‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de StuartChapitre 19 sur 78 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Hallage.

« Quand les Saxoos (les Anglais) envahirent le « royaume, pour obéir à Édouard, ce roi perfide, « ils y exercèrent de grands ravages, égorgeant nos « seigneurs, détruisant leurs demeures, s'eraparant, « suivant leur caprice , des épouses et des veuves , a des nonnes et des jeunes filles. L'Ecosse les vit imicc ter le roi Hérode, en immolant les jeunes enfants; « leur archevêque eut tous les revenus des meilleurs a évêchés ; il n'y eut pape au monde qui pût préserver « les églises de leurs violences »

Ainsi s'exprime Henri l'Aveugle, l'Homère des ménestrels d'Écosse, en rimant les récits qu'il tenait de la bouche des contemporains d'Édouard. Le chanoine Barbour, chapelain et poète de Robert Bruce, déplore en vers touchants et naïfs les mêmes malheurs, et l'on aime à l'entendre, avant de commencer ses plaintes, s'écrier avec une conviction passionnée :

Ah ! Freedome is a noble thing ! etc.

«Ah! la liberté est une noble chose! La liberté «réjouit le cœur de l'homme; il vit heureux celui « qui vit libre : il n'est point de plaisir pour un no- « ble cœur si la liberté lui manque. Que sont tous « les trésors, que sont tous les palais, avec l'odieux

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« esclavage! Ah! celui qui a goûté la liberté la met ce bien au-dessus de tout l'or du monde! »

Ces senliments étaient ceux de l'Écosse humiliée et opprimée par les officiers d'Edouard et par ses insolents soldats; mais ces sentiments restaient muets au fond du cœur : quiconque se permettait la plainte était proscrit, mis hors la loi, et forcé de vivre en bandit dans les forets ou les cavernes.

Non loin de Paisley, dans le Renfrewshire, demeurait un simple chevalier, d'une famille ancienne, mais pauvre, sir Malcolm Galleys d'EUerslie : il avait un fils appelé Guilliam Galleys, selon l'orthographe normande, et plus connu sous le nom de William Wallace. Ce fils, à peine 'âgé de dix-huit ans, faisait l'orgueil de son père : il était grand de taille, et d'une force presque merveilleuse; son caractère semblait farouche et violent; cependant il se plaisait surtout dans la compagnie d'un vieux oncle ecclésiastique. Ce n'était pas que le jeune Guilliam songeât à devenir un clerc tonsuré; son oncle l'entretenait plutôt des honneurs qui attendent les hommes de guerre que des bénéfices, grâces auxquels chôment les hommes d'église : il lui vantait la liberté, déplorait les humiliations de la pauvre Écosse, et répétait souvent que ce serait faire chose agréable à Dieu que de délivrer le pays des Anglais. Son neveu l'écoutait avec enthousiasme, et nourrissait contre les oppresseurs une haine qui causait ces transports de violence ou ces accès de sombre humeur qu'on remarquait en lui.

Déjà il avait eu plus d'une querelle avec les Anglais, lorsque, ayant été provoqué par le fîls du constable de Dundee, il tira son poignard, el le tua sur la place.

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Comme Moïse, quand il eut tué l'Égyptien , Wallace fut obligé de fuir, et eut sa téte mise à prix. II devint bientôt le chef de ceux qui étaient obligés, comme lui, de se dérober aux sentences des tribunaux d*Édouard. Sa bande se grossit après quelques attaques heureuses contre les Anglais. Le bruit de ses premiers exploits, et le prestige qui s'attachait à sa force, à sa stature gigantesque et à son courage, le désignèrent bientôt comme le sauveur futur de l'Écosse. Il vit accourir sous sa bannière non plus seulement les outlaws {proscrits) j mais encore des barons avec leurs vassaux, tels que le fameux sir William Douglas le Hardi. Ormesby, le grand-judicier d'Édouard, tenait sa cour à Scone : Wallace le surprit par une marche rapide, dispersa ses troupes, lui enleva un riche butin, fit des prisonniers, et faillit le saisir lui-même.

A la tête d'une armée, Wallace se montra général aussi habile qu'il avait été brave chef de partisans: tout reculait devant lui; il fît main basse sur les oppresseurs. On dit qu'il était surtout impitoyable envers les prêtres anglais qui avaient pris possession des cures d'Ecosse, S'autorisant d'un édit d'exil rendu contre eux sous Baliol , et l'interprétant avec un excès de rigueur, il les faisait précipiter du haut des ponts dans la rivière. Ces actes de barbarie appartenaient au siècle; mais gardons-nous de les approuver, même au nom de la plus sainte des causes. 11 y avait sans doute, de la part de Wallace, le désir de venger quelque injustice dont son oncle avait été la victime. Il faut aussi croire que son chroniqueur, Henri l'Aveugle, n'a rien exagéré en racontant les représailles que son héros avait à exercer sur les Anglais : ils l'avaient

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prive d'une femme qu'il aimait tendrement, et, entre autres lâches exploits, ils pendirent un jour aux poulies d'une ferme plus de trente barons et gentilshommes , dont un parent de Wallace.

