‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de StuartChapitre 32 sur 78 · LES RÉGENTS ET JACQUES VI D'ÉCOSSE · texte numérisé non relu

LES RÉGENTS ET JACQUES VI D'ÉCOSSE

Pendant les dix-huit ans de la captivité de Marie Stuart, Tanarchie régna maintes fois en Écosse; et lorsque Elisabeth eut à craindre sa délivrance, c'étaient les mécontents d'Angleterre qui Tinquiétaient plus que les sujets de sa prisonnière. Elle entretint habilement les séditions autour des quatre régents qui précédèrent l'avènement de Jacques VI, et se servit à propos de la menace de rendre la liberté à Marie , pour les tenir sous sa dépendance; une seule fois elle était réellement d'accord avec Murray pour renvoyer la reine dans ses États, mais c'était sur l'assurance qu'elle y reparaîtrait en accusée , et condamnée d'avance. Sur ces entrefaites , la mort tragique de Murray vint laisser à la charge d'ÉIisabeth le supplice de sa rivale : Murray fut assassiné par Hamilton de Bothwellhaugh, qu'il avait dépouillé de ses biens, et dont la femme avait perdu la raison par suite de mauvais traitements qu'elle avait subis. Le comte de Leniiox, père de Henri Darniey, lui succéda; un moment le parti français, ou catholique, releva la tête, mais vaincu, et réduit désormais à conspirer, ou à inquiéter le gouvernement par quelques audacieux coups de main. Lennox fut assassiné dans une tentative de révolution, qui n'aboutit qu'à cet acte de vengeance.

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Le comte <le Mar fut choisi par les nobles pour le remplacer. C'était un homme bien intentionné , qui mourut de douleur en voyant qu'il n'était entouré que d'ambitieux qu'irritait sa modération. Morton s'empara du gouvernement, et ne fut pas plus heureux que Mar en suivant un système contraire : sa hauteur^ ses violences et ses exactions lui suscitèrent une foule d'ennemis 9 même parmi ceux qui applaudissaient à ses rigueurs contre les catholiques; il perdit la régence, et la reprit en s'emparant de la personne du jeune roi; mais celui-ci commençait à se croire d'âge à régner: il secoua le joug, et fit juger et exécuter Morton. Jacques gouverna d'abord avec déjeunes favoris; les nobles en furent jaloux, et se révoltèrent contre le fils, comme jadis contre la mère; ils étaient soutenus par le clergé presbytérien , qui s'écria que des favoris dissolus ne pouvaient que rendre le monarque idolâtre et papiste. Depuis le triomphe de la • réforme, le clergé presbytérien, après avoir organisé une espèce de république théocratique à côté du pouvoir de la couronne, prétendait exercer un droit de censure illimité sur le gouvernement civil. Élisabeth avait d'abord favorisé cette rébellion; elle l'étouffa en se déclarant pour Jacques, dont la dépendance devint le prix de cette médiation. Le roi d'Écosse se trouvait par là enchaîné à la cause d'Élisabeth contre sa propre mère. Intéressé à la captivité de Marie Sluart, il laissa bientôt croire à l'Europe qu'il l'était à sa mort, tant il composa froidement sa douleur quand le sacrifice (ut consommé. L'Espagne jugea qu'il était de son honneur d'embrasser plus vivement la cause d'une royale victime ; mais ici Thon-

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neur de l'Espagne était aussi Fintérêt du papisme; et Jacques, héritier du trône d'Élisal)etli comme arrièrepetit-fils de Henri VII , avait à ménager l'orgueil national de l'Angleterre: il se déclara contre Philippe, et rendit des actions de grâces au ciel après la dispersion de l'Armada. Élisabeth ne fut pas tellement touchée de ce désintéressement de Jacques, qu*elle ne vît avec jalousie qu'il songeait à se marier; ce fut malgré ses intrigues pour entraver cette alliance, que le roi d'Écosse épousa une princesse de Danemark.

Dans les dernières années du règne d'Élisabeth, Jacques sut gagner à sa cause les ministres de cette souveraine, afin de s'assurer d'une utile assistance au moment de sa mort. Il voulait aussi prouver à l'Angleterre que le disciple de Buchanan était digne de continuer le règne de la savante Élisabeth; et ce fut un /fVr^sur la théorie du gouvernement, le Basiticon Doron^ qui lui servit de manifeste.

Les disputes entre le roi et le clergé presbytérien, qui se renouvelèrent plus d'une fois, irritèrent la vanité littéraire et théologique de Jacques autant que son araour pour le pouvoir. Il fut plus heureux dans ses efforts pour pacifier les montagnes, que dans ses thèses scolastiques ; la conspiration de Gowrie donna cependant une pauvre idée de son courage et de sa fermeté. Mais enfin Élisabeth mourut; Cécil, fidèle à ses engagements secrets, fit avertir Jacques, qui cou* rut prendre possession du trône d'Angleterre.

UISXOIBE DE LA BIVALITÉ

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