Mêmes sources
It. Gr. Chr., VI, i4o-iiii. — Froissart, V, 128. 5. Froissart, V, 159.
aO LA GUERRE CONTRE LE ROI DE NAVARRE
avant de se retirer, ils mirent le feu aux riches quartiers qui formaient la ceinture du vieil Amiens. Froissart parle de S.ooo maisons détruites ; ce qui paraît exagère, quoique, soixante ans après l'événement, les ruines d'un très grand nombre d'habitations montrassent encore rétendue du désastre *. Toutes les ruines n'étaient pas le fait de l'incendie, les démolitions édictées après coup, pour les nécessités de la défense, ayant aggravé l'œuvre du feu 2.
La répression fut terrible. Dix-sept habitants d'Amiens, portant tous des noms célèbres dans les fastes de l'échevinage, périrent par la main du bourreau 3. Beaucoup d'autres s'étaient enfuis, qui n'obtinrent leur pardon que grâce à l'intercession du roi de Navarre, lorsque ce dernier eut fait sa paix avec Jean II, rentré de captivité *.
Y eut-il, dans le même temps, un complot tramé à l'instigation de Robert le Coq, pour livrer la ville de Laon aux Navarrais ? Très probablement, Froissart a brouillé une fois de plus les faits et les dates ^, Les exécutions sanglantes, mentionnées dans diverses lettres de rémission ^, furent motivées sans doute par des actes de rébellion ou une tentative de trahison, antérieurs à la mort d'Etienne Marcel 7.