Edouard méprisa d'abord celle révolte; il avait pour otages nombre de seigneurs écossais; mais quand il sut que ses lieutenants avaient été battus les uns après les autres, et que leur vainqueur avait acquis assez d'importance aux yeux de ses concitoyens, nobles et peuple, pour être, lui simple chevalier, nommé général et gouverneur de l'Écosse, il comprit qu'un tel ennemi ne pouvait être réprimé que par toutes les forces réunies de ses États. La guerre avec la France le contraignait de différer encore la répression de l'Ecosse: mais déjà Wallace, se voyant menacé par la famine, après une guerre de dévastation , avait porté les armes au sein de l'Angleterre. Édouard se hâte de conclure la paix avec Philippe, et assemble sur les frontières du nord une armée formidable de plus de cent mille hommes, composée de Gallois, d'Irlandais et de Gascons; il vient à Roxburgh se mettre à leur tête; mais, au moment de partir, ses barons réclament la confirmation de la grande charte et de la charte des forêts. Édouard , par un serment conditionnel, promet de les satisfaire après la victoire. La garnison de la forteresse de Dirlelon èt celle de deux autres places molestaient son avant-garde par de fréquentes sorties : il envoie l'évêque de Durham , un de ses guerriers favoris , pour s'emparer de Dirlelon. Le prélat 5 avant de tenter un assaut douteux, veut prendre les ordres d'Édouard : v Dites à Anthony

Beck, répond le roi , qu'il fera le pacifique quand il

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«aura sa mkre d'évéque sur la téte; qu'il fasse ici le « métier de soldat. » L'évêque prit la forteresse : les deux autres places furent abandonnées avant l'arrivée d'une troupe de nouveaux chevaliers qu'Édouard avait chargés de la i-éduire pour gagner leurs éperons. Un mois s'était passé cependant, car Edouard voulait qaarcher à une conquête sure. Les Gallois, peuple encore indocile dans sa soumission récente, ayant eu une querelle avec les Anglais, menacèrent de se joindre aux Ecossais : «Qu'ils y aillent, reprit froidement Édouard ; je châtierai deux ennemis à la fois. » Tel était le roi à qui Wallace avait affaire. Wallace pouvait encore lui résister; mais il aurait eu besoin de l'union des barons écossais, et, par malheur, la jalousie des uns, la lâche trahison des autres, conspirèrent contre le héros du pays.

Édouard s'avance, et s'étonne de ne pas trouver d'armée : un ennemi invisible semblait avoir ravagé l'Écosse. Wallace, par un sage plan de campagne, avait résolu d'éviter une grande bataille; il espérait que la famine ferait bientôt justice d'une armée d'invasion aussi considérable, dans une contrée qui offrait déjà si peu de ressources en temps ordinaire. Tous ses efforts devaient tendre à intercepter les convois, et cela lui eût été facile par la connaissance qu'il avait de tous les postes et défilés , grâces à ses premières campagnes. Édouard comprit le danger, et il songeait à faire un mouvement rétrograde sur Édimbourg, pour se rapprocher de la flotte, lorsque deux comtes écossais, Patrick, comte de Dunbar, et le comte d'Ângus, révélèrent au roi que Wallace était campé à peu de distance dans la forêt de Falkirk ,

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attendant le moment de fondre sur l'armée anglaise pendant la nuit, et de troubler sa retraite.

Édouard ne put contenir sa joie : «Loué soit Dieu, s'écria-t-il , loué soit Dieu, qui m'a jusqu'ici sauvé de tout danger! Ils n'auront pas besoin de me suivre, c'est moi qui irai à eux. » A l'instant tous les ordres sont changés; l'armée est en marche sur Falkirk, et arrive à la nuit tombante dans une plaine de bruyères près de Linlithgow : « Chaque soldat, dit la chronique d'Hemingford, se coucha par terre, se servant de son casque pour oreillef ; chaque cavalier resta adossé a son cheval, et les chevaux eux-mêmes, n'ayant d's^utre nourriture que le fer, rongèrent leurs mors.» Au milieu de la nuit, un cri s'éleva du coté où le roi était étendu, comme les autres, sur la dure : c'était son cheval qui, mal tenu par son page, l'avait réveillé tout à coup en appuyant un pied sur sa poitrine. L'alarme fut au camp. Le monarque blessé put se rendormir , et fut le premier en selle aux premières lueurs du matin. Au delà de Linlithgowr, on fit une halte sur une colline, où une tente fut dressée pour célébrer la messe en l'honneur de sainte Marie-Madeleine, dont c'était la fêle. Déjà on découvrait l'armée écossaise, qui se mettait en bataille. Wallace avait été surpris; il n'était plus temps pour lui de faire retraite sans risques. Sa position étant avantageuse, il espéra encore la victoire, quoique ses forces fussent inférieures des deux tiers à celles des Anglais. Pouvait-il surtout soupçonner la trahison des nobles? pouvait-il croire qu'ils le trahiraient un jour de bataille*^ Il forma de son infanterie armée de piques quatre divisions circulaires; les sol-

