilterra si pose a hosle alla ciltà di Rens. » Voy. les textes cités plus loin à propos du siège même de Reims.

Aucune allusion n'est faite, dans les Gr. Chr , à ce dessein du roi d'Angleterre (VI, 165-167).

4- Chron. des quatre premiers Valois, 97-(|8 : « Et s'en vindrent les gens du roy Jehan en France, lesquelz distrent à monseigneur le duc l'appareil que le roy d'Angleterre faisoit à venir sur le royaume de France et qu'il n'avoit oncquoz fait si grant armée. »

Il y avait aussi des espions entretenus en Angleterre par le gouvernement du

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prince écrivait-il au maire et aux échevins de Reims d'approvisionner leur ville et de ne rien négliger pour qu'elle fût en mesure de résister à une attaque. Il avait appris, en effet, de source « certaine, par gens dignes de très grande foi et qui le doivent bien savoir », que le roi d'Angleterre s'apprêtait à passer la mer avant la fin du mois d'août et que son intention était de choisir, entre plusieurs places dont on savait les noms, celle qu'il assiégerait. Reims était sur la liste et paraissait spécialement visé *.

II. — Les préparatifs prirent-ils plus de temps qu'on ne l'avait pensé ? On l'ignore. Toujours est-il que le mois d'août, puis le mois de septembre s'écoulèrent,- sans qu'Edouard 111 voulût ou pût effectuer son passage ^. Pendant ce temps-là, un fort contingent de chevaliers, venus de la Flandre on des terres d'Empire, et réunis à Calais, traitait la ville en pays conquis, prétendant imposer ses services au monarque anglais. Celui-ci, qui se souciait médiocrement d'entrer en contact avec cette cohue indisciplinée, retarda encore sa venue et se fît précéder de quelques jours par le duc de Lancastre ^. Le duc, débarqué

régent. Voy. Rymer, III, i* p., l^l^2 (13 août iSSg) : a Quia datum est nobis intelligi, quod Johanneis de Coroewaille et Wiliieîmus de Derby, qui inimicis nostris de Francia contra nos sunt adhœrentes regnum nostrum Angiiae clandestine sunt ingressi, et in civitate nostra Londonensi, et alibi vagantur, sécréta nostra et terrae oostrae explorantes, in nostri contemptum et prœjudicium, et totius regni nostri periculum manifeatum etc. » Ordre de les rechercher où qu'ils se trouvent et de les enfermer « in prisona nostra de Neugaie ».

1. Arch. commun, de Reims. Orig. parch. lettre close. — Publ. par Varin, Arch. adm. de Reims, III, p. i4o-i4i : « Maire et eschevins de Reins. Nous avons eu certainnes nouvelles d'Angleterre, 'par gens dignes de très grant foi et qui bien le doivent savoir, qu* le roy d'Angleterre se ordonne et appareille tant comme il puet pour passer la mer dedans ce prouchain mois d'aoust, et qu'il est s'entencion de asscgier l'une de certainnes villes dont l'en nous a asporlé les nons par escript, entre les queles est nommée en especial la ville de Reins, etc. »

2. Il s'était d'abord proposé de passer en France vers la fête de la Nativité de la Vierge, soit vers le 8 septembre (Knighton, Chronicon, II, io5). Cf. un mandement du h août ordotonant de concentrer les archers, levés dans les divers comtés, à Sandwich, c'est-à-dire au port d'emba^uement, « ila quod sint ibidem in quindena Assumpcionis béate Marie Virginis proximo future ». (P. R. O., French Roll 33 Edw. III, a* p., m. i8). Le terme assigné s'accorde bien avec la date du 8 septembre. — Voy. aussi Froissart, Chr., V, 1 90-191.

3. Froissart, ibid. — Ce chroniqueur parle seulement de l'encombrement de Calais et de la congommalion de vivres qui s'y fit, au détriment des approvisionne-

LE nue DE I, ANC ASTRE EN PICARDIE ET EN ARTOIS f^T

à Calais vers le i" octobre <, commença aussitôt une chevauchée à travers l'Artois et la Picardie. La nouvelle en parvint au régent pendant qu'il se trouvait en Normandie, où la session des Etats provinciaux était à peine close. On s'explique par là qu'il soit rentré assez précipitamment à Paris 2.

Lancaslre passa devant St-Omer et Béthune, occupa le montSaint- Eloy 3, et, s'avançant jusqu'à Ba paume et à Péronne, accomplit, dans la vallée delà Somme, l'œuvre de destruction qui était la seule méthode de guerre pratiquée au xiv' siècle ^. Amiens put se croire menacé (i8

ments réunis en vue de l'arrivée d'Edouard III. Knighlon ne laisse aucun douie >ui les désordres et les violences attribviablcs aux hommes d'armes étrangers (II, io5). On connaît les noms de quelques chevaliers allemands au service d'Edouard III (Issue Rolls, 33 Edw. III, Michaelnias, a et aa oct. i358, a mars iSôg ; même année, Easler, ly juin i35t)). Des chevaux furent achetés en Allemagne en vue de l'expéditien projetée (Issue Holls, 33 Edw. III, Easler, g mai 1359; ^^ Edw. 111, Michaelnias, 4 octobre 1369). Edouard III reçut des lettres de l'Empereur à la fin de mai ((( Hankino, nuncio imperatoris, venienti cum lilleris ejusdem imperaloris directis domino Régi », dans Issue Rolls, 33 Edw. III, Easler 35 mai iSSg). Il s'agissait évidemment d'un essai de médiation entre les rois de France et d'Angleterre plutôt que d'un rapprochement entre Edouard III et l'Empereur. Le 7 juin de la même année, « Slephanus Runiilovv » est envoyé « versus partes Almannie », chargé d'une mission secrète (Issue Rolls, 33 Edw. III, Easter, m. i3). Rien ne permet de dire qu'il fût porteur d'une réponse aux lettres de l'Empereur.

