‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de StuartChapitre 14 sur 78 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

SUCCESSEURS IMMÉDIATS DE HALGOLM CANMORE.

Malcolm Canmore mourut en logi à la bataille d'àlnwick, surpris et trahi dans une de ces incursions en Angleterre qui prouvent que Guillaume avait bien pu châtier TÉcosse, mais non la soumettre. Son fils aîné étant mort avec hii, et les autres étant trop jeunes pour lui succéder, la couronne échut à leur oncle Donald (le Donaldbane deShakspeare), qui s'était réfugié en Irlande après l'assassinat de Duncan. Son règne fut troublé par les prétentions de l'oncle maternel de ses neveux. Alexandre, l'un de ces derniers, finit par s'asseoir sur le trône, et il défendit à la fois ses domaines contre les chevaliers normands, et les libertés de l'Église d'Écosse contre les évéques deCantorbéry et d'York, qui aspiraient à une suprématie sur toute l'île. Son frère David, qui lui succéda en 1 laS, continua plus vigoureusement encore la politique de Malcolm Canmore, dont il eut les nobles qualités avec une éducation meilleure. Oncle de l'impératrice Mathilde, fille de Henri 1% David défendit la succession de sa nièce contre les prétentions du comte de Boulogne. Lorsque ce prince se fit couronner sous le nom d'Étienne, le roi d'Écosse s'empara du comté de Northumberland, s'avança deux fois jusqu'au cœur du Yorkshire, et y porta une guerre dont les histo-

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riens anglais dénoncent la cruauté, oubliant que l'armée écossaise se composait en partie de Normands ou d'Anglais chassés de leur pays par la guerre civile. Pour ceux-ci, cette guerre était une occasion de représailles contre leurs ennemis personnels, et ils rivalisèrent de barbarie avec les sauvages Galwegiens , corps de soldats à demi sauvages, qu'on supposait être les derniers débris des anciens Pietés (i). David, à l'instigation des exilés, refusa le Northumberland qu'on lui offrait pour prix de sa retraite. Ce refus imprudent détacha de son parti deux barons, Robert de Bruce et Bernard de Baliol, qui possédaient à la fois des terres sur les deux frontières. A leur défection on peut attribuer en partie au moins la perte de la grande bataille dite de l'Étendard (ïi) , qui dispersa une des plus belles armées de l'Écosse qu'il eût fallu ménager pour mieux profiter des discoities civiles de l'Angleterre. Cependant David sut encore se rendre assez redoutable à Étienne pour en obtenir, après sa défaite, ce même comté de Northumberland qui lui était offert avant la bataille. Dans son propre royaume, ses donations au clergé et de nombreux

(1) Les sauvages à demi nus et à demi armés auxquels les Normands furent obligés de céder, à Northallerton , l*honneùr de combattre à Tavanl- garde , habitaient surtout la province de Galloway , sur la côte opposée à llrlande , d'où ils étaient venus en Écosse. C'étaient donc plutôt des Scots que des Pietés» Après la bataille de l'Étendard , les habitants de Galloway ne sont plus appelés que les Galwegiens,

(2) L'étendard! l'étendard! criaient les Anglais, qui avaient dans leur armée une bannière sainte envoyée par Thurstan , évéque de York.

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monastères (budés par sa piété généreuse lui valu* rent d'être canonisé après sa mort. Saint fatal à la œuronne! dit plus tard un de ses successeurs , lorsque le clergé se trouva plus riche en Écosse que le roi. Les historiens, en répétant cette protestation contre saint David, n'ont pas tous oublié qu'en se montrant si religieux , ce monarque servait aussi la civilisation dans un siècle où les monastères étaient non^seulement les dépositaires des hautes sciences, mais encore les dispensateurs de toute éducation pour la seule classe qui pouvait alors en recevoir les éléments. En Ecosse comme ailleurs, TÉglise fut longtemps aussi la seule école des beaux-arts, des belles-lettres, de Tagriculture, et même des métiers manuels. Quant à la sainteté de David, il faut bien dire qu'on canonisait alors les rois aussi facilement que sous les Césars à Rome on avait décerné l'apothéose aux empereurs. Mais les artistes qui ont vu les ruines de l'abbaye de Melrose seront comme nous très-indulgents pour la pieuse libéralité du frère de Malcolm 111.

Malcolm IV, son fils et son successeur, est on ne sait pourquoi surnommé la Vierge; car, si le trône passa après lui à son frère, faute d'enfants légitimes, les antiquaires ont découvert dans le cartulaire de l'abbaye de Kelso une charte par laquelle il avoue un fils naturel. Prince actif et brave , il fut moins heureux à la guerre que son père, et se vit forcé de rendre au roi d'Angleterre ce comté de Northumberland acquis par l'Ecosse sous le règne précédent. Tenu en échec par la supériorité des armes normandes, il put du moins tourner ses efforts contre ces mêmes sauvages de Galloway, toujours redoutables au sou-

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verain qui ne les conduisait pas au pillage en Angleterre. 11 parvint à les soumettre. 11 lui fallut réduire aussi le comté de Moray, habité par une peuplade issue de ces Scandinaves jetés sur plusieurs points de l'ancienne Écosse par le continuel flux et reflux des hommes du nord^ Danois ou Norwégiens. Cette peuplade, composée moitié de chasseurs et de pasteurs , comme les tribus gaéliques des montagnes, refusait de se fondre dans Tunité nationale. Malcolm IV la dispersa sur les divers comtés de ses États, en lui défendant de chercher à se grouper en tribu distincte. Les rois écossais commençaient à comprendre le besoin de réunir en faisceau les éléments de celte nationalité qui allait avoir à se défendre contre le génie conquérant de la chevalerie normande. Malcolm IV mourut en iï6ô.

DE L*ANGLETEBBE ET DE l'ÉGOSSE.

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