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dats de la première ligne plièrent un genou , de manière à présenter de toutes parts une barrière de fer à l'ennemi : les espaces intermédiaires furent remplis par les archers du comté de Selkirk, et la cavalerie resta à Tarrière-garde.

Le premier corps anglais qui s'avanjça, ignorant la nature du terrain, alla s'enfoncer dans la fange d'un marais; Tévéque de Durham , à la téte d'un autre, fit un détour, et vint se placer en présence de la cavalerie de Wallace; il attendait sans doute que l'attaque commençât à l'avant-garde^pour charger la noblesse écossaise. «rÉvéque, lui cria Ralph de Drayton, qui crut qu'il hésitait , retourne à ta messe. — En avant donc! répondit le prélat, qui n'aimait pas à porter les derniers coups; nous sommes tous soldats aujourd'hui.» La cavalerie écossaise, excepté quelques chevaliers, se» retira sans tirer l'épée; ce n'était point faute de bravoure, mais envie contre Wallace. Les archers de l'infanterie soutinrent l'attaque, et offrirent un front impénétrable à la cavalerie des Anglais. Wallace ^ abandonné des nobles, était condamné à l'immobilité de la défen^iC, au lieu de pouvoir attaquer à son tour. Édouard fit avancer ses archers, chacun armé de ses vingt-quatre longues flèches qui avaient donné lieu à cette expression proverbiale, a que chaque archer an«glais portait vingt-quatre Écossais à sa ceinture.» Us furent fidèles à leur réputation d'adresse, et ouvrirent de larges brèches dans les rangs ennemis, où la ca« Valérie anglaise, se précipitant avec fureur, continua le carnage. La déroute fut complète; le seul corps que Wallace avait plus immédiatement sous ses ordres put gagner, à l'abri de la forêt, la route de Stir-r

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ling. Édouard se mil à sa poursuite; la citadelle de Stirling ne pouvait être défendue^ ou la livra aux flammes y et ce fut au milieu de ses ruines fumantes que le monarque, victorieux passa quinze jours à se rétablir de la blessure que lui avait faite son cheval la veille de la bataille; pendant ce temps-là, ses lieutenants soumettaient ou achevaient de dévaster les comtés voisins. Mais ils servaient par là les vues de Wallace , et le dernier résultat de la victoire devait être pour Édouard la retraite que le héros avait prévue.

Cependant, voyant que son titre pouvait devenir un obstacle à la défense du pays , Wallace l'abandonna généreusement à ses envieux , et redescendit au rang de simple chef de partisans. Pendant les sept années que dura encore la guerre, son nom ne reparait plus que de loin en loin dans les chroniques ; mais on reconnaît souvent son génie dans les plans de ses successeurs au commandement, et Ton verra qu' douard ne l'oublia pas.

Les deux peuples se retrouvèrent une seconde fois en présence, Tannée suivante, à peu près dans les mêmes positions près de Falkirk; celte fois-ci ce furent les barons anglais qui refusèrent de combattre, pour se venger d'Édouard, qui éludait toujours la promesse qu'il leur avait faite de confirmer la grande charte et la charte des forets.

Les campagnes de 1299 et. de i3oo auraient lassé la patience d'un ennemi moins invétéré qu'Édouard; les Écossais semblaient fuir sans cesse, et la conquête était toujours à recommencer. Ils obtinrent même une trêve, que le roi eut l'air d'accorder à la protection

du roi de France et du pape; Philippe parlait haut pour les droits de Baliol , et Boniface s'a\isa de ré* clamer le royaume d'Écosse comme une dépendance du saint-siége. Or, le pape tenait entre ses mains, comme arbitre, les possessions d'Édouard en France, et Philippe menaçait de les confisquer sur son vassal. La haine de l'Écosse était devenue la passion dominante d'Edouard : il contracta une alliance de famille avec Philippe, et, après avoir fait inutilement soutenir, par des commissaires choisis parmi les docteurs des universités , une espèce de lutte scolastique sur la suzeraineté de TÉcosse contre les légats de Bome , il abandonna les subtilités de cette argumentation pour gagner le pontife à ses intérêts par des sollicitations secrètes. Il y parvint, et, armé d'une bulle favorable, fort de la neutralité de. la France, entouré de tous ses barons^ dont il avait consenti à confirmer les divers privilèges, il marcha enfin à la tête d'une armée plus formidable que les précédentes, pour soumettre définitivement l'Écosse, épuisée par ses propres efforts, et même par une dernière victoire remportée récemment à Roslyn. La valeur des Écossais fit encore des prodiges, mais le découragement y succéda. Édouard vit sa conquête â ses pieds ; il ne fut plus question de traiter au nom de Baliol ; les vaincus se reconnurent rebelles, et demandèrent merci. Le château de Stirling, reconstruit par les Anglais, repris par les Écossais, fut le dernier à ouvrir ses portes*; mais sa reddition devint un spectacle d'humiliation féodale que le monarque se plut à donner pour bien constater son triomphe. Les défenseurs de Stirhng avaient