I. Knighton, 11, io5 : « ... et applicuit apud Galesiam post festum sanctis Mlchaelis (ag septembre)... » — Froissart, C/iron., V, 19a : « ... et fisl tant qu'il vint à Calais, environ la festc saint Rémi. » — Jean le Bel {Chron., Il, agi) que Froissart a copié, n'indique pas la date, même approximative, du débarquement. — La force de cette avant-garde anglaise aurait été de 3 à 4oo armures de fer et de a. 000 gens de pied, archers et Gallois (Jean le Bel, II, agi ; Froissart, V, iga). — Knighton, ibid., ne précise pas («" cum fortitudine grandi »). L'appoint des chevaliers et écuyers étrangers aurait porté le corps du duc de Lancastre à plus de a. 000 armures de fer, sans compter les archers et les gens de pied (Jean le Bel, II, a^S ; Froissart, ibid.).

a. Voy. t. II, p. i3o, n. 3. Pendant qu'il était encore à Rouen, il eut à se préoccuper de la défense éventuelle de la Picardie. Par mandement du ao septembre iSSg, il ordonna à son trésorier, Jean d'Orbec, de faire payer à ses a amcz et feaulz chevaliers et conseillers messire Jaques la Vache et messire Guy de Beaumont •, envoyés • es parties de Picardie », « pour certaines et grosses besoignes qui bien notis touchent )) la somme de lao deniers d'or à l'écu, « sur leurs gaiges et despens ». (Bibl. nat., Fr. 30.701, n° 163).

3. Mont-Saint-Eloy ; Pas-de-Calais, arr' d'Arra», c°' de Vimy. « Abbaye de l'ordre de Saint Augustin au diocî;se d'Arras, àg kil. au nord de cette ville; il reste de celte abbaye, bâtie sur une colline escarpée de 120 mètres, deux tours à six étages qui dominent tout le pays environnant. » (Luce, Froissart, V, lvi, n. 1).

i. Jean le Bel et Froissart, loc. cil. — Knighton, II, io5 : « Et equilavit per Picardiam et Arloys, et destruxil patrias in circuilu. »

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octobre) *, mais le principal effort de celte avant-garde porta sur une localité moins importante, Bray-sur-Somme, qui fit une très belle résistance et repoussa plusieurs assauts ^. Après cet échec, les Anglais traversèrent la Somme à Gérisy, le jour de la Toussaint 3, mais ne poussèrent pas plus loin, car Edouard III venait à son tour d'arriver à Calais (28 octobre) *, et il rappelait le duc de Lanr^stre auprès de lui 5.

Le roi d'Angleterre qui voulait terminer en une seule campagne sa querelle avec son u adversaire de France », s'était mis en mesure de frapper un coup décisif^. Son royaume lui avait fourni assez d'hommes d'armes pour que les mercenaires étrangers, accourus à son appel, fussent inutiles 7. Il les congédia donc presque tous, car il se fut trouvé dans l'impossibilité de les solder ^.

Quatre des fils du roi l'avaient accompagné ^. Seul, le plus jeune

I. Arch. nat., JJ. 90, fol. 20^", n'AoS. Texte cité par S. Luce, Froissart,\, lvi, n. 2. a. Voy. Siméon Luce, ibid , p. lvu, n. 2. — Jean le Bel, p. 292. — Froissarl, p. 198. — Bray-sur-S. ; Somme, arr' de Péronne, ch-1. de c"".

3. Cerisy-GaiUy ; Somme, arr* de Péronne, c" de Bray-sur-Somme.

4. Edouard III s'embarqua à Sandwich, petit port au nord de Douvres, le lundi 28 octobre et non le mercredi 3o octobre, comme l'a cru S. Luce, op. cit., p. lviii, n. 2, d'après Froissart (Chron.y V, 199) : « ... et arrivèrent à Calais deux joifrs devant la feste de Toussains... » •

Il arriva à Calais le soir. Un texte publié par Rymer, III, 1' p., p. 452, donne à cet égard les renseignements les plus précis : « Ac postmodum in festo sanctorum Simonis et Judae, videlicet XX VIII die ejusdem mensis octobris,dictus dominus rex, inler auroram diei et ortum solis, in portu de Sandewico, ascendit uavcm vocatam la PAelip 'de Dertemuth, et ipse, una cum aliis dominis et magnatibus, erectis velis navigii sui, ab inde usque villam Galcsii prospère transfretavit, et in portu ejusdem villae, eodem die, circa horam vesperarum applicuit. » — Cf. le témoignage concordant de VEulogium hisloriar., lll, 228, malgré une avance apparente d'un jour.

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