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déployé tant de bravoure, quils crurent à la générosité d'un roi chevalier en se rendant sans condition ; sir William Olifaunt, le gouverneur, et ses vingtcinq compagnons , couverts de nobles blessures , ou exténués par la famine, furent dépouillés de leurs vêtements, excepté la chemise, et vinrent, pieds nus, les cheveux flottants , les mains en croix , demander la vie à genoux : ils furent enfermés, les uns à la Tour de Londres, et les autres dans diverses places fortes. Sir William Olifaunt nous rappelle Eustache de Saint-Pierre , et les autres héroïques bourgeois de Calais.

Il manquait une victime à Édouard pour être sur de sa conquête. La noblesse était soumise , mais il fallait ôter au peuple celui qui avait été le représentant de ses intérêts , son chef et l'objet des rivalités de cette même noblesse. Quelques historiens prétendent que Wàllace refusa l'amnistie qui lui fut offerte, d'autres, qu'il la demanda vainement; sa tête fut de nouveau mise à prix. Tous les capitaines et gouverneurs du roi eurent l'ordre de lui donner la chasse comme à une bête féroce; ses ennemis particuliers furent caressés, et invités à découvrir sa trace; un baron écossais du parti anglais , sir John Menteith , se chargea de trouver un traître, et réussit à intéresser dans son projet un ancien domestique qui avait quelque sujet de haine contre Wallace. On le surprit la nuit, dans les bras de sa maîtresse, qui sans doute n'était point complice de la trahison, car les chroniqueurs l'eussent maudite comme une autre Dalila livrant aux Philistins le champion d'Israël. « Maudit soit le jour où naquit John Menteith ! )x s'écrie le

moine Blair^ chapelain du héros, «et que son nom soit rayé du livre de vie ! »

Les historiens anglais 9 en applaudissant à la justice d'Édouard , ont éternisé la tache que le supplice de Wallace a imprimée sur sa mémoire, et dont on eût pu croire les détails exagérés, sans le soin qu'ils ont pris de les consigner dans leurs annales. Le captif fut conduit à Londres, et la foule se pressait sur son passage pour voir ce « chef de voleurs » {master of thiei^es) qui avait commis le crime de combattre pour son pays. La veille de Saint- Barthélémy, on le fit monter à cheval depuis Fenchurch jusqu'à Westminster, et il traversa la ville accompagné du lord-maire, des shérifs et des aldermen, à cheval comme lui. Dans la grand'salle de Westminster, on lui mit sur la tête une couronne de laurier, parce qu'il s'était vanté, assurait-on, d'en être digne. Sir Peter Mallorie, le justicier, l'accusa alors d'être traître à Édouard , d'avoir incendié les villages et les abbayes , pris d'assaut les forteresses, ^orgé et cruellement torturé les fidèles sujets du roi son maître : « Je ne saurais être traître à votre maître , répondit Wallace, car je ne l'ai jamais reconnu pour le mien; quant à ses sujets, j'ai usé de représailles. » Il fut condamné à mort; on lui ôta sa couronne, on le chargea de chaînes , et on le traîna dans les rues attaché à la queue d'un cheval jusqu'au pied d'un énorme gibet. Là, il fut pendu ; mais il respirait encore lorsque le bourreau lui ouvrit le ventre, en retira les entrailles, et les lui brûla au visage; on lui coupa la tête, pour la placer au bout d'une pique sur le ponl de Londres ; et les quatre quartiers de son

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corps écarlelé furent envoyés à Newcastle, à Penritb , à Perlh et à Aberdeen. « Tels furent, dit un chroniqueur contemporaiD, les trophées du héros favori des Écossais, qu'ils eurent à contempler, au lieu des bannières et des gonfanons qu'ils avaient suivis naguère si fièrement! » Trophée affreux, en effet, mais sang fécond pour les vaincus. 11 avait fallu quatorze ans aux Anglais pour dompter l'Écosse; au bout de six mois le martyre de Wallace avait porté ses fruits, l'Écosse était libre